Controverse

La corruption et les Québécois: un journal de Halifax en remet

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Le courriériste parlementaire félicite le premier ministre Harper d'avoir nommé, une Albertaine, Rona Ambrose, au ministère des Travaux publics, en soulignant qu'elle n'a pas d'attache au Québec.

© Agence QMI

Le courriériste parlementaire félicite le premier ministre Harper d'avoir nommé, une Albertaine, Rona Ambrose, au ministère des Travaux publics, en soulignant qu'elle n'a pas d'attache au Québec.

MONTRÉAL - Dans un texte publié dimanche dans son édition papier ainsi que sur son site Internet, le journal Chronicle Herald, de Halifax, par la voix de son courriériste parlementaire Stephen Maher, en remet sur la question de la soi-disant propension à la corruption des Québécois.

Il félicite le premier ministre Harper d'avoir nommé, lors de son dernier remaniement ministériel, une Albertaine, Rona Ambrose, au ministère des Travaux publics, en soulignant qu'elle n'a pas d'attache au Québec et qu'on devrait réserver ce poste à des Albertains.

Dans un long article, Stephen Maher, écrit que M. Harper n'est pas le premier dans ce poste à être pris avec des problèmes de corruption liés au ministère des Travaux publics. Il remonte à l'époque de Sir John A. Macdonald dont le ministre des Travaux publics, Sir Hector-Louis Langevin, fut forcé de démissionner en raison d'une affaire de pots-de-vin lors de la construction de l'édifice situé en face du Parlement qui porte son nom.

Aujourd'hui, c'est un autre bâtiment, l'édifice de l'Ouest, sur la colline parlementaire qui est au centre d'une controverse impliquant un ancien ministre des Travaux publics, Christian Paradis. Alors qu'il était titulaire de ce ministère, un contrat de réfection de cet édifice a été accordé à l'homme d'affaires québécois Paul Sauvé. Ce dernier aurait versé 140 000 $ à un lobbyiste non enregistré pour l'aider à obtenir le contrat. Le ministre Paradis a aussi été invité d'honneur à un diner-bénéfice organisé par M. Sauvé. L'opposition à Ottawa fait ses choux gras de cette affaire ces jours-ci, réclamant avec insistance la démission de M. Paradis.

Stephen Maher parle aussi de Roch LaSalle et Alfonso Gagliano, d'autres ministres des Travaux publics originaires du Québec, rappelant qu'ils ont quitté la vie politique dans la tourmente. M. LaSalle a dû démissionner en 1987 pour une affaire de pot-de-vin et d'ingérence. M. Gagliano a, pour sa part, été mêlé de près au scandale des commandites, rappelle Stephen Maher.

Dans chacun de ces cas, il s'agit de ministres responsables d'aller chercher des sièges pour leur parti au Québec tout en étant à la tête du plus important «donneur de contrats» au Canada, avec un budget annuel de 5 milliards $ et 12 000 employés.

Selon le journaliste, le premier ministre Harper a poursuivi dans la lignée de ses prédécesseurs quand il a nommé Michael Fortier, un proche collaborateur de Brian Mulroney, au poste de sénateur et ministre (non élu) des Travaux publics en 2006. Par la suite, en 2008, incapable de se faire élire, M. Fortier a dû céder sa place aux Travaux publics à Christian Paradis.

Encore une fois, dans ces deux cas, il s'agit de ministres québécois influents, souligne Stephen Maher, ajoutant que «s'il veut un jour avoir une majorité (au Parlement), il (Stephen Harper) a besoin de sièges au Québec et doit avoir des gens en place pour faire en sorte que ça arrive».

En 2009, écrit encore Stephen Maher, M. Harper a nommé au Sénat Léo Housakos, un proche de son directeur des communications, Dimitri Soudas. Le sénateur Housakos travaillait pour une des compagnies ayant remporté une partie du contrat de 212 millions $ pour la réfection du pont Champlain. M. Housakos avait invité des gens d'affaires liés à ce contrat à un événement-bénéfice où le premier ministre était présent.

Après avoir dressé la liste de ces Québécois ayant occupé le poste de ministre des Travaux publics ou ayant des entrées du côté des bénéficiaires des contrats provenant de ce ministère, le journaliste du Chronicle Herald rappelle qu'en janvier dernier, M. Harper a nommé Christian Paradis aux Ressources naturelles et Rona Ambrose aux Travaux publics pour le remplacer. «Elle n'a pas de rôle significatif dans la recherche d'appuis au parti au Québec», écrit, en conclusion, M. Maher, ajoutant: «je crois qu'il serait sage que ce portefeuille soit réservé à des Albertains».

Ce texte du Chronicle Herald est publié quelques semaines après la parution d'un dossier - très mal reçu au Québec - du magazine Maclean's alléguant que le Québec est la province la plus corrompue au Canada.