Commission Bastarache

Les 10 témoins clés de la commission

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Mathieu Turbide

Journal de Montréal, Publié le:

La semaine qui vient sera assez drabe à la Commission Bastarache. Essentiellement, parce que le commissaire entendra les témoignages de fonctionnaires qui vont venir, platement, expliquer comme le processus de sélection des juges fonctionne. Comment les concours sont ouverts, les candidatures reçues, analysées, présentées, etc. On y parlera beaucoup de sélection, mais peu de nomination. Or, on le sait, le coeur des révélations de Marc Bellemare porte non pas sur la sélection, mais bien davantage sur les pressions exercées sur le ministre de la Justice lors du choix, juste avant la «nomination». Il faudra donc attendre quelques jours avant que les témoins les plus importants ne soient interrogés par la Commission. Voici leurs portraits :

L'autre témoin clé

Jean Charest

Qui est-il ? Premier ministre du Québec

Son rôle ? Marc Bellemare prétend que Jean Charest lui aurait en quelque sorte ordonné de céder aux pressions indues provenant de collecteurs de fonds du Parti libéral.

Ce qu'il devrait dire :

Le premier ministre a déjà nié toutes les allégations de Marc Bellemare. Il sera, lui aussi, interrogé sur ses rencontres avec son ancien ministre. En pré-interrogatoire dans la poursuite civile qu'il a intentée contre M. Bellemare, il indique ne pas se souvenir avec précision de chaque rencontre.

L'entourage de Bellemare

Michel Gagnon

Qui est-il ? Chef de cabinet de Marc Bellemare en 2003-2004. Il a été nommé pdg de la Corporation d'hébergement du Québec, en mars 2009, par le conseil des ministres.

Son rôle ? Marc Bellemare a indiqué à quelques reprises lui avoir parlé des pressions provenant de Franco Fava et de Charles Rondeau pour la nomination de juges. Il était régulièrement en compagnie de M. Bellemare pour des dîners ou des rencontres.

Ce qu'il devrait dire : Certains reportages laissent entendre qu'il n'aurait pas de souvenirs des confidences de son ancien patron au sujet des pressions pour la nomination de juges.

L'entourage de Bellemare

Jacques Tétrault

Qui est-il ? Attaché de presse de Marc Bellemare en 2003-2004. Il est aujourd'hui associé au cabinet de communications Cossette.

Son rôle ? Quoiqu'il en fût moins certain au départ, Marc Bellemare soutient lui avoir «certainement » parlé des pressions provenant de Franco Fava et de Charles Rondeau pour la nomination de juges. Il allait souvent dîner avec Marc Bellemare.

Ce qu'il devrait dire : N'a pas parlé publiquement à ce sujet.

Les collecteurs de fonds

Charles Rondeau

Qui est-il ? Un comptable agréé et militant libéral, impliqué de-puis longtemps dans la collecte de fonds pour le PLQ.

Son rôle ? Il aurait, selon les dires de Marc Bellemare, insisté pour faire nommer son ami personnel, Michel Simard, juge en chef adjoint à la Cour du Québec

Ce qu'il devrait dire : Il a déjà nié avoir fait pression, tout en admettant que peut-être, lui et Marc Bellemare, avaient pu discuter de certaines candidatures pour des postes de juges.

Les collecteurs de fonds

Marcel Leblanc

Qui est-il ? Un ancien permanent du PLQ (en 2003-2004), dont la tâche était de récupérer les sommes d'argent récoltées par les militants. Il est aujourd'hui vice-président, développement des affaires, au sein de la firme d'ingénierie SNC-Lavallin.

Son rôle ? Selon nos sources, c'est lui qui comptait de l'argent comptant avec Franco Fava au restaurant Michelangelo lorsque Marc Bellemare les aurait croisés.

Ce qu'il devrait dire : Il n'a pas répondu à nos appels. Mais Franco Fava a confirmé qu'il lui remettait des chèques et peut-être, de l'argent comptant, «des 50 $ ou des 100 $».

Les collecteurs de fonds

Benoît Savard

Qui est-il ? Organisateur en chef du PLQ de 2003 à 2007. Il est aujourd'hui vice-président principal au développement national chez Dessau, une firme d'ingénierie.

Son rôle ? Il était, selon plusieurs sources, au courant de tout ce qui se passait au niveau du financement du PLQ et même au niveau du cabinet. C'est lui qui aurait demandé à Marc Bellemare de ramasser 30 000 $ et qui lui aurait présenté des «gens pour l'aider», comme Franco Fava.

Ce qu'il devrait dire : On s'attend à ce qu'il nie en bloc les déclarations de Marc Bellemare.

L'entourage de Bellemare

Geogres Lalande

Qui est-il ? Sous-ministre adjoint au ministère de la Justice en 2003-2004.

Son rôle ? Ex-député libéral, il a aussi été impliqué dans la campagne électorale de Marc Bellemare à la mairie de Québec. Aujourd'hui retraité.

Ce qu'il devrait dire : M. Lalande a déjà laissé entendre, sans entrer dans les détails, que les révélations de Marc Bellemare étaient bien réelles.

Les proches de Charest

Chantal Landry

Qui est-elle ?

Ancienne responsable des nominations au cabinet du premier ministre, elle est maintenant directrice adjointe du cabinet, qui est dirigé par Marc Croteau.

Son rôle ? Selon Marc Bellemare, elle intervenait dans «toutes» les nominations, même celles de juges.

Ce qu'il devrait dire : Elle devrait nier en bloc les allégations de Marc Bellemare.

Les collecteurs de fonds

Franco fava

Qui est-il ? Ex-entrepreneur en construction, ce militant libéral organise des levées et des collectes de fonds pour le PLQ dans la région de Québec. Il a aussi siégé de nombreuses années au conseil d'administration de la CSST.

Son rôle ? Selon Marc Bellemare, il aurait fait pression pour faire nommer des juges et d'autres personnes. Il établissait un lien entre les nominations et la capacité des militants à récolter des dons pour le Parti libéral.

Ce qu'il devrait dire : Il a déjà indiqué que tout ce que Marc Bellemare disait était faux.

Les proches de Charest

Stéphane Bertrand

Qui est-il ? Chef de cabinet de Jean Charest de 2003 à 2007. Il est depuis 2007, directeur exécutif du Congrès mondial de l'énergie, un événement international qui réunira, la semaine prochaine, 3 500 dirigeants des entreprises d'énergie.

Son rôle ? Comme directeur de cabinet de Jean Charest, il était présent à beaucoup de rencontres. Mais à la demande de Marc Bellemare, il a parfois dû quitter pour laisser le premier ministre seul avec son ministre.

Ce qu'il devrait dire : Il devrait tout nier et dire n'avoir jamais eu connaissance des allégations de Marc Bellemare.