Caisse électorale

La FTQ évoque des financements douteux

PC

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QUÉBEC | Des liens douteux entre des entreprises et des députés du Parti libéral du Québec contribuent à un climat de suspicion généralisée envers la classe politique, a indiqué hier la Fédération des travailleurs du Québec.

Pour remédier à la situation, le secrétaire général de la FTQ, René Roy, a enjoint le gouvernement à s'attaquer en priorité aux entreprises privées qui financent illégalement les partis politiques.

Selon la FTQ, ces pratiques n'ont jamais disparu malg ré les mesures d'assainissement promulguées il y a plus de 30 ans par René Lévesque.

Pire, M. Roy a affirmé que des stratagèmes sont utilisés «à grande échelle» par des sociétés qui donnent illégalement aux partis par l'intermédiaire de leurs employés, lors d'événements de financement.

«On fait référence aux gens qui envoient leurs employés dans des soupers et qui, effectivement, c'est payé par l'entreprise, le remboursement qui se fait à ce niveau-là, a-til dit. C'est ça qui est fait à grande échelle. Alors, c'est la partie qu'on dénonce.»

Ex-ministre convoqué

Cette semaine, le Directeur général des élections a annoncé qu'il souhaitait entendre l'ancien ministre libéral de la Justice, Marc Bellemare, relativement à ses déclarations alléguant qu'il y a du financement illégal au PLQ.

La semaine dernière, la vice-première ministre et ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau, a défendu son indépendance à la suite de la diffusion d'un reportage indiquant qu'elle avait réussi à amasser 43 000 $ de contributions politiques lors d'un cocktail organisé par le dirigeant d'une filiale d'un cabinet de génie-conseil, peu avant la der nière élection de décembre 2008.

Au cours des trois derniers mois, trois autres ministres libéraux ont laissé entendre que des entreprises pouvaient contribuer au PLQ, alors que la loi interdit cette pratique depuis 1977.

Selon la loi électorale, seuls les électeurs peuvent verser des contributions, dont le maximum est fixé à 3000$.

Révélations gênantes

Dans un mémoire présenté devant une commission parlementaire, hier, la FTQ écrit que des révélations «gênantes» au sujet du financement des partis politiques s'accumulent depuis trop longtemps.

Selon le document de la centrale syndicale, la décennie a commencé avec «l'odeur troublante» de trafic d'influence au sein du gouvernement du Parti Québécois, avec l'affaire Oxygène 9.

«[Cette période a ensuite été] fortement marquée par le scan-dale des commandites du Parti libéral fédéral et s'achève dans un climat de suspicion généralisée à l'ensemble de la classe politique en raison de liens douteux entre des entreprises, des élus municipaux et du Parti libéral du Québec», écrit la FTQ dans son mémoire.

La centrale indique ainsi que «contrer le financement illégal provenant de personnes morales devrait donc être l'objectif principal» du projet de loi 78, qui vise à resser rer le financement des partis politiques.

Au groupe de députés qui entendent actuellement les commentaires sur le texte législatif, M. Roy a suggéré de donner plus de pouvoir au DGE afin d'empêcher les entreprises de contourner la loi.

Selon M. Roy, le DGE doit avoir accès aux données fiscales compilées par Revenu Québec. Le DGE, chargé de faire respecter la loi électorale, devrait aussi disposer du pouvoir d'obliger des témoins à comparaître devant ses enquêteurs.

«Pour régler le problème, nous, on dit qu'il faut donner plus de pouvoir au DGE», a-t-il dit lors d'une entrevue qui a suivi son audition par la commission parlementaire.