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Trafic d'influence suspecté

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Taïeb Moalla @

Journal de Québec, Publié le:

QUÉBEC - Prenant l'exemple d'une réceptionniste de la compagnie Axor, qui aurait contribué à hauteur de 3000 $ aux caisses du Parti libéral du Québec, en 2008, le député solidaire Amir Khadir a dit craindre l'existence d'un système de «prête-noms » qui permettrait aux quatre principales entreprises de génie-conseil au Québec de contourner la loi électorale.

Le représentant de Mercier dit viser les entreprises Cima +, Axor, BPR et SNC-Lavalin. En recoupant les données du Directeur général des élections (DGE) avec celles de responsables ou d'employés des compagnies citées plus haut, Québec solidaire conclut qu'il existe «un trafic d'influence systématique organisé pour l'obtention de contrats de différentes natures».

Selon M. Khadir, "ces quatre firmes font affaire avec le gouvernement du Québec et ont toutes bénéficié de généreux contrats sans appel d'offres du ministère des Transports.

À titre d'exemple, Cima + en a obtenu pour 5,2 millions $ (en 2008) en plus des 13,8 millions obtenus en consortium avec d'autres firmes« (voir le tableau). Le député soutient »qu'une majorité de ces contributions sont du montant maximal de 3000 $. Une telle concentration ne saurait être le fruit du hasard".

3 000 $ d'une réceptionniste

Le cas de Bianca Chevrette, qui serait réceptionniste chez Axor, soulève de grands doutes aux yeux de M. Khadir. «Qu'une secrétaire ou une réceptionniste, qui ne doit pas gagner des salariés élevés, donne 3 000 $ au Parti libéral, on peut se poser des questions», a-t-il avancé.

«Je ne veux pas empêcher et je ne prétends pas qu'un citoyen qui a vraiment des convictions très fermes veut contribuer au Parti libéral, mais habituellement les gens de convictions très fermes, ce n'est pas au Parti libéral que ça se retrouve».

Ce dernier a rappelé que le crédit d'impôt ne touche qu'une partie des contributions politiques -- il est possible de récupérer un maximum de 300 $ sur 400 $ de dons -- et que la personne en question aurait ainsi déboursé un minimum de 2700 $ de sa poche.

M. Khadir a transmis toutes ces informations aux inspecteurs de l'escouade policière Marteau ainsi qu'au DGE, tout en appelant à une commission publique qui devrait, d'après lui, enquêter sur ce genre de pratiques.

Un système organisé

Interrogée à propos de ces révélations, la chef de l'opposition Pauline Marois a signalé qu'elle «n'a pas regardé ce cas-là en particulier, mais c'est sûr que s'il y a un système, j'imagine qu'il doit y avoir des prête-noms».

Du côté de Axor, une réceptionniste nous a répondu dans un premier temps que «Mme Chevrette n'est pas présente». Elle a ensuite refusé de nous transférer à un quelconque responsable de la compagnie.

Il nous a donc été impossible de savoir avec exactitude si la contributrice au PLQ est bel et bien Bianca Chevrette, réceptionniste chez Axor, ou bien s'il s'agit d'un homonyme.

Cima + et BPR n'ont pas rappelé le Journal. SNC-Lavalin nous a demandé d'envoyer nos questions par courriel. En fin d'après-midi, nous n'avions toujours pas reçu de réponse.