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Des primes salées pour les adeptes de sports extrêmes


Jean-François Cloutier

Publié le:

Un nombre croissant d'adeptes d'alpinisme, de deltaplane et de plongée sous-marine profitent de l'été pour pratiquer leur sport favori, mais les primes d'assurance peuvent être salées pour certains d'entre eux.

Si vous pensiez que votre assurance-vie couvrira votre saut en bungee en République dominicaine ou votre aventure en deltaplane sur le mont Saint-Hilaire, détrompez-vous. La plupart des polices d'assurance personnelles ne couvrent pas en principe les accidents qui peuvent survenir lors de la pratique d'un sport extrême, indique Claude Di Stasio, porte-parole de l'Association canadienne des compagnies d'assurances de personnes.

«Les gens doivent vérifier auprès de leur propre assureur, mais la plupart des polices d'assurance-vie traditionnelles ne couvrent pas les accidents dans ces sports, même pour ceux qui les font de manière ponctuelle», explique-t-elle.

La situation est d'autant plus préoccupante que les sports dits dangereux gagnent en popularité. Le nombre d'adeptes de sports extrêmes comme le parachute et le deltaplane a explosé dans les dernières années.

Un des derniers accidents en date est celui d'un Montréalais âgé de 37 ans qui est décédé après que son deltaplane se fut écrasé dans un champ de maïs à Saint-Paul-d'Abbotsford, en Montérégie.

Un parachutiste d'expérience, Pierre Mayence, qui travaillait à l'école de parachutisme Voltige 2001, à Joliette, dont le comédien Guillaume Lemay-Thivierge est un des propriétaires, s'est gravement blessé la semaine dernière en tirant trop tard sur la sangle qui devait lui permettre de ralentir à l'atterrissage.

Coût exorbitant

Pour les mordus de sports extrêmes, il y a parfois la possibilité de contracter un avenant, soit une surprime, souligne Mme Di Stasio. Pourtant, déplore Ian Bergeron, créateur du site Escalade Québec, le coût de cette surprime est tellement exorbitant qu'elle représente une façon pour l'assureur de ne pas couvrir une personne.

Sur le forum d'Escalade Québec, un couple se plaint d'une hausse de ses primes de 300%. Un autre dit avoir trouvé une surprime «acceptable» de 120%.

«À moins d'être riche, il est souvent impossible d'avoir une assurance-vie, se plaint M. Bergeron. Je suis père de deux enfants et je ne veux pas ne rien leur laisser parce qu'un grimpeur devant moi laisse tomber une roche.»

Il dit aussi trouver discutable la façon dont les assureurs évaluent le risque relié à la pratique de son sport. «On dirait que les actuaires ont une dent contre l'escalade. Il y a beaucoup plus de morts sur les routes et dans les noyades», déplore-t-il.

Du cas par cas

Danny Leboeuf, directeur principal relations avec la clientèle à La Capitale, précise cependant qu'il est possible que l'assureur couvre une personne accidentée lors d'un sport extrême pratiqué de manière ponctuelle, si le contrat s'assurance-vie a été rempli de bonne foi par l'assuré.

«Il s'agit de cas de cas. Si vous avez fait un sport extrême, mais que vous avez agi de manière raisonnable, il est possible que vous soyez couvert», indique-t-il.

Daniel Paquette, copropriétaire de Parachute Montréal, recommande à ses clients de toujours vérifier auprès de leur assureur ce qui advient en cas d'accident.

Mme Di Stasio mentionne que la popularité croissante des sports extrêmes est suivie de près par les assureurs. «On semble voir de plus en plus d'accidents. La question se pose: est-ce que cette situation est exceptionnelle? Il est trop tôt pour déduire qu'il y a une tendance, mais si ça se répète, ça va devenir préoccupant», a-t-elle dit.