La police de Montréal ouvre la machine pour commercialiser ses services. Aux prises avec d'importantes coupures budgétaires, le SPVM compte plus que jamais sur la vente de ses services pour se financer. Bienvenue dans SPVM inc.
On offrait déjà le policier armé pour prévenir les vols dans un commerce, pour faire la circulation lors d'événements privés, les escortes policières, la protection rapprochée.
Mais l'opération commercialisation ira beaucoup plus loin : installation de micros cachés, écoute électronique, filature, analyses de risques, formations de toutes sortes, services de prise et de répartition d'appels, achats de groupe.
En fait, presque toute l'expertise qui est exportable est à vendre.
Un grand objectif
"Ma vision ultime, c'est que le service de police s'autofinance, avance le directeur adjoint de la police de Montréal, Mario Gisondi.
«On a un budget de 600M$. Si on était capable de s'autofinancer de 600M$, ça ne coûterait plus rien aux citoyens d'avoir un service de sécurité publique.»
La commercialisation des services figure parmi les trois grandes priorités de la police de Montréal, en 2010. Une façon nouvelle de maintenir et même d'augmenter les services à la population, selon la direction, malgré les 34M$ de coupures budgétaires auxquelles le SPVM est contraint, depuis l'an dernier.
«Il faut trouver des solutions nova-trices pour augmenter nos revenus, parce que la taxation a ses limites», a dit M. Gisondi.
De gros contrats
Le directeur du service, Yvan Delorme «en a fait son cheval de bataille». Des présentations ont été faites aux policiers sur le territoire. On demande au personnel d'être créatif et de repérer les opportunités d'affaires.
Le SPVM est d'ailleurs en pleine négociation pour de gros contrats, a-t-on appris.
Actuellement, le plus gros contrat de service est celui de l'aéroport Pierre-Elliott-Trudeau, qui rapporte 4M$ à la police.
Le SPVM assure être en mesure d'offrir ces services sans affecter les services de base offerts aux Montréalais. Ce sont plutôt des policiers en congé ou en temps supplémentaire qui font le travail, sur une base volontaire.
Et on projette aussi de créer une escouade de policiers uniquement dédiés aux contrats de type «rent-a-cop».
Seulement pour ce volet, le nombre de dossiers a doublé depuis deux ans, passant de 527 en 2007 à 803 en 2009. Les revenus aussi vont en augmentant : 1,6M$ à 4,2M$, pour la même période.
Il y a toutefois des limites éthiques, prévient- on, à la commercialisation des services. Chaque demande est analysée au cas par cas, parfois par le service de Renseignements criminels, afin d'éviter de se retrouver à faire la sécurité au mariage d'un Hells Angels, par exemple.
Le SPVM c'est...
- 4600 POLICIERS
- 33 POSTES DE QUARTIER
- 586 M$ DE BUDGET POUR 2010
- 21,5 M$ DE COMPRESSIONS BUDGÉTAIRES EN 2010