Georges Lalande

Un témoin avec notes et agendas

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Dany Doucet

Journal de Montréal, Publié le:

De tous les témoins qui seront entendus à la Commission Bastarache, il y en aura au moins un qui pourra se référer à ses notes et à ses agendas à propos de la fameuse époque où les collecteurs du Parti libéral exerçaient présumément beaucoup de pression pour influencer des nominations au ministère de la Justice.

Ce témoin est Georges Lalande, sous-ministre à la Justice à l'époque où Marc Bellemare y était le ministre.

Il a été formellement assigné à comparaître à la Commission Bastarache, il y a deux semaines.

Pour cette raison, d'ailleurs, il a refusé de parler au Journal de Montréal, lorsque joint à son domicile.

Par contre, Le Journal a appris de bonnes sources que M. Lalande avait conservé toutes ses notes et ses agendas de l'époque examinée de près par la Commission Bastarache.

Haut fonctionnaire de carrière, M. Lalande avait l'habitude de noter des discussions au terme de rencontres ou d'appels téléphoniques dans des documents qu'il conservait ou dans ses agendas.

Il y serait question, selon nos informations, de plusieurs tentatives des collecteurs de fonds du PLQ pour influencer des nominations au ministère de la Justice, pas nécessairement des juges toutefois.

Haut fonctionnaire

Georges Lalande a été sous-ministre de la Justice en 2003, mais il avait au préalable travaillé pour le président du Tribunal administratif du Québec durant six ans, au ministère du Conseil exécutif.

Il était donc l'un de ceux qui souhaitaient la refonte des tribunaux administratifs annoncée par Marc Bellemare, qui ne s'est cependant jamais réalisée.

Cette réforme prévoyait notamment que les juges de ces tribunaux administratifs soient nommés à vie, et non pour des mandats de cinq ans comme c'est toujours le cas.

Aujourd'hui âgé de 71 ans, M. Lalande a aussi été président de la Société de l'assurance-automobile du Québec (SAAQ) et de la Société des établissements de plein air du Québec (SÉPAQ).

Il est ingénieur et avocat en plus d'être diplômé de l'École nationale d'administration publique.

Favorable à Bellemare

M. Lalande sera probablement l'un des rares témoins favorables à M. Bellemare.

Il est l'un des seuls qui s'étaient opposés publiquement à la nomination du juge Bastarache pour présider cette commission.

M. Lalande s'expliquait mal comment Jean Charest pouvait avoir lui-même choisi le commissaire, qui est en outre issu du même bureau d'avocats (Heenan-Blaikie) que l'ex-premier ministre Pierre-Marc Johnson, aujourd'hui conjoint d'Hélène de Kovachich, la présidente du Tribunal administratif du Québec dont il sera forcément question durant la Commission Bastarache.

«Cette commission est partie en boitant», a répété M. Lalande, il y a deux semaines, en entrevue à l'émission de Benoît Dutrizac sur les ondes de 98,5 FM, après y avoir corroboré plusieurs éléments du témoignage de l'ex-ministre de la Justice.