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Québec vante le faible coût de construction de ses routes

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Annie St-Pierre @

Journal de Québec, Publié le:

Selon l'enquête réalisée par le ministère des Transports du Québec, le recouvrement d'une route existante au Québec coûte 5 % plus cher en Ontario et 4 % de plus au Nouveau-Brunswick.

© Agence QMI / Stevens Leblanc

Selon l'enquête réalisée par le ministère des Transports du Québec, le recouvrement d'une route existante au Québec coûte 5 % plus cher en Ontario et 4 % de plus au Nouveau-Brunswick.

Le gouvernement du Québec tente de prouver que la construction d'une route coûte 15 % moins cher qu'en Ontario, en se basant sur une analyse qui compare uniquement le prix des matériaux et la pose de bitume, sans tenir compte de travaux aussi importants que l'ingénierie et l'excavation.

L'enquête, réalisée par le ministère des Transports, compare uniquement les coûts des matériaux et la pose du revêtement pour un tronçon spécifique d'un kilomètre de l'autoroute 20, en milieu rural, à Ste-Luce, dans le Bas-Saint-Laurent.

L'analyse exclut donc tous les travaux préparatoires et complémentaires tels que l'ingénierie, le déboisement, l'excavation et l'aménagement paysager ainsi que le coût afférent de la main-d'oeuvre pour ces importants travaux.

L'étude, rendue publique à la veille des vacances de la construction, conclut que le tronçon de chaussée en question, à Ste-Luce, coûterait 832 162 $.

S'il était fait par le gouvernement ontarien, il coûterait 15 % plus cher, mais serait au même prix au Nouveau-Brunswick, dit le ministère.

Limitée

Étrangement, c'est la sous-ministre adjointe et directrice générale des infrastructures au ministère des Transports, Mme Anne-Marie Leclerc qui a présenté ces conclusions, en l'absence de la ministre Julie Boulet.

Elle admet que cette démarche a été initiée à la suite des données de Transports Canada qui ont per mis d'interpréter que les coûts de construction de routes au Québec sont 36 % plus élevés qu'ailleurs au pays.

«On voulait se rassurer et rassurer tout le monde sur les prix des routes», a dit Mme Leclerc pour justifier cette initiative, menée de-puis l'automne dernier, au moment où les partis d'opposition et certains organismes ont commencé à réclamer une enquête publique sur de présumées collusions dans l'industrie de la construction.

Rural

«On voulait commencer par quelque chose de simple et comparer ce qui se compare», a exposé la sous-ministre pour expliquer pourquoi l'analyse se limite à la construction d'une chaussée en milieu rural plutôt que d'étudier les coûts globaux d'une route dans la région montréalaise ou dans d'autres secteurs urbains.

Mme Leclerc a aussi souligné que ces conclusions «ne peuvent pas être généralisées» et appliquées sur l'ensemble du réseau routier québécois, car les coûts sont très différents selon les régions.

Selon elle, Transports Québec publiera éventuellement d'autres données qui examineront le prix d'une route à Montréal ou à Québec en les comparant avec ceux des autres provinces.

Reconstruction

Mais pour l'instant, le ministère a aussi évalué le prix pour des travaux de reconstruction d'une chaussée, là aussi en milieu rural.

Il en ressort que le recouvrement d'une route existante au Québec coûte 5 % plus cher en Ontario et 4 % de plus au Nouveau-Brunswick.

Étonnamment, la différence est mince même si les matériaux granulaires qui servent de fondation, comme le concassé et le sable, sont nettement plus abordables au Québec.

L'enquête dit effectivement que ces matériaux coûtent 188 % plus cher en Ontario et 65 % de plus au Nouveau-Brunswick.

Quant au bitume, l'une des composantes les plus dispendieuses d'une chaussée, il est de 7 % moins cher au Québec qu'en Ontario, selon les conclusions du ministère.