Quel sommet atteindra un
jour Steven Stamkos ? On
peut se poser la question
alors que le jeune attaquant
du Lightning, à
seulement 20 ans et des
poussières, n'en finit plus
d'épater le monde du
hockey avec ses
prouesses.
L'adversaire qui consulte
ses statistiques à la loupe en a
le vertige. Déjà 40 buts cette
saison ; il avait trouvé le fond
du filet à 13 reprises au cours
des 15 derniers machs avant
celui d'hier.
Et en s'inscrivant au pointage
pour une 16e rencontre
consécutive samedi, il devenait
le plus jeune joueur (20 ans et
25 jours) dans l'histoire de la
LNH à atteindre cette marque.
Il battait ainsi la précédente,
détenue par Sidney Crosby (20
ans et 95 jours, en 2007).
«Je me mets beaucoup de
pression pour performer, confie
Stamkos. Je m'étais mis un objectif
de 40 buts et je suis
content de l'avoir atteint.»
Disons qu'il doit rire dans
sa barbe assez souvent, le jeune.
Il avait connu des difficultés
à ses débuts la saison dernière,
à seulement 18 ans. Il
avait été congédié après 16
matchs, l'entraîneur Barry
Melrose déclarant ensuite
dans les médias que Stamkos,
pas assez fort physiquement à
ses yeux, n'était pas prêt pour
la LNH.
Il aura quand même obtenu
46 points à sa saison recrue. Et
il n'est plus arrêtable.
«C'est chose du passé, dit
Stamkos au sujet des propos
de Melrose. Chaque personne
a droit a son opinion. Cela dit,
tu veux toujours prouver aux
gens qui estiment que tu n'as
pas ta place dans la ligue
qu'ils ont tort.»
Classe à part
Le capitaine du Lightning,
Vincent Lecavalier, parle avec
grande admiration de son jeune
coéquipier.
«Ce sera un marqueur de 50
buts toute sa carrière, dit-il. Son
lancer est dans une classe à
part, tellement naturel, comme
celui d'Ilya Kovalchuk. C'est
beau à voir. Et son patin est incroyable.
À côté de lui, on dirait
qu'on a de la misère à avancer!»
À 34 ans, le «vieux» Martin
St-Louis, en tout cas, maintient
le rythme à ses côtés.
Lui, Stamkos et Steve Downie
forment un trio de choc depuis
le début de la saison.
«Entre moi et Martin, il y a
eu de la chimie dès le premier
jour, dit Stamkos. C'est sans
doute le gars le plus travaillant
avec qui j'ai joué de toute ma
vie. Et cela a une grande influence
sur mon éthique de travail.
Je travaille plus fort simplement
pour le suivre. Il a fait
de moi un bien meilleur joueur,
surtout défensivement.»
St-Louis dit que leurs styles
se complètent à merveille.
«J'ai une bonne vision du jeu
et lui sait trouver l'ouverture
et possède un excellent tir. Et
puisqu'il est droitier, un de
nous deux se retrouve souvent
en position de tir sur réception
en zone offensive.»
Le cauchemar de bien des
gardiens... Et Steve Downie, un
type intense, ajoute son grain de
sel au trio avec du jeu physique.
«Je ne veux pas m'arrêter
là, confie Stamkos. Je veux aider
l'équipe à faire les séries.»
Finie l'incertitude
Le Lightning a connu sa
part de hauts et de bas encore
une fois cette saison. Mais
d'après Lecavalier, le club est
bien positionné pour se faufiler
en séries.
«Depuis la pause, nous
jouons du meilleur hockey, sauf
lors de notre défaite de 7 à 2
contre Philadelphie», dit-il.
Et enfin, toute l'incertitude
entourant la propriété de
l'équipe est chose du passé depuis
que Jeff Vinik en a fait
l'acquisition le mois dernier.
«Cela met fin à toutes les
distractions à ce sujet pendant
un an et demi, dit Lecavalier.
Le nouveau propriétaire
veut gagner. C'est un gars
humble qui veut rester éloigné
des décisions de hockey.»
Mais attendons un peu, si
vous le voulez bien, avant de
prédire le retour de la fièvre
du hockey à Tampa.
Au moins, la relève sur la
glace est assurée avec Stamkos
et le jeune défenseur Victor
Hedman.