Largués par le Parti québécois samedi dernier, les militants du «club politique» syndicaliste SPQ-Libre n'ont pas l'intention de se taire.
«Ça changera rien. Elle ne nous tordra pas la langue. Pensez-vous que le SPQ-Libre va cesser de produire des idées ?», a indiqué le président des Syndicalistes et progressistes pour un Québec libre, Marc Laviolette, hier en entrevue à Jean-Luc Mong rain, sur les ondes de LCN.
M. Laviolette n'a toujours pas digéré de voir Pauline Marois retirer à son association son statut de club politique. Il croit qu'elle veut ainsi envoyer le message que le PQ vire à droite et se débarrasse de la «go-gauche».
«Le calcul politique qui est fait derrière cette décision, c'est qu'on va se distancier des syndicats, a-til dénoncé. D'ailleurs, ça a commencé », déplore cet ex-président de la CSN.
«Mais il y a un mauvais calcul là-dedans. Ça vise à récupérer des votes qui allaient à l'ADQ», analyse- t-il, ajoutant qu'à son avis, la population ne veut pas des idées de droite préconisées par l'ADQ de-puis 2002.
Marois ne regrette rien
Mais malgré les protestations de Marc Laviolette, la chef du PQ, Pauline Marois, ne semblait pas regretter sa décision, au contraire.
En entrevue avec Richard Martineau, toujours à LCN, elle a répété que les «clubs politiques» permis au PQ par Bernard Landry en 2005, étaient «une mauvaise idée». D'ailleurs, le SPQ-Libre était le seul club qui avait profité de cette permission du PQ.
Ni de droite ni de gauche Mme Marois a réfuté les critiques du SPQ-Libre.
«Est-ce que vouloir être riche, c'est une idée de droite ou de gauche?», a-t-elle demandé. «Vouloir être riche, c'est un projet que tous les peuples du monde poursuivent. Vouloir que les citoyens aient une bonne qualité de vie, aient un travail de qualité, puis-sent élever leur famille avec tous les moyens normaux, il me semble que c'est ce qu'on devrait tous souhaiter. »
Avenir incertain
Le conseil d'administration de SPQ-Libre doit se réunir aujourd'hui et prépare une conférence de presse pour demain, afin de faire le point sur son avenir.
Québec Solidaire, le parti d'Amir Khadir et de Françoise David, a tendu la main aux quelque 400 membres du club de gauche du PQ. Mais il semble peu probable que cela se concrétise, selon ce que Marc Laviolette a indiqué hier.
«Québec solidaire nous a contactés. On va les rencontrer. On verra. Ils ont un programme social intéressant, mais disons que sur la question nationale identitaire, on n'est pas du tout d'accord avec eux», a-t-il dit.