Si la Suisse attire des dizaines d'infirmières québécoises annuellement, elles sont nombreuses à revenir après un séjour de quelques années. Certaines s'ennuient trop de leur famille et amis alors que d'autres fuient le coût de la vie très élevé et les difficultés d'y élever une famille.
C'est le cas d'Isabelle Cholette qui a quitté la Suisse en février 2009 avec sa fille Lorianne après y avoir travaillé pendant dix ans. «Juste pour la garderie, il n'y a pas de garderies à sept dollars. Là-bas, c'est au prorata du salaire. Ça nous coûtait entre 80 et 120 $ par jour», illustre la mère monoparentale.
«Là-bas, il n'y a pas le même support social pour les mères monoparentales. C'est ça qui m'a fait revenir ici», dit la maman qui habite à Longueuil.
C'est aussi pour que sa fille de seize mois connaisse ses grands-parents qu'elle a fait le pas. «Ça a pesé beaucoup dans la balance. C'était super important qu'elle connaisse ses grands-parents.»
Une «libération»
Pour Mélina Dansereau, il n'était pas question d'avoir d'enfant en Suisse même si c'est là qu'elle a connu son amoureux. «J'ai toujours dit que j'attendrais d'être ici pour avoir des enfants. Il n'y a vraiment pas d'aide de l'État là-bas», dit la jeune femme qui est revenue en décembre et qui travaille à l'urgence de l'Hôpital Saint-Eustache.
Elle a dû patienter de longs mois pour que son mari, originaire de l'ex-Yougoslavie, puisse obtenir ses papiers pour immigrer au Canada. «À la fin, c'était un peu comme une libération. J'avais hâte de rentrer.»
Hâte de retrouver sa famille
Sophie Racine avait elle aussi hâte de revenir même si elle dit avoir adoré son séjour en Suisse. «J'y pensais depuis longtemps, mais je voulais aller au bout de mon expérience», dit celle qui a vécu trois ans en Suisse avant de rentrer en décembre.
«J'avais hâte de revenir, parce que même si j'ai aimé travailler là-bas, je n'ai jamais travaillé aussi fort. On travaillait en sous-effectifs », conclut celle qui oeuvre maintenant aux soins intensifs de l'Hôpital Général de Montréal.
Malgré tout, l'attrait de la Suisse reste là pour certains. «Je ne dis pas jamais. Une fois que tu as goûté à la Suisse et aux conditions de travail, je pourrais me laisser tenter si une opportunité se présente dans quelques années», conclut Isabelle Cholette.