L'Association des employeurs maritimes a décrété un lock-out à l'endroit de 850 débardeurs du port de Montréal parce qu'elle ne veut plus payer ceux qui restent à la maison faute d'ouvrage nécessaire, ce que le syndicat refuse.
Depuis que les 40 employeurs ont annoncé leur intention de réduire les effectifs «payés à ne rien faire», en se basant sur un contexte économique plus difficile, le Port de Montréal est l'objet de moyens de pression qui ont forcé l'employeur à décréter ce lock-out, a déclaré hier le porte-parole de l'Association des employeurs maritimes, Gilles Corriveau.
«L'incertitude causée par leurs moyens de pression nous coûte plus cher que de décréter un lock-out», a-t-il dit pour expliquer le geste des employeurs qui exploitent la majeure partie des activités de Port de Montréal.
«En ce moment, ajoute-t-il, lorsque les débardeurs appellent pour connaître leur affectation du lendemain, ils peuvent rester chez eux s'il n'y a pas suffisamment de travail pour eux et sont payés quand même. Cela arrive souvent en ce moment et ça coûte très cher.»
Selon lui, il y a près de 107 débardeurs à temps plein de trop en ce moment qui profitent de cette sécurité d'emploi.
L'employeur veut adapter cette clause de la convention collective et c'est ainsi, selon le porte-parole, que les négociations se sont retrouvées dans un cul-de-sac.
Port paralysé
Entre-temps, le Port de Montréal est littéralement paralysé.
Le syndicat des débardeurs SCFP (FTQ) n'a pas laissé entrer des représentants de l'Agence QMI à sa conférence de presse. Toutefois, à la télévision, des porte-paroles syndicaux se sont dit «surpris» par cette décision, estimant que ce lock-out est «inutile et incompréhensible ».
Le syndicat a soutenu que les négociations allaient pourtant «bon train» relativement au renouvellement de leur contrat de travail.
«L'Association des employeurs maritimes a été la première à user de moyens de pression en modifiant le contrat de travail de 169 débardeurs», a plaidé le conseiller syndical Michel Murray.
Ce total inclut toutefois 62 débardeurs à temps partiel ou surnuméraires qui ne sont pas protégés par la clause de sécurité d'emploi visée par l'employeur.
Les syndiqués ont cessé d'effectuer des heures supplémentaires depuis le 9 juillet dernier.
«Nous avons voulu prouver que nos 169 confrères sont essentiels, a ajouté M. Murray. La solution n'était certainement pas de mettre un cadenas dans la porte du Port de Montréal.»
Du côté patronal, affirme que l'employeur n'avait pas le choix d'imposer un lock-out en raison des moyens de pression de ses employés, qu'il qualifie de «préjudiciables».
M. Corriveau a toutefois précisé, quelques minutes après la conférence de presse du syndicat des débardeurs, que l'Association n'était pas au courant de cette nouvelle levée des moyens de pression.
Selon le porte-parole, les négociations achoppent notamment sur la question du temps supplémentaire, sur un certain ralentissement des opérations, combiné à des absences non motivées, qui nuiraient au bon déroulement des activités portuaires.
Rappelons que les débardeurs du port de Montréal, membres de la section locale 375 du Syndicat canadien de la fonction publique, sont sans contrat de travail depuis le 31 décembre 2008.