Cartes à puces

Où sont les économies?

Stefania Moretti
Agence QMI

Publié le:

TORONTO - L'arrivée de la technologie des puces aurait dû entraîner une réduction des taux d'intérêt sur les cartes de crédit au Canada, mais rien de tel ne s'est produit, déplore l'Association des consommateurs du Canada.

Pourtant, en Europe, la mise en oeuvre de cette technologie, il y a plusieurs années, avait permis une réduction des taux. En France, la baisse avait atteint 80%.

«La nouvelle technologie a pratiquement éliminé les fraudes, une raison invoquée par les compagnies de cartes de crédit pour justifier des taux élevés», a expliqué en entrevue Bruce Cran, président de l'Association des consommateurs du Canada.

«Toutefois, actuellement, nous ne constatons aucune réduction des taux au Canada», a souligné M. Cran.

Mise en place graduellement depuis un an au Canada, la technologie des puces rend très difficile le clonage des cartes. De plus, elle oblige les utilisateurs à entrer leur NIP pour confirmer une transaction.

Les banques en profitent

Selon M. Cran, il serait normal que les consommateurs bénéficient de l'effet de la réduction des fraudes. Il croit que les banques préfèrent plutôt garder ces économies pour elles.

La porte-parole de l'Association des banquiers canadiens, Maura Drew-Lytle, répond que cette façon de voir les choses ne reflète pas la réalité. «Il y a beaucoup de facteurs qui influencent les taux d'intérêt et la fraude en est seulement une petite partie », a-t-elle expliqué.

«Les cartes de crédit accordent des prêts sans garantie, a-t-elle poursuivi. En raison du risque élevé, les taux d'intérêt des cartes sont en général plus hauts.»

L'année dernière, American Express, MasterCard et Visa ont perdu 358 M$ à cause des fraudes au Canada, a indiqué l'Association des banquiers. Il s'agit d'une amélioration par rapport à 2008, puisque la fraude avait atteint 408 M$ cette année-là.

On s'attend à ce que les pertes soient beaucoup moins importantes en 2010 à cause des cartes à puces.

Aux États-Unis, on a pris du retard sur la mise en oeuvre des cartes à puces et le ralentissement économique y a été plus grave.