Loin de s'estomper, la grogne des Québécois à la suite des allégations de corruption et d'intimidation dans l'industrie de la construction atteint un sommet. Un sondage Ipsos Descarie - Agence QMI révèle que 84 % des citoyens estiment qu'une enquête publique s'impose pour assainir la situation sur les chantiers.
Les Québécois se montrent largement insatisfaits du gouvernement Charest, 77% d'entre eux soutenant qu'il ne gère pas bien les problèmes dans l'industrie de la construction. Au moins 71 % des répondants ne font plus confiance au gouvernement pour régulariser la situation et 50 % jugent que les enquêtes policières ne seront pas suffisantes pour faire le ménage dans l'industrie.
«Visiblement, le gouvernement n'a pas répondu aux attentes de la population en se contentant de mettre sur pied l'escouade Marteau», constate le vice-président associé d'Ipsos Descarie, Daniel Boutin.
Cette insatisfaction à l'endroit du gouvernement semble se cristalliser, puisque des coups de sonde précédents sur sa gestion de la crise ont montré à quelques reprises qu'il était jugé sévèrement depuis que les allégations de corruption et d'intimidation dans l'industrie de la construction défraient les manchettes. «Si le gouvernement Charest avait tout simplement fait le pari que la crise s'estomperait après le long congé des Fêtes, c'était un pari risqué», a analysé M. Boutin.
La population n'a pas décoléré, puisque des enquêtes d'opinion menées par Léger Marketing en février et décembre derniers avaient révélé à deux reprises que 74 % des Québécois réclamaient la tenue d'une enquête publique.