À six ans, il était condamné. La
médecine avait fait un X sur lui : son
cancer du cervelet était plus fort que
la chirurgie, plus fort que la chimiothérapie.
Avant de mourir, David Marenger
n'avait plus qu'un rêve d'enfant :
attraper un papillon bleu.
Un rêve que la fondation Rêves d'enfants
permettra de réaliser: il est allé au Mexique,
avec sa mère et l'entomologue Georges
Brossard, capturer ce spécimen rare, pour
compléter sa collection avant de mourir.
C'était en 1987.
Son histoire avait inspiré Le Papillon bleu,
un film de Léa Pool avec Pascale Bussières et
Allan Osborne, qui connut un certain succès
en 2004.
Mais, contre toute attente, David Marenger
n'est pas mort. En bonne partie à cause de
l'opiniâtreté de sa mère, qui n'a tout simplement
pas accepté le diagnostic des médecins,
qui s'est rebellée contre le destin, et qui a défié
la mort, celle de son seul enfant.
Tous deux racontent la suite de leur aventure
dans un livre, Sur les ailes du papillon bleu,
écrit par Jocelyne Bélanger.
«La survie de mon fils, c'était le combat de
ma vie, dit sa mère, Yolande Laberge. Quand
on m'a dit «ton enfant va mourir dans trois
mois», pour moi, c'était «je meurs aussi, si je
perds le petit rayon de soleil que j'ai entre les
mains.»»
Elle a pris sur elle de sortir son enfant,
affaibli, chauve, condamné, de l'hôpital,
sans permission. «Viens-t'en, on s'en va à la
maison.»
L'échec de la science
Devant l'échec de la médecine scientifique,
elle s'est tournée vers les médecines douces, la
spiritualité, l'auto-guérison, vers tout et n'importe
quoi - explorant cette zone grise, réfutée
par la science, où on dit que l'esprit, la pensée,
ont une influence sur la matière, ou la santé.
«J'ai toujours interdit qu'on dise à mon
enfant qu'il allait mourir du cancer. Je ne
voulais pas mettre ça dans sa tête de petit
garçon de six ans.»
David Marenger ne veut pas critiquer la
science - mais ce n'est pas elle qui l'a guéri. «Il
y a une force intérieure en chacun de nous,
qu'on cultive, par la spiritualité, l'éveil de soi,
dit-il. Cela n'est pas prouvé, mais la spiritualité
peut avoir un effet spécial en chacun de
nous.»
Il a survécu, mais n'a pas eu la vie facile. Il
est limité physiquement, parle avec difficulté,
en a arraché à l'école, puis sur le marché du
travail.
À 28 ans, David Marenger a trouvé sa voie:
il exhibe ses papillons et fait des conférences
dans les écoles, livrant ce qu'il appelle «son
message d'espoir.»
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David Marenger et Yolande Laberge, Sur les
ailes du papillon bleu. Éditions de l'Homme,
171pp. 24,05$