La FTQ Construction n'a convaincu personne. Non seulement 73 % des Québécois ne croient pas la version de ses dirigeants, mais en plus, 52 % d'entre eux demandent carrément la mise en tutelle du syndicat.
Visée par de nombreuses allégations d'intimidation et de menaces sur les chantiers de construction, la FTQ Construction a choisi de répliquer énergiquement sur la place publique en début de semaine, attaquant à la fois les médias et ses détracteurs.
Après une sortie du président de la FTQ, Michel Arsenault, le directeur général Richard Goyette et l'agent d'affaires Bernard «Rambo» Gauthier ont tenu des conférences de presse pour marteler qu'ils n'avaient rien à se reprocher, blâmant plutôt des adversaires syndicaux qu'ils ont accusés de mener une campagne de salissage à l'endroit de la FTQ Construction.
Toutefois, les résultats d'un sondage Ipsos Descarie -Agence QMI mené par la suite auprès de 1 008 Québécois sont sans équivoque.
Au moins 73 % des répondants ne croient pas la version de la direction de la FTQ Construction, en regard de 8 % seulement qui la jugent crédible.
Une majorité de Québécois, 61 %, estiment que le président de la FTQ, Michel Arsenault, n'a pas bien géré la crise de confiance qui secoue sa centrale syndicale et font le même constat à 65 % à l'égard de Richard Goyette.
Mise en tutelle
Pire encore, 68 % des répondants jugent que le gouvernement Charest devrait mettre sous tutelle certaines sections locales de la FTQ Construction, et 52 % croient que l'ensemble de la FTQ Construction devrait être ainsi gérée par Québec.
«C'est sur prenant à quel point tout le monde ou à peu près va dans la même direction. Les gens n'ont pas acheté cet argument de la campagne de salissage tous azimuts et reprochent au tandem Arsenault/Goyette de mal gérer la situation. Il y a quelque chose d'assez plébiscitaire là-dedans», a commenté le vice-président associé d'Ipsos Descarie, Daniel Boutin, habitué à des résultats de consultation plus mitigés.