Hôpitaux - Propreté

Des toilettes peu accueillantes

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Éric Yvan Lemay

Journal de Montréal, Publié le:

HÔPITAL SANTA CABRINI Montréal CLINIQUE EXTERNE. Le calorifère tombe en ruines
sous la rouille.

© Éric Yvan Lemay

HÔPITAL SANTA CABRINI Montréal CLINIQUE EXTERNE. Le calorifère tombe en ruines sous la rouille.

Les salles de bain fréquentées par les visiteurs dans certains hôpitaux sont loin d'être accueillantes. Présence de rouille, trous dans les murs, saleté sur la cuvette et détritus au sol sont monnaie courante.

Au cours des dernières semaines, le Journal a identifié plusieurs problèmes dans différents hôpitaux de la province. Ainsi, lors d'une visite à l'Hôpital général de Montréal, on a observé de la rouille, des trous au plafond et de la saleté sur des cuvettes.

Dans certains hôpitaux, les toilettes des cliniques externes fréquentées par des dizaines de patients par jour datent d'une autre époque. C'est le cas à l'Hôtel-Dieu d'Arthabaska de Victoriaville où la construction date de 1963. Malgré tout, on assure qu'il n'y a aucun risque au problème de salubrité.

Pire dans les toilettes pour hommes

«C'est vrai que c'est désuet, mais il n'y a pas d'inquiétude pour les infections. Des travaux de peinture seront faits sous peu dans les toilettes pour femmes», dit Claire Gendron du Centre de santé d'Arthabaska-et-de-l'Érable. L'établissement attend la construction d'un nouveau centre ambulatoire qui sera plus adapté aux normes actuelles.

À l'Hôtel-Dieu du CHUM, les panneaux de séparation d'une salle de bain sont complètement rouillés dans le bas. «La problématique de la rouille est surtout présente dans les toilettes des hommes à cause de l'urine. Tous les locaux sont inspectés au moins une fois par année et au besoin on change les partitions (panneaux séparateurs)», assure la porte-parole Lucie Dufresne.

Risques pour les infections ?

Le nettoyage et la désinfection des toilettes pour visiteurs sont faits plusieurs fois par jour assure-t- on.

Toutes ces problématiques peuvent-elles avoir un impact sur le combat que mènent les hôpitaux aux infections nosocomiales ? Peut-être, croit le président de l'Association des médecins microbiologistes infectiologues du Québec, Dr Jean-François Paradis.

«C'est sûr que certains hôpitaux sont âgés. Qu'il y ait de la rouille sur la robinetterie n'est pas étonnant. Est-ce que ça peut générer des infections ? Peut-être, mais je n'ai pas vu d'étude là-dessus.», dit le spécialiste.

Ce dernier indique toutefois que les risques sont beaucoup plus grands dans certains départements comme les soins intensifs. Malgré tout, il ne s'inquiète pas outre mesure, indiquant que l'hygiène a été améliorée dans les hôpitaux depuis la crise du Clostridium difficile.

Il indique que l'idéal serait l'installation de robinets et toilettes sans contact dans toutes les salles de bain, mais que le coût de réalisation serait trop élevé. Il préconise donc une rénovation par étapes.

Toilettes pour toxicomanes

Depuis quelques années, l'Hôpital Saint-Luc du CHUM compte des salles de bain pour les toxicomanes. On y retrouve des bacs de récupération de seringues pour éviter qu'elles ne se retrouvent dans les poubelles ou la toilette. On n'encourage toutefois pas leur présence puisqu'on a aussi installé des lumières phosphorescentes qui compliquent la tâche aux toxicomanes. Avec cette lumière bleutée, ils peinent à trouver leurs veines. «On voulait rendre l'environnement sécuritaire en donnant la possibilité de disposer des seringues», explique la porte-parole du CHUM, Lucie Dufres