Même avec des chutes de neige équivalentes,
certaines villes paient jusqu'à
13 fois plus cher que des villes de taille
semblable pour déneiger un kilomètre
de rue, révèle une étude de l'Agence
QMI.
Par exemple, alors que Granby réussit à enlever
la neige à un coût de 2 845 $/km, il en
coûte plus de. 38 000 $/km à Westmount.
Même en comparant des villes très semblables,
on constate des disparités importantes.
C'est notamment le cas dans le secteur de
Blainville, où Boisbriand paie plus de 9 000 $
par kilomètre, alors que Blainville s'en tire à
moins de 5 500 $ par kilomètre.
Sur la Rive-Sud, il en coûte trois fois plus
cher pour déneiger à Brossard et à Longueuil
qu'à Boucherville, et quatre fois plus cher qu'à
Chambly ou Beloeil.
Plus cher à Montréal
Sans surprise, parmi les grandes villes de
plus de 50 000 habitants, c'est Montréal qui dépense
le plus, avec un coût au kilomètre de
23 470 $. C'est 37 % de plus que pour la ville de
Québec, deuxième au palmarès, où les mêmes
opérations ont coûté 17 015 $. Pourtant, cette
année-là, en 2008, la Vieille Capitale a reçu plus
de neige, avec 558 centimètres contre 373 centimètres
à Montréal.
Toutes proportions gardées et compte tenu
des multiples responsabilités de la métropole,
on constate, par exemple, que le déneigement
coûte deux fois plus cher à Montréal qu'à Laval.
Un cas unique
« Mais Montréal est difficile à comparer à
d'autres villes », prévient Yves Gravel, le nouveau
directeur de l'unité de la propreté et du
déneigement à Montréal.
Il rappelle que Montréal ne peut interdire le
stationnement dans la rue pendant la nuit,
contrairement à ce qui se fait ailleurs, parce
que les propriétaires d'automobiles ne pourraient
pas trouver de place ailleurs. « En conséquence,
la Ville procède à environ 5 800 remorquages
à chaque tempête et le chargement de la
neige se fait d'un côté de la rue à la fois, ce qui
allonge les opérations », dit-il.
Aussi, à cause du manque d'espace, seulement
10 % de la neige peut être soufflée sur les
terrains, ce qui nécessite des opérations de
chargement par camions beaucoup plus coûteuses
que dans d'autres villes.
Longueuil et Brossard se défendent
Longueuil aussi invoque le profil du territoire
pour justifier ses dépenses de déneigement.
« Il est beaucoup plus onéreux de déneiger
une ville comme Longueuil, Québec ou
Montréal qui n'a pas de réseau routier rural
important comme Sherbrooke, Gatineau ou
Trois-Rivières. Le milieu urbain de Longueuil
nécessite le ramassage d'une bonne partie de la
neige, ce qui est plus cher. »
Pour sa part, le maire de Brossard, Paul
Leduc, conteste ces chiffres, qui ont pourtant
été fournis au ministère par son administration.
Selon lui, il y aurait une erreur dans le
nombre de kilomètres retenu pour le calcul et
il ramène le coût à 10 800 $ plutôt que les 16 566 $
dévoilés par le ministère. « Et il faut tenir
compte du niveau de service. À Brossard, nous
déblayons à partir de 3 cm et la neige est ramassée
dans les 24 heures suivant une précipitation
de 10 cm », précise-t-il.