Débrayage des infirmières

«Les filles pleurent ici»

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Éric Yvan Lemay

Journal de Montréal, Publié le:

Un nouveau groupe d'infirmières et d'auxiliaires refuse de rentrer au travail ce samedi soir. Cette fois, rapporte la chaîne LCN, les infirmières récalcitrantes sont à l'emploi de l'Hôpital Charles LeMoyne, situé dans l'arrondissement Greenfield...

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Un nouveau groupe d'infirmières et d'auxiliaires refuse de rentrer au travail ce samedi soir. Cette fois, rapporte la chaîne LCN, les infirmières récalcitrantes sont à l'emploi de l'Hôpital Charles LeMoyne, situé dans l'arrondissement Greenfield Park, à Longueuil.

Un groupe d'infirmières de l'Hôpital Charles-LeMoyne a refusé de rentrer au travail, hier en fin de journée, pour protester contre le manque de personnel et les heures supplémentaires obligatoires. Une infirmière a même travaillé pendant 17 heures de suite.

«On a des filles qui pleurent ici. Elles sont à bout», dit la présidente de l'Alliance interprofessionnelle de Montréal, Sylvie Le Gal. Un peu avant 16 h, hier, des infirmières et des infirmières auxiliaires des départements d'hémodialyse et de périnatalité ont refusé de rentrer.

Des discussions avec la direction ont débuté vers 18h30 pour dénouer l'impasse. Le sit-in s'est terminé à 20h45 lorsque les infirmières du quart de soir sont rentrées après l'intervention de Conseil des services essentiels.

«On a décidé de dénoncer la situation, on en a assez», a dit la présidente du syndicat pour justifier le geste. «Certaines filles deviennent tellement fatiguées qu'elles n'ont plus la force de refuser.»

Un problème récurrent

Selon elle, même si la direction savait depuis une semaine qu'il n'y avait personne pour pourvoir trois postes en périnatalité dans la nuit de samedi à dimanche, elle n'a pas trouvé d'autre solution que de forcer celles du soir à rester.

«On se sent prisonnières. On se sent comme des ouvrières de soin», dit Sylvie Le Gal qui œuvre sur l'autre département qui a débrayé, soit l'hémodialyse.

«Violence psychologique»

On se questionne également sur le recrutement qui ne se fait pas à un rythme suffisant pour combler tous les quarts de travail. «Les gestionnaires ne bougent pas assez vite. Il y en a qui ont eu des entrevues à Pierre-Boucher (l'autre hôpital de Longueuil) avant même d'être appelées pour une entrevue ici», indique Sylvie Le Gal.

Pour elle, le temps supplémentaire obligatoire est devenu si commun qu'il est en voie de devenir une façon de gérer les employés. «Plus ça va, plus il y a de temps supplémentaire obligatoire. C'est de la violence psychologique», s'exclame la représentante syndicale.

La direction de l'hôpital a refusé de parler au Journal et a invité son représentant à quitter les lieux.

* La semaine dernière, des infirmières de l'Hôpital du Haut-Richelieu avaient refusé de rentrer au travail pour dénoncer le manque de personnel à l'urgence.