LNH à Québec

Des revenus pour Quebecor

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Pierre-Karl Péladeau

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Pierre-Karl Péladeau

QUÉBEC - Pierre-Karl Péladeau vise l'acquisition d'une équipe de la Ligue nationale pour la ville de Québec. Trop d'indices le confirment et beaucoup de tractations de l'homme d'affaires restent confidentielles dont, sans doute, celles avec les instances politiques.

Le nerf de la guerre reste l'annonce officielle de la construction d'un amphithéâtre. À compter du moment où ce projet majeur deviendra officiel, la machine pourra véritablement se mettre en branle pour l'achat d'une équipe en difficulté dans son marché. Le Colisée pourrait alors servir de solution temporaire pour une période de deux ans à la condition d'y apporter quelques rénovations importantes au niveau des vestiaires et de la technologie.

Le grand patron de Quebecor ne deviendra jamais copropriétaire d'un édifice à Québec. Il possède déjà son parc immobilier accompagné de sa part d'obligations financières dont le siège social de l'entreprise au centre-ville de Montréal. Mais il pourrait devenir le principal locataire des lieux assurant les autorités d'une soixantaine de journées avec son équipe de la LNH (entraînements exclus). Une association avec un promoteur de spectacles gonflerait le total que viendraient ensuite bonifier les Remparts.

Acheter une équipe du circuit Bettman exige plusieurs millions de dollars. La gérer avec succès demande également des reins très solides. Rares sont les propriétaires qui font d'une équipe professionnelle, au hockey ou dans une autre ligue majeure, leur seule entreprise. L'époque des jouets pour millionnaires est révolue. L'équipe doit faire partie d'un conglomérat. Ses activités génèrent des revenus pour d'autres business du ou des propriétaires.

Servir la cause

En ce sens, le retour des Nordiques - un nom incontournable - servirait la cause de Quebecor.

En obtenant la licence du CRTC pour implanter un deuxième réseau de sport au Québec, PKP a besoin d'une vache à lait, d'un produit majeur et vendeur pour sa station spécialisée qui entrera en ondes en 2011. Il ne peut s'en remettre au Canadien, car l'organisme fédéral a reconnu l'exclusivité des droits de diffusion à RDS jusqu'en 2013. Lorsqu'ils redeviendront négociables, rien n'assure un réseau de cette propriété. Les négociations seront corsées et onéreuses. Aussi bien posséder sa propre équipe.

L'obtention d'une licence pour une chaîne de sports par Quebecor ne constitue pas un pas en avant dans le dossier du retour de la LNH, mais elle devient un incitatif de plus pour le PDG à bouger dans cette direction.

Déjà propriétaire d'une télévision généraliste (TVA), Quebecor pourrait ressusciter le hockey du samedi soir à cette antenne sans chambouler sa grille horaire. La diffusion d'un match, plus dispendieuse à produire, rapporterait néanmoins davantage de recettes qu'un film déjà vu.

Pour avoir accès à TVA sport, le consommateur devra se tourner vers le câble. Vidéotron appartient au même propriétaire. Même s'il affronte la concurrence de Bell, Péladeau pourrait mettre en place une campagne de promotion alléchante pour cette entreprise impliquant son équipe.

La plateforme Internet représente un autre débouché. Pourquoi ne pas y offrir des matches moyennant un déboursé pour ceux qui, pour diverses raisons, n'auraient pas accès aux deux réseaux de télévision de l'empire? Bien entendu, le Journal de Montréal et, surtout, le Journal de Québec profiteraient de la présence d'une équipe dans la capitale.

Donc, outre l'affluence aux guichets, une équipe de hockey de la LNH appartenant à Quebecor pourrait générer des revenus pour deux stations de télévision, une entreprise de câble, une plateforme Internet, deux quotidiens et une multitude de magazines. Et il y a peut-être moyen de l'exploiter dans le monde de la téléphonie cellulaire.

Sondage révélateur

Il ne faut donc pas s'étonner de ce sondage commandé par Quebecor dont le journal a fait état, samedi. Il ne cible pas uniquement des clients potentiels de la région de Québec.

L'entreprise s'enquiert de leurs intentions.

Un segment porte sur le coût des billets individuels (50$ à 130$), des abonnements (2000$ à 5500$), de forfaits, de plans d'affaires. Un autre récolte des informations sur la consommation de nourriture et d'alcool, le prix du stationnement, et des intentions des gens pour d'autres spectacles qui pourraient être présentés dans le nouvel amphithéâtre (concerts, Disney, cirque, artistes locaux, etc.).

Quel nom devrait porter l'édifice? De gros partenaires comme Bud Light, Coca-Cola, SSQ Groupe Financier ou Red Bull sont suggérés. Est-ce citer des noms pour en citer ou est-ce que ces entreprises ont confidentiellement démontré de l'intérêt advenant la résurrection de la LNH?

Quebecor ne s'intéresse pas à ces sujets par simple curiosité.