Êtes-vous fana de la
chick lit, ce
genre littéraire «pour filles», à la
fois drôle et rose, et juste assez
piquant, que les Britanniques
ont décrit comme de la «fiction
romantique moderne»?
Les Anglophones, à qui on doit ce
surnom savoureux et affectueux, l'ont fait
connaître à travers les aventures de Bridget
Jones, celles de Quatre filles et un jean
et de Sexe à New York. La chick lit se lit
aussi dans les tribulations du monde de la
mode évoquées dans Le diable s'habille en
Prada, de Lauren Weisberger, ou dans Confessions
d'une accro du shopping. Chez les Français, Alix Girod
de l'Ain a aussi donné dans le genre avec Sainte Futile.
«Moi, de la chick lit, j'en publie et je
peux vous dire que j'aime ça», déclare tout de go
Johanne Guay, vice-présidente du Groupe Librex. «C'est
toujours l'objet d'un grand débat ici, mais, pour moi,
elle reste la définition de la littérature pour jeunes
femmes branchées.»
Depuis quelques
années, le Québec a
aussi ses reines de
la chick lit. «Ici, elle
s'appelle Rafaële Germain. On vend au-delà de 200 000
exemplaires de ses titres, qui sont sortis
au Canada anglais et en France. La chick
lit, ça marche. Mais je vais au-delà de ça et
je regarde le phénomène de Francine
Ruel : ses deux livres ont dépassé 100 000
exemplaires en tout. On n'est plus dans la
chick lit, mais ses personnages sont des
femmes de 45-55 ans qui vivent toutes
sortes de relations amoureuses. Les
femmes ont besoin de ce genre de livres.
C'est de la littérature féminine moderne.»
Pour tous les âges
La maison Stanké vient d'ailleurs de
publier deux autres titres qui s'adressent
aux femmes :
Justine, ou comment se
trouver un homme en cinq étapes faciles,
d'Annie Ouellet, et Tribulations, de Marie
F. Caron. «Justine est écrit dans la pure
tradition du chick lit et c'est une jeune
femme dans la trentaine qui se raconte.
Avec Tribulations, on est dans la quarantaine.
Ce n'est plus de la chick lit, mais du
roman féminin, et c'est très drôle», commente Johanne Guay.
«La chick lit, c'est des histoires d'évolution
de femmes», observe Annie Ouellet, qui a créé une Justine
pas mal sur le «party», qui réussit dans sa carrière, mais
dont la vie sentimentale est en ruine.
«Justine est pathétique et reflète les
êtres humains en général. Elle décide des
choses et ne les fait pas. Elle est superficielle,
mais elle a un grand coeur. Elle
s'aperçoit que c'est beau, des souliers à
400 $, mais qu'en même temps, il y a des
gens qui meurent de faim. Je pense que ça
n'arrive pas beaucoup dans la chick lit.
C'est dérangeant, mais la vie, c'est dérangeant.
Au Québec, il y a des Justine.»