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Prise de bec entre Amir Khadir et Lucien Bouchard

Geneviève Lajoie

Geneviève Lajoie @

Journal de Québec, Publié le: | Mise à jour:

Lucien Bouchard et Amir Khadir.

© Agence QMI

Lucien Bouchard et Amir Khadir.

QUÉBEC - La commission parlementaire sur le projet de loi 18 sur la limitation des activités pétrolières et gazières a été le théâtre d'une prise de bec entre Amir Khadir et l'ancien premier ministre péquiste Lucien Bouchard, mardi matin.

Le député de Québec solidaire a reproché à Lucien Bouchard, qui assume maintenant la présidence de l'Association gazière et pétrolière du Québec, d'endosser que de riches compagnies viennent exploiter les ressources naturelles du Québec sans que les Québécois aient leur juste part.

M. Khadir a accusé l'ancien premier ministre d'avoir liquidé la Société québécoise d'initiative pétrolière, avec l'aide d'André Caillé. «Il a une vision coloniale, une vision d'une autre époque, a-t-il insisté. C'est un avocat de patrons!» Des propos qui ont mis en colère l'ancien premier ministre. «Est-ce que je suis obligé de subir les jugements moraux de cet homme?» a lancé M. Bouchard.

Indemnisations

L'ancien premier ministre Lucien Bouchard est venu plaider mardi matin en commission parlementaire en faveur d'une forme de compensation pour les entreprises gazières et pétrolières qui détiennent des permis d'exploration dans le fleuve Saint-Laurent et qui verront leur permis révoqué dans la foulée de l'étude environnementale stratégique.

M. Bouchard a soutenu que des mécanismes de réparation et d'indemnisation sont nécessaires dans ce cas-ci, comme dans tout cas d'expropriation.

«L'industrie ne s'attend pas à ce qu'on lui coupe l'herbe sous le pied sans indemnisation, a-t-il dit. C'est un mauvais message à envoyer aux investisseurs.»

Le projet de loi 18, à l'étude actuellement en commission parlementaire, vise à interdire l'activité pétrolière et gazière dans le fleuve Saint-Laurent, révoquant les permis qui s'y trouvent et ce, sans aucune indemnité de la part de l'État.

L'ex-premier ministre péquiste a précisé que neuf entreprises, détenant une trentaine de permis dans cette zone, sont visées par cette loi.