QUÉBEC - De nouveaux cas de favoritisme dans l'octroi de places en garderies par le gouvernement libéral ont été dénoncés hier par l'opposition officielle et cette fois, des membres du personnel politique du ministre de la Famille, Tony Tomassi, sont visés par ces révélations.
«Nous avons fait d'autres découvertes troublantes qui révèlent que plusieurs acteurs du scandale des garderies libérales sont des proches du ministre de la Famille», a lancé en Chambre le député péquiste Nicolas Girard.
Selon le PQ, six membres de l'exécutif du Parti libéral du Québec du comté de Lafontaine, circonscription montréalaise représentée par Tony Tomassi depuis 2003, auraient obtenu un grand nombre de places subventionnées pour leur garderie au cours des sept dernières années.
«Avec les nouvelles places attribuées en 2008, l'État leur versera plus de 3,5 M$ par année», a insisté le porte-parole du PQ en matière de famille.
Les propriétaires du groupe Merveilles, Ezio Carosielli et sa conjointe, Luisa Sassano, qui ont contribué à hauteur de 14000$ à la caisse du PLQ depuis 2003, ont obtenu 10 permis de garderies subventionnées au cours des dernières années, a renchéri le député Girard.
Ces derniers reçoivent d'ailleurs pas moins de 8 M$ par an du gouvernement pour les 800 places en garderies qu'ils possèdent, soutient-il.
Question de priorité
Le ministre de la Famille réplique que l'opposition officielle se livre à une campagne de salissage depuis quelque temps, avec de telles allégations de favoritisme dans l'octroi de places en garderies.
«L'important, et je le répète, les subventions sont accordées pour des places à des enfants au Québec. On a fait de la famille notre priorité, nous allons continuer à le faire», a-t-il tonné, avant de s'en prendre au député Girard qui, selon lui, se cache derrière son immunité parlementaire pour faire de telles accusations.
«Ces allégations, s'il veut continuer à les faire, s'il a des faits, qu'il aille le dire à l'extérieur de la Chambre et qu'il ne se gêne pas de redire la même chose à l'extérieur, les gens vont savoir quoi faire», a-t-il ajouté.
Des propos qui ont fait bondir le leader parlementaire péquiste, Stéphane Bédard : «L'intimidation sur les chantiers, je comprends que ça ne dérange pas le premier ministre, est-ce qu'on peut inviter le ministre de la Famille à prendre les questions ? Ceux qui ont à prendre des pour-suites les prendront contre le ministre...»