MONTRÉAL - La manifestation contre la brutalité policière qui s'est déroulée à Montréal lundi se sera soldée par des dizaines d'arrestations et des dommages somme toute mineurs et largement moindres que ceux de l'année dernière. Peu après 20 h, soit quelque trois heures après leur départ de la station de métro Pie-IX, les manifestants semblaient s'être dispersés.
Aux environs de 19 h, de nombreux manifestants étaient déjà reconduits par des représentants des forces de l'ordre à l'intérieur de deux autobus stationnés aux abords du métro Préfontaine, dans le quartier Hochelaga Maisonneuve.
Menottés ou maîtrisés à l'aide d'attaches en plastique, les individus arrêtés par les policiers se suivaient à un rythme soutenu à l'angle des rues Préfontaine et Hochelaga.
Pendant ce temps, les manifestants, qui avaient initialement été dispersés dans le secteur des rues Moreau et Hochelaga, tentaient de se regrouper quelques rues plus loin, mais sans succès.
Arrestations et pâtisseries
Les policiers de Montréal, présents en grand nombre, avaient par ailleurs passé les menottes de manière préventive à une poignée d'individus représentant un danger potentiel avant le début officiel de la manifestation. Les individus interceptés à ce moment par les policiers avaient, semble-t-il, en leur possession, des briques, des bâtons de fer et des objets pouvant être lancés en direction des représentants de forces de l'ordre ou de la foule.
Après ces premières arrestations, les participants ont «attaqué» les nombreux agents présents avec des projectiles pour le moins inhabituels.
Les représentants des forces de l'ordre ont en effet fait les frais des manifestants qui avaient en leur possession diverses pâtisseries telles que des beignes et des muffins frais.
Certains manifestants ont même lancé des légumes aux agents en devoir.
Chat et souris
Comme c'est le cas chaque année, les participants à la manifestation ont emprunté un parcours gardé secret jusqu'à la dernière minute.
Après avoir pris le départ dans le secteur de la station de métro PIE-IX, les marcheurs ont emprunté Ontario en direction ouest avant de bifurquer sur la rue Saint-Germain. C'est dans ce secteur que les esprits se sont échauffés entre les deux parties alors que des manifestants ont lancé des bouteilles de vitre aux policiers ainsi que des briques.
Aux environs de 18 h 30, les policiers de l'escouade anti-émeute ont procédé à une charge contre un groupe de manifestants après que ces derniers les eurent attaqués, dans le secteur des rues Moreau et Hochelaga.
Provoqués par les participants à la manifestation, certains policiers ont même eu recours à des fusils à balles de peinture afin de tenter de réduire les ardeurs des marcheurs qui avaient même incendié un conteneur à déchets.
Policiers «présents»
Le Service de police de la Ville de Montréal, qui avait annoncé être prêt à faire face à d'éventuels débordements, était généreusement représenté.
Des agents à pied, de nombreuses autos-patrouilles, des policiers de l'escouade antiémeute, des policiers à vélo, d'autres sur des chevaux et même une patrouille aérienne étaient affectés à la couverture de l'événement.
L'année dernière, les forces de l'ordre avaient procédé à plus de 200 arrestations en marge de cette manifestation annuelle.