Programme Héros
Le hockey pour mieux s'intégrer
© Agence QMI / Jocelyn Malette
Hilari Berruecco Garcia du Mexique et Claudeth Sandoval du Guatemala se sont initiées au hockey cette semaine, alors qu'oninaugurait l'implantation du programme HEROS à Montréal.
L'adolescente d'origine mexicaine est au nombre des 25 étudiants de l'école secondaire Sophie-Barat qui ont pu goûter à notre sport national cette semaine, alors qu'on inaugurait l'implantation du programme HEROS à Montréal.
Parrainé par la LNH, l'Association des joueurs et Telus, ce programme créé en 2000 vise à favoriser l'intégration, la réussite scolaire et le développement de l'estime de soi chez les jeunes par la pratique du hockey. Il s'adresse aux jeunes issus de minorités et à ceux que des contraintes financières ont privés de s'y adonner.
C'est à l'initiative de Martin Longchamps, le président des Braves d'Ahuntsic, qui siège aussi au conseil d'administration de l'organisme « Hockey pour tous » de la LNH, que HEROS a enfin fait son chemin jusque dans la métropole.
Choisir la bonne équipe
«Il y en avait dans toutes les villes canadiennes où il y a une équipe de la LNH; puis j'aimais les valeurs véhiculées par le programme», dit-il. Bref, on préfère voir que des jeunes adhèrent à une équipe de hockey plutôt qu'à un gang de rue.
Au cours des deux prochaines années, les jeunes choisis auront droit à un cours hebdomadaire sur les rudiments de base du hockey, en plus de jouir de l'encadrement d'enseignants, explique François Legault, directeur adjoint à Sophie-Barat.
«On veut qu'ils deviennent de bons élèves, des modèles dans l'école», dit-il. Parmi ceux qui ont accepté de tenter l'expérience, on dénombre 20 garçons et 5 filles ; 11 d'entre eux sont toujours en processus de francisation. Certains n'ont même pas encore vu tomber la neige. Tous ne partent pas d'aussi loin, mais il leur a fallu faire fi du scepticisme de l'entourage pour s'engager.
Ce fut le cas de Kaly-Ann Gaudet, qui s'est fait taquiner par ses amis garçons qui lui disaient: « Toi! Au hockey? » Ce n'est pas ça qui allait lui faire rater l'occasion, assure l'étudiante de secondaire 2, une fan du Canadien et de Mike Cammalleri que les coûts élevés avaient jusqu'ici empêchée d'essayer ce sport.
«J'ai toujours adoré le hockey, mais je n'avais jamais mis un équipement sur moi. Je me sens musclée. comme un homme!», a-t-elle lancé en rigolant, avant de sauter sur la patinoire avec quelques papillons dans l'estomac.
Gagnon impressionné
Après avoir dirigé la première séance d'entraînement, l'homme de hockey bien connu Gérard Gagnon se disait impressionné par les efforts déployés par ses nouveaux protégés.
«C'est emballant de voir ces jeunes qui travaillent, qui forcent, avec le sourire. Plusieurs viennent de pays chauds ; pour eux, la glisse, ce n'est pas quelque chose de naturel. Ils savaient que ce ne serait pas facile, mais certains ont eu des difficultés dans la vie avant et ce n'est pas ça qui va les inquiéter», a-t-il mentionné.
Le hockey est un merveilleux sport, qui peut aussi être un fabuleux outil d'intégration, a noté M. Gagnon : «On connaît tous l'importance du hockey ici ; ils vont se faire plus d'amis, ils vont s'intégrer plus facilement et ça peut même avoir un effet d'entraînement sur la famille. Comme façon de s'intégrer à la culture québécoise, on ne peut espérer mieux.»
À voir le spectaculaire sourire de Claudeth Sandoval en quittant la glace, le pari est déjà à moitié gagné. «C'est dur de garder son équilibre, je suis tombée plusieurs fois, mais je ne me suis pas fait mal», a confié la jeune fille originaire du Guatemala avec des yeux pétillants de joie.