C'est un père fier qu'il a été possible de rencontrer, lundi matin, dans un hôtel de la rue Robson, à Vancouver.
Sur la table du lobby traînaient différents journaux qui arboraient tous une photo similaire: celle de son fils Alexandre, le visage brillant et les bras au ciel.
«Je le connais cet enfant-là», lance Serge Bilodeau, tout sourire, lorsque le journaliste s'improvise camelot pour la livraison matinale.
Papa Bilodeau a vécu de grandes émotions depuis la conquête de la médaille d'or de son champion Alexandre, dimanche soir.
Sa voix rauque le trahit. Il a veillé jusqu'aux petites heures de la nuit.
«C'est le résultat de plusieurs années de travail, dit-il. Je pense qu'il vient de démontrer qu'il est un super athlète, mais pour moi, c'est d'abord un garçon extraordinaire. Comme Alexandre le dit souvent lui-même, le ski, ce n'est pas ce qu'il est, c'est ce qu'il fait.»
Depuis sa victoire, nombreux sont ceux qui ont rendu hommage aux qualités humaines qui définissent le jeune Bilodeau. Détermination, honnêteté et sincérité.
«Quand on entend ces commentaires-là, ma femme et moi, on se dit qu'on l'a aussi notre médaille d'or», laisse tomber le paternel, la voix tremblante.
Une histoire de famille
Si les regards sont tournés présentement vers Alexandre, le père insiste pour parler d'une victoire familiale.
«Son frère Frédéric est une grande inspiration, note-t-il. On le dit, on le répète, mais c'est vrai. Malgré son handicap, Frédéric se lève chaque jour avec le sourire aux lèvres et ça inspire tout le monde, incluant papa et maman.»
Non seulement il est sa plus grande inspiration, mais Frédéric, atteint de la paralysie cérébrale, est aussi le plus grand admirateur d'Alexandre.
«Lorsqu'il le regarde, Frédéric se sent à la place de son frère, témoigne le paternel, il vit chacun des moments. Donc, ce n'est pas juste Alexandre qui est devenu champion olympique, mais Frédéric se sentait le champion aussi.»
Et que dire de la petite soeur d'Alexandre, Béatrice?
Au bas de la piste, on la voyait sauter partout pour célébrer l'exploit. Elle-même sur l'équipe nationale de développement de ski acrobatique, Béatrice a vécu ce moment magique de façon très intense.
«Ce n'est pas toujours facile pour elle d'être dans l'ombre d'Alexandre, indique papa Bilodeau. Cette fois, elle a réalisé ce que son frère avait livré, et elle était excessivement fière.»
Le hockey, pas question
Une famille tricotée serrée que celle-là. Ça explique d'ailleurs, en partie, pourquoi on y compte maintenant un médaillé d'or olympique.
«Une des raisons expliquant pourquoi Alexandre et Béatrice font du ski, c'est que ma femme a décidé un jour qu'on ferait un sport familial, raconte monsieur Bilodeau. Alexandre jouait au hockey en bas âge, et Sylvie a dit "ce n'est pas vrai qu'on va être toute la famille dans les estrades pour encourager un seul individu".»
Des qualités humaines, disait-on.
Comme quoi les pommes ne tombent jamais bien loin du pommier.