La sécurité des Canadiens va devenir un des grands thèmes de la prochaine campagne électorale. Les conservateurs ont déjà commencé à marteler le Québec de messages télévisés exploitant la peur des immigrants, la peur des criminels et l'insécurité des gens.
Gangs de rue, actes de vandalisme, vols par effraction, violence conjugale... Tous les jours, nous avons l'impression que le nombre d'agressions violentes est en augmentation non seulement dans le monde, mais aussi chez nous au Québec. Ce phénomène est amplifié par la multiplication des médias et Internet.
Vols par effraction
Juste au Québec, plus d'un ménage sur quatre affirme avoir déjà été victime d'un vol par effraction à la maison. Ce taux grimpe à un sur trois dans la région de Montréal et jusqu'à 42 % chez les personnes âgées.
Pourtant, les statistiques officielles ne dénombrent qu'environ 500 vols par effraction et 1 200 introductions par effraction résidentielles par année au Québec. Soit que les autorités policières ne nous disent pas toute la vérité, soit la majorité des gens ne déclarent pas ces vols. Peut-être aussi parce que 39 % des cas impliquent une connaissance.
De plus en plus peur
Quoi qu'il en soit, près du quart de la population craint que quelqu'un entre chez eux par effraction. Ces taux augmentent d'année en année.
Pour se protéger, le tiers des ménages ont fait installer un système d'alarme, 26 % gardent un bâton avec eux, 22 % ont une arme blanche et 7 % du poivre de Cayenne. Il y a aussi un autre 7% des gens qui ont une arme à feu juste pour se protéger. Certains ont même plus d'un moyen de se défendre. Au total, 63 % des ménages sont protégés d'une manière ou d'une autre, mais il y a encore 37% qui n'ont pas de système de protection.
Les conservateurs exploitent un bon filon en misant sur l'insécurité et la peur de gens. Leur clientèle cible, les femmes, les gens âgés et les francophones, est justement celle qui a le plus peur et qui est particulièrement visée par les bleus.
De toute évidence, la peur sera au coeur de la prochaine campagne électorale. Plus les gens auront peur et plus ils voteront conservateur. À moins justement que les gens aient davantage peur d'un gouvernement conservateur.