QUÉBEC - Rien ne garantit que la tenue d'élections scolaires et municipales simultanées entraînerait des économies au Québec.
Plus encore, le Directeur général des élections, qui a étudié cinq différents scénarios possibles, ne peut pas non plus conclure à une hausse du taux de participation dans l'éventualité où l'on regrouperait les deux scrutins.
Au cours de l'été 2008, le gouvernement Charest a demandé un avis au DGE sur la possibilité de tenir des élections scolaires et municipales le même jour, dans l'optique de favoriser la participation des électeurs et de réaliser des économies d'échelle.
«Il pourrait y avoir des économies, mais à la lumière des données que nous avons, nous ne sommes pas en mesure de conclure que ce serait le cas», a reconnu hier le directeur général des élections, Marcel Blanchet, après avoir rendu public son rapport à ce sujet.
60 millions $
Selon son estimation, les plus récentes élections scolaires et municipales tenues de façon distincte ont entraîné des coûts totalisant environ 60 millions $.
Or, les cinq scénarios d'élections simultanées évalués font état de dépenses de 72 millions $ à 114 millions $, selon qu'elles se déroulent sous la gouverne du DGE luimême, des autorités municipales ou à la fois des instances scolaires et municipales.
«Nous, on évalue les coûts en fonction du maximum que ça peut occasionner, s'il y avait des élections pour chaque poste de chaque commission scolaire et chaque municipalité», a nuancé M. Blanchet en entrevue au Journal, indiquant que les coûts pourraient être moindres en tenant compte que certains conseillers ou commissaires sont élus sans opposition.
«Mais effectivement, ce n'est pas sûr qu'il y aurait des économies», a-t-il répété.
Pas d'amélioration
Quant au taux de participation, M. Blanchet signale qu'à l'élection municipale de novembre 2009, les deux commissions scolaires ayant tenu leurs élections au même moment (Portneuf et l'Or-et-des-bois) n'ont pas enregistré d'amélioration par rapport à leur taux historique.
«Cette expérience n'avait pas été concluante. Si on la faisait sur une base provinciale, on pourrait espérer une augmentation de participation, mais il n'y a pas de garantie.»
En 2007, lors des élections scolaires générales, le taux de participation avait été famélique, à 7,9 %.