L'ancien parti municipal de Marc Bellemare, Vision Québec, aurait sollicité l'aide de Franco Fava pour du financement, en 2005, selon Jean-Paul Boily, un militant libéral.
«Si M. Bellemare dit qu'il n'a jamais rencontré Franco Fava dans le cadre de Vision Québec, moi j'y étais, et je n'étais pas tout seul, alors si moi je dis ça, que Franco Fava et d'autres disent ça, on n'est peut-être pas tous menteurs», a confié au Journal de Québec M. Boily, un avocat de Québec qui a déjà été impliqué auprès du Parti libéral du Québec.
Interrogé par le procureur de la commission Bastarache mercredi, Marc Bellemare a une fois encore nié avoir personnellement sollicité le collecteur de fonds libéral en 2005, pour la course à la mairie de Québec, c'est-à-dire plus d'un an après qu'il aurait subi des «pressions indues» de Franco Fava pour la nomination de juges.
«Je n'ai pas invité M. Fava et je ne me souviens pas de l'avoir vu dans une rencontre politique», a-t-il déclaré sous serment. M. Bellemare s'est même vanté avoir amassé quelque 700 000 dollars cette année-là, pour la campagne électorale municipale.
Une version que conteste Franco Fava, mais également Jean-Paul Boily, qui soutient avoir assisté à une réunion de financement de Vision Québec le 21 mars 2005 à l'Hotel Plaza à Sainte-Foy, en compagnie de Marc Bellemare, Franco Fava, Georges Lalande et une quinzaine d'autres personnes.
Selon M. Boily, c'est l'ex-ministre lui-même qui l'aurait approché pour participer à cette rencontre, où allait être présenté un plan de financement pour la campagne de Vision Québec.
«Je ne sais pas qui avait invité les autres, mais en ce qui me concerne, c'est Marc Bellemare qui m'avait parlé et qui m'avait dit: Écoute, il y a des gens qui vont être là. Il m'avait donné des noms, dont Franco Fava», précise l'avocat.
Sans dire que la réunion s'est mal terminée, M. Boily se souvient que M. Fava était parti un peu avant la fin. «Je sais qu'à un moment donné, on s'est regardé (Franco Fava et moi) et on s'était dit, c'est un petit peu fou ce qu'il nous demande là. De mémoire, je n'ai pas les chiffres, mais c'était assez élevé», ajoute-t-il.
«Fava, j'ai comme senti que ça ne l'intéressait pas, il trouvait ça un peu démesuré ce qui était demandé, je me souviens très bien. J'ai senti quand il est parti que ça ne faisait pas son affaire, nous autres non plus et j'étais avec d'autres personnes et on se regardait et on se disait qu'on n'était pas sûr d'embarquer là-dedans», insiste-t-il.
Selon Jean-Paul Boily, c'est peut-être cet épisode qui expliquerait que Marc Bellemare «ait pris en grippe» Franco Fava. «Je sais que ce que Fava dit, c'est la vérité, j'y étais moi, il faut quand même que les choses soient remises dans leur contexte», a-t-il renchéri.
M. Boily affirme qu'il connaît bien le collecteur de fonds sans être un ami personnel.