Agence QMI - Plus de 40 % des employés de la ville de Montréal habitent en banlieue, selon Projet Montréal. Le parti de deuxième opposition à l'Hôtel de Ville y voit un risque pour la qualité des services aux citoyens et un gaspillage d'argent.
En conférence de presse, hier, le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, a présenté ces données obtenues en vertu de la Loi d'accès à l'information comme un «constat d'échec» pour l'administration Tremblay.
Chez les pompiers et les policiers montréalais, la proportion de ceux qui habitent hors de Montréal atteint même 80 %.
«Ils ne paient pas leurs taxes à Montréal. Ils les paient à Repentigny, à Saint-Constant, à Val-David», a dénoncé Richard Bergeron.
«Leurs sensibilités aux réalités de Montréal sont moins importantes lorsqu'ils vi-vent en banlieue. C'est particulièrement important pour un policier», a-t-il ajouté.
35 millions $ par année
Actuellement, la Ville verse à environ 400 cadres des sommes d'argent pour l'utilisation d'une voiture. Il peut s'agir d'allocations pour l'utilisation d'une automobile, de stationnements gratuits ou de paiement au kilométrage.
Projet Montréal a évalué que ces services totalisent 35 millions $, en extrapolant à partir des données de l'arrondissement Plateau-Mont-Royal.
«L'administration montréalaise n'a qu'elle-même à blâmer. Notre but n'est pas de lancer la pierre aux employés», précise Josée Duplessis, responsable du développement durable à Projet Montréal.
Projet Montréal propose d'éliminer ces dépenses et d'acheter une carte CAM à l'ensemble des employés de la Ville, une mesure «qui ferait économiser 10 millions $ aux contribuables».
Le parti affirme même prêcher par l'exemple, en affirmant qu'il s'est imposé de ne pas utiliser l'allocation de 243 $ par mois consentie à son chef de cabinet pour l'utilisation d'une voiture.
La Ville calme le jeu
Du côté de l'administration Tremblay, le porte-parole Ber nard Larin rejette du revers de la main les chiffres présentés par Richard Bergeron. Il explique que la Ville ne paie que 1,7 million $ et non 35 millions $ pour les dépenses de stationnement de 400 de ses 1 600 cadres.
Selon lui, si la Ville devait fournir une carte CAM à tous ses employés, il en coûterait «entre 25 et 30 millions $». «Ça s'ajouterait aux avantages sociaux déjà bien garnis qu'on leur offre», dit Bernard Larin.
«Les tribunaux ont déjà tranché que la Ville ne pouvait obliger ses employés à habiter sur son territoire», ajoute le porte-parole.
Selon les données présentées hier par Projet Montréal, 292 policiers du Service de police de la ville de Montréal (SPVM) habitent à Repentigny, en banlieue nord-est de la métropole. C'est trois fois plus que les 105 policiers au service de la Ville de Repentigny.