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Le Burj Khalifa de Dubaï

Une firme québécoise dans la plus haute tour du monde


Olivier Bourque

Publié le:

Dubaï inaugure aujourd'hui, sous très haute sécurité, le symbole incarnant la démesure de la cité-État, son Burj Dubai, plus haut gratte-ciel du monde et dont le coût de construction a atteint 1,5 milliard de dollars.

TVA Nouvelles

Une société montréalaise a participé de manière significative à la fabrication de la plus haute tour du monde, la Burj Khalifa qui a été inaugurée en grande pompe lundi à Dubaï par le souverain de la cité-État.

GSM, dont le siège social est situé dans la métropole, est une entreprise spécialisée dans le design et la production d'expositions pour les musées et les installations de divertissement. La compagnie montréalaise a planché sur ce projet à partir de 2005 après avoir remporté l'appel d'offres.

L'entreprise a fabriqué un parcours interactif du premier étage qui se poursuit dans les ascenseurs de la tour (développés par Otis) et jusqu'au 124e étage où les visiteurs peuvent admirer Dubaï et son désert.

«Il y a plusieurs sections à la visite. Il y a une exposition au rez-de-chaussée qui compare la tour aux autres grands édifices du monde. Il y a aussi un corridor qui présente l'histoire de l'architecture arabe», a précisé Yves Mayrand, président de la division création de GSM en entrevue avec Argent.

La partie la plus imposante de ce parcours se situe à la tour d'observation où GSM a développé et installé des télescopes électroniques avec un écran LCD qui permettent de voir Dubaï et d'obtenir de l'information en temps réel sur le panorama.

Ce circuit est le seul endroit public de l'imposant édifice alors que les 20 premiers étages sont consacrés à l'Hôtel Armani. La tour est composée de condos qui ont été rapidement vendus bien avant l'éclatement de la bulle immobilière qui a secoué Dubaï durant plusieurs semaines.

Environ les deux tiers de toutes les habitations avaient été vendues en seulement neuf heures il y a quelques années à plusieurs spéculateurs qui avaient pris d'assaut ce marché en plein boom. Il y a plus de 1000 appartements dans la tour. Très peu auraient résilié leur contrat, a souligné la direction de la Burj Khalifa.

Projet «majeur» pour la Québécoise

Qu'importe les problèmes de Dubaï. Pour GSM, le projet est majeur, comme l'a souligné. M. Mayrand.

«C'est un projet de très grande qualité. Il y a souvent eu des critiques - avec raison - sur les constructions faites à Dubaï dans le passé mais le développeur a fait son travail ici. Pour nous, c'est une très grande vitrine», a-t-il souligné.

M. Mayrand a affirmé que GSM n'a pas subi l'impact de la forte dépression qui a touché Dubaï il y a un mois.

«Pour nous, tout va bien. On se rappelle que les entreprises qui ont connu des difficultés appartiennent au gouvernement de Dubaï qui n'a que 30% de participation dans le développeur Emaar», a-t-il constaté.

GSM n'a pas encore totalement complété ses travaux dans la tour. Mais la compagnie québécoise affirme ne pas s'inquiéter de se voir payer.

«Nous sommes vigilants et très disciplinés. Nous ne laissons pas les choses glisser, mais nous ne sommes pas inquiets.» La compagnie n'a pas voulu détailler le montant du contrat signé avec Emaar.

Selon plusieurs personnes présentes, la tour est un ouvrage «surréaliste» tellement surélevé qu'il fait en sorte «de faire perdre les repères». La Burj Khalifa possède une hauteur de quatre Place Ville-Marie placées une par-dessus l'autre.

Le coût de construction a atteint 1,5 milliard $, soit plus de 9 millions $ par étages. Le Burj Khalifa surplombe le désert avec plus de 160 étages. La flèche de métal et de verre a dépassé son rival, la tour Taipei 101 qui était jusque-là la plus haute avec ses 508 mètres.