Parti québécois

Le SPQ libre expulsé «pour l'ensemble de son œuvre»

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«C'est sûr que si on avait été des béni-oui-oui, on aurait continué à être reconnu», peste Marc Laviolette.

© Agence QMI

«C'est sûr que si on avait été des béni-oui-oui, on aurait continué à être reconnu», peste Marc Laviolette.

QUÉBEC - Le Parti québécois a chassé le SPQ libre (Syndicalistes et progressistes pour un Québec libre), son aile gauche plus radicale. Pauline Marois a signalé, dimanche, au cours du colloque péquiste qui s'est tenu à Lévis, durant la fin de semaine, que ce club politique, ce «parti au sein du parti», n'avait plus sa place au PQ.

À compter du congrès du parti en 2011, la formule des clubs politiques ne sera d'ailleurs plus possible au sein de sa formation politique, a-t-elle ajouté.

Les raisons à l'origine de ce choix de la part de l'exécutif du parti sont nombreuses, a-t-elle expliqué, comme le fait d'avoir à plusieurs reprises dénoncé les positions du PQ sur la place publique. De nombreux militants déploraient également l'émergence de deux classes de membres au sein du parti depuis la création du SPQ libre, a précisé la chef péquiste.

«Certains n'acceptaient pas d'être tassés par d'autres, qui pouvaient prendre la parole sur la place publique et contester certaines orientations du parti.» En clair, le SPQ libre est expulsé «pour l'ensemble de son œuvre», a-t-elle lancé. L'idée derrière la création d'un tel club politique, a enchaîné Mme Marois, c'était de voir apparaître différents courants de pensée au sein du PQ, ce qui n'a finalement pas été le cas.

Même constat de la part du président du PQ, Jonathan Valois, qui a renchéri en disant qu'un parti qui a comme objectif de former le prochain gouvernement doit miser sur la cohésion et resserrer les rangs. «Les ennemis, il y en a partout autour de nous, c'est déjà assez.»

Ce dernier, comme sa chef, a assuré que la dissidence est toujours possible au PQ. Il a dit souhaiter d'ailleurs que les membres du SPQ libre demeurent au sein de sa formation politique et qu'ils continuent à participer au débat mais, dorénavant, au même titre que les autres militants.

Choqué de s'être fait chasser, le président du SPQ libre, Marc Laviolette, ne sait pas si lui et ses 300 membres continueront de militer au sein du PQ, mais d'ici le moment de prendre la décision, ils se considéreront comme des membres «indépendants».

«C'est sûr que si on avait été des béni-oui-oui, on aurait continué à être reconnu comme club politique», a-t-il pesté. L'ancien président de la CSN, qui a claqué la porte du colloque, n'a pas manqué de dénoncer le virage à droite que prend le PQ en mettant l'enrichissement des individus au cœur de sa nouvelle politique économique. «Les Lucides vont sûrement applaudir», a-t-il ironisé.