Politique | Québec

Marois demande la tête du ministre Tony Tomassi

Agence QMI

Publié le:

QUÉBEC - Le processus d'attribution des places en garderie s'apparente de plus en plus à une «machine à collecter des fonds» pour les libéraux, dénonce Pauline Marois, qui demande du même souffle la tête du ministre de la Famille, Tony Tomassi.

Selon la chef péquiste, le gouvernement libéral a perverti le système d'octroi des places en garderie depuis 2003, à un point tel que le vérificateur général du Québec doit s'en mêler. Après avoir multiplié les révélations sur l'existence de liens étroits entre les donateurs libéraux et ceux à qui sont attribuées les places en garderie, c'est maintenant un véritable «marché de revente des permis de garderie» qui est mis au jour, a-t-elle insisté, hier.

Pour tirer ses conclusions, Pauline Marois s'appuie sur les déclarations d'Ezio Carosielli, propriétaire de 10 garderies privées, qui soutient qu'il existe un «marché de revente secondaire» dans lequel un permis de garderie pourrait atteindre 250000$, voire un demi-million de dollars.

Système perverti

Selon lui, des personnes auraient obtenu un permis en 2008 sans toutefois avoir l'intention d'ouvrir une garderie privée, mais plutôt pour revendre le permis.

«Quand on a mis ça en place, ce système de service de garde à la petite enfance, ce n'était pas pour faire du profit sur le dos des enfants, et c'est ce qu'on est en train de faire», déplore la chef péquiste.

À ses débuts, c'est-à-dire sous le précédent gouvernement péquiste, le système d'attribution des permis et des places en garderie était neutre, rappelle Mme Marois, puisque c'était les Conseils régionaux de développement qui faisaient l'évaluation des demandes. «Or, on a perverti un système, qui était bien rodé, qui était complètement dépolitisé. On se retrouve devant une sorte de marché spéculatif du permis de garde».

Des allégations démenties par le premier ministre qui assure qu'il n'existe pas de marché de revente des permis. «Il y a des approbations qui doivent être obtenues. Alors, une revente, ça ne se fait pas automatiquement, comme ça», a lancé Jean Charest, avant d'ajouter que le PQ tente par tout les moyens de salir la réputation de certaines personnes.

Même discours du président de l'Association des garderies privées, Sylvain Lévesque, qui est catégorique en disant qu'il n'existe pas de marché noir des permis de garderie, comme le prétend le PQ. «Les gens qui obtiennent des places en garderie sont obligés de réaliser leur projet», assure-t-il, même s'il ajoute que ces derniers, une fois leur projet mis sur pied, peuvent décider de vendre leur garderie.