Les élus au Conseil municipal de Montréal, dont la plupart gagnent plus de 90 000 $ par année, présentent un taux d'absentéisme si élevé qu'il serait considéré inacceptable par bien des employeurs, révèle une enquête menée par le Journal de Montréal.
C'est Luc Ferrandez, le controversé maire du Plateau-Mont-Royal, qui est le moins assidu par mi les 65 élus, ayant manqué 45 des 72 séances du Conseil municipal entre les élections de novembre 2009 et avril 2011.
En tout, une douzaine de conseillers ont chacun manqué plus de 10 séances en moins d'un an et demi, selon les données compilées à l'aide de plusieurs centaines de pages de procès-verbaux.
Un membre d'Union Montréal, Jean-Marc Gibeau, est arrivé en retard ou a manqué un vote enregistré non moins de 37 fois sur 72, sans compter ses 10 absences non motivées.
À l'opposé du spectre, plusieurs conseillers se démarquent par leur assiduité, dont le maire de Saint-Laurent, Alan DeSousa, le président du Comité exécutif, Michael Applebaum, ainsi que Jocelyn Ann Campbell.
Pas des enfants
Les chefs des trois partis se retrouvent dans la moyenne. Le maire Gérald Tremblay a manqué 8 séances. Richard Bergeron, le chef de Projet Montréal, s'est absenté une fois, mais a manqué 10 votes. Louise Harel, de Vision Montréal, fait meilleure figure avec une seule absence, motivée, ainsi que 3 votes manqués.
«Notre philosophie est claire. On dit à nos élus qu'ils doivent être présents. Mais en même temps, on traite les gens comme des adultes, on ne peut pas crier après (pour les convaincre d'assister au Conseil) », explique au Journal Marvin Rotrand, le leader d'Union Montréal.
Habituellement, il y a une assemblée du Conseil municipal par mois. Mais, depuis 2009, ces assemblées sont plus longues et nécessitent jusqu'à quatre séances, réparties sur deux ou trois jours.
De bonnes raisons
Louise Harel croit que cet horaire chargé explique les absences de certains conseillers.
«Quand on a commencé à siéger, on s'est rendu compte que plusieurs n'avaient pas l'habitude de siéger plus d'une journée», avance-t-elle en guise d'explication.
Certaines absences, soutient-elle, peuvent difficilement être remises en question. Par exemple, les conseillères Elsie Lefebvre et Émilie Thuillier ont manqué respectivement 25 et 11 séances en un an et demi, mais c'est parce qu'elles étaient enceintes.
D'autres, comme Pierre Lampron, Benoît Dorais, et Anie Samson, ont plutôt dû s'absenter pour diverses raisons de santé, selon Louise Harel.
Au cabinet du maire, on nous a également mentionné que certains membres du Comité exécutif, dont Helen Fotopulos et Lyn Thériault, étaient souvent absents pour assister des activités liées à leurs fonctions.