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Objectif 25

illustration johanna reynaud

Plus que jamais, l’objectif ultime est à la portée du Canadien. Après 22 ans d’attente, un Tricolore bien rodé peut légitimement aspirer à la conquête de la 25e coupe Stanley de son histoire.

Boire le champagne dans le fameux trophée, c’est comme décrocher la lune pour tout joueur de hockey qui en rêve depuis sa plus tendre enfance.

Le Canadien y parviendra-t-il?

Tout est possible. Suffit d’y croire et d’y mettre les efforts.

Un peu de chance ne nuit pas non plus...

Le plus important sera de ne pas connaître d’ennuis au décollage.

Les Sénateurs pourraient d’ailleurs causer des difficultés techniques majeures à la fusée menée par les leaders que sont Carey Price, Max Pacioretty (en espérant qu’il soit remis de sa blessure) et P.K. Subban.

Pour ceux qui personnifient ici les Tintin, Professeur Tournesol et Capitaine Haddock, rien ne garantit le succès, et c’est la beauté de l’aventure, l’aventure Objectif 25.

La fièvre

Afin de bien plonger dans la fièvre printanière, Le Journal a le plaisir de vous offrir ce cahier spécial.

Vous y lirez une entrevue exclusive avec notre Roadrunner national, Yvan Cournoyer, qui relate les souvenirs de chacune de ses 10 coupes Stanley.

Dix!

Oui, une tout autre époque...

Le style de Price

Le Canadien a une équipe solide, bien dirigée par Michel Therrien.

Mais ce n’est pas un club parfait. L’attaque en a souvent arraché cette saison et c’est un Price sublime qui a sauvé les meubles. Pas pour rien qu’il est le candidat numéro un pour le trophée Hart.

Et c’est pourquoi nous avons demandé à un ancien récipiendaire de ce prestigieux honneur, notre chroniqueur José Théodore, d’analyser dans le détail le style du joueur de l’année dans la LNH.

Le Canadien posera-t-il le pied sur la lune?

Deux de nos experts le croient.

Mais Price devra rester en santé.

En attendant le dénouement, bonne lecture!

 

Le Canadien a-t-il des chances de remporter la coupe Stanley? Certainement! Il en est de même pour la plupart des autres équipes qualifiées pour les séries, pour ne pas dire toutes.

Une douzaine parmi les 16 formations en lice ont franchi le cap des 100 points. Il s’agit d’un sommet dans l’histoire de la Ligue nationale.

Les équipes qui se sont approprié les quatre autres places ont amassé 98 et 99 points.

Bien sûr, le système du point boni n’y est pas étranger. Mais il n’en demeure pas moins que les forces n’ont jamais été aussi équilibrées depuis le début de l’ère post-expansion.

La preuve: un écart de 15 points seulement sépare la première équipe (Rangers avec 113 points) de la 16e dans les séries (Penguins avec 98 points).

Pas de laissez-passer gratuit

Les équipes n’obtiennent pas leur billet pour les séries par charité, comme à l’époque où le mode de qualification mettait l’emphase sur les rivalités de division. Il y avait toujours une ou deux formations qui traînaient de la patte dans chaque division.

Dans la division du Canadien, c’était souvent les Whalers de Hartford. Puis, ce furent les Nordiques.

Les formations de la division Norris étaient davantage réputées pour la force et la quantité de leurs bagarreurs.

En 1991, les North Stars du Minnesota, qui étaient dirigés par Bob Gainey, avaient pris part aux séries avec une maigre récolte de 68 points. Ils s’étaient frayé un chemin jusqu’à la finale de la coupe Stanley contre les Penguins de Pittsburgh, qui avaient terminé au premier rang de leur division avec 88 points seulement.

Les North Stars avaient tenu tête aux Penguins dans les quatre premiers matchs de la finale avant d’être distancés par Mario Lemieux et ses coéquipiers dans les deux dernières rencontres.

L’exemple des Kings

Aujourd’hui, dirigeants et joueurs s’entendent pour dire qu’une fois dans les séries, tout est possible et c’est bien vrai.

En 2012, les Kings sont devenus la première équipe de huitième place à remporter les grands honneurs.

L’an dernier, ils ont terminé troisièmes dans leur division. Ils ont ensuite disputé le maximum de sept matchs dans leurs séries de l’Ouest contre les Sharks, les Ducks et les Blackhawks (en prolongation dans la septième rencontre à Chicago) avant de vaincre les Rangers en cinq matchs en finale.

Le désavantage de la parité

Encore cette année, de bonnes équipes tomberont dans chacune des deux associations.

Si le Canadien figure dans ce groupe, on dira que sa saison aura été un échec. Car c’est toujours pire à Montréal, tout le monde sait ça.

Plusieurs amateurs tremblent de peur depuis qu’ils savent que leurs favoris affronteront les Sénateurs au premier tour.

Leurs adversaires roulent à fond de train depuis la fin de février.

Une recrue de 27 ans nommée Andrew Hammond, qui n’a jamais été repêchée et qui jouait dans la Ligue américaine en février, fait des prodiges devant le filet.

Mark Stone, un choix de sixième ronde au repêchage de 2010, a terminé la saison en tête des marqueurs chez les recrues avec 64 points, dont 26 buts, en 80 matchs.

Ajoutez les Karlsson, Turris, Ryan, Hoffman, Zibanejad et Pageau, qui est toujours à son mieux contre le Canadien, et on convient tous que les Sénateurs donneront du fil à retordre à la bande de Michel Therrien.

Pas juste Price

Mais le Canadien n’a pas remporté 50 victoires et amassé 110 points par hasard.

Certains disent que la tenue de Carey Price a faussé les données, mais P.K. Subban et Max Pacioretty, qui devrait être en mesure de reprendre son poste à un moment donné, sont aussi des joueurs d’élite.

Tomas Plekanec et Andreï Markov demeurent des valeurs sûres, Brendan Gallagher, David Desharnais et Jeff Petry ont leurs qualités.

Alex Galchenyuk et Lars Eller ont le potentiel pour surprendre dans les séries. Therrien doit en rêver.

Dale Weise et Brandon Prust sont de bons joueurs de soutien.

Comme Lundqvist et Rinne

Price est le joueur numéro un de l’équipe au même titre que l’est Henrik Lundqvist chez les Rangers et Pekka Rinne chez les Predators.

Et, si la défense gagne les championnats, le Canadien devrait être dans la course un bon moment.

Les inconditionnels y croient.

En ce qui me concerne, je doute encore qu’on assiste à un défilé de la coupe Stanley dans les rues de Montréal en juin.

Au début de la saison, j’ai prédit que les Blackhawks l’emporteraient sur les Penguins en finale. Je suis beaucoup moins sûr que les Penguins en seront. En fait, je choisis les Rangers pour les écarter en cinq petits matchs au premier tour des séries.

Pourtant, les Penguins misent sur le meilleur duo offensif de la LNH avec Sidney Crosby et Evgeni Malkin.

Mais c’est ça, la Ligue nationale du XXIe siècle. Rien n’est certain et tout est possible.

Souhaitons que le Canadien fasse un long bout de chemin, ne serait-ce que pour maintenir l’intérêt.

Canadien contre Sénateurs

Le CH dégonflera-t-il la «balloune» de Hammond ?

Le Canadien a perdu ses trois derniers affrontements contre les Sénateurs cette saison. Il a été dominé 13 à 5 au chapitre des buts inscrits. Il faut toutefois préciser que Dustin Tokarski était devant le filet lors de deux de ces trois défaites. Alors, partisans du CH, ayez la foi!

GARDIENS
De l’inconnu pour Hammond
photo d'archives

L’inexpérience d’Andrew Hammond est un facteur important à considérer. Bien entendu, on a déjà vu des gardiens connaître de retentissants succès dès leur première participation aux séries. Il suffit de penser à Ken Dryden en 1971 et à Patrick Roy en 1986. Hammond présente une fiche de 20-1-2 depuis qu’il a rallié les rangs des Sénateurs. Il vivra un autre genre de pression dans cette série. Le Canadien parviendra-t-il à dégonfler la «balloune» du Hamburglar?

Un Price plus aguerri
photo d'archives

Les Sénateurs n’affronteront pas le même genre de gardien que lors de la série initiale du printemps 2013. Carey Price est au sommet de son art et il attaquera les séries avec un niveau de confiance très élevé.

AVANTAGE : CANADIEN
DÉFENSEURS
Karlsson, une valeur sûre
photo d'archives

Erik Karlsson a été le meilleur défenseur de la LNH en seconde moitié de saison, lui qui a amassé 66 points, dont 21 buts. Il est bien secondé dans son travail par Marc Méthot. La troisième paire de défenseurs composée de Mark Borowiecki et Eric Gryba est robuste.

Un excellent tandem
photo d'archives

Le Tricolore mise sur l’un des meilleurs tandems de la LNH en P.K. Subban et Andreï Markov tandis que la brigade défensive a encore plus de «profondeur» depuis l’addition de Jeff Petry. Alexei Emelin sera là pour frapper les rapides attaquants des Sénateurs.

AVANTAGE : CANADIEN
ATTAQUANTS
Jeunes et rapides
photo d'archives

Lors de leur poussée en fin de saison, les Sénateurs ont pu compter sur quatre trios bien équilibrés. Ils exploitent bien leur vitesse. C’est une équipe au sein de laquelle on retrouve cinq marqueurs de 20 buts et plus. Mark Stone sera à surveiller, lui qui a récolté huit buts et cinq passes au cours de ses neuf derniers matchs. Il forme un excellent trio en compagnie de Turris et de MacArthur.

Galchenyuk devra produire
photo d'archives

Le Canadien aura besoin de l’aide de tout le monde à l’attaque s’il veut disposer des Sénateurs. Alex Galchenyuk a été très peu productif en fin de saison. Tomas Plekanec et Lars Eller ont toutefois bien terminé la campagne. Il est grandement à espérer pour le CH que Max Pacioretty, auteur de 37 buts, dont quatre contre les Sénateurs, pourra se remettre de sa blessure à 100 %.

AVANTAGE : SÉNATEURS
ENTRAÎNEURS
Cameron inexpérimenté
photo d'archives

Depuis qu’il a remplacé Paul MacLean le 8 décembre, Dave Cameron montre un dossier de 32-15-8 à la barre des Sénateurs. Il vivra ses premières séries dans la LNH. Cameron a modifié le style de jeu des Sénateurs, qui misent davantage sur la vitesse et sur l’échec avant.

Michel Therrien, un vieux guerrier
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Therrien amorcera ses 12es séries dans la LNH. C’est un entraîneur aguerri, qui tentera de mener son équipe jusqu’en grande finale, comme il l’avait fait avec les Penguins en 2008. Si la présente série devait se rendre jusqu’à la limite de sept matchs, Therrien devrait logiquement avoir le dernier mot sur le plan tactique et stratégique.

AVANTAGE : CANADIEN
UNITÉS SPÉCIALES
Pas bien mieux...
photo d'archives

Les Sénateurs ont un excellent quart-arrière en la personne de Erik Karlsson mais leur rendement en supériorité numérique (22e rang, taux de succès de 16,8 %) n’est guère mieux que celui du Canadien.

De la pression pour P.K.
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Le manque de production du Canadien en avantage numérique a été une source d’inquiétude pour Michel Therrien durant toute la saison. L’équipe a terminé au 23e rang à ce chapitre avec un taux d’efficacité de 16,5 %. P.K. Subban aura beaucoup de pression sur les épaules.

ÉGALITÉ
MOMENTUM
Le vent dans les voiles
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Les Sénateurs amorceront cette série en ayant le vent dans les voiles et sans ressentir autant de pression que leurs adversaires. Le fait d’avoir réussi à combler un retard de 14 points sur les détenteurs du huitième rang afin de se qualifier pour les séries représente déjà une belle victoire pour cette équipe.

Des hauts et des bas
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Le Canadien a connu des hauts et des bas en fin de saison, mais il a tout de même su remporter ses trois derniers matchs pour clôturer la campagne avec le chiffre magique de 50 victoires.

AVANTAGE : SÉNATEURS
ROBUSTESSE
Ils peuvent faire mal
photo d'archives

Les Sénateurs sont rapides mais ils peuvent aussi être robustes. Le défenseur Mark Borowiecki a totalisé 107 minutes de pénalité cette saison et Eric Gryba, 97. Alex Chiasson est un gros attaquant. Il ne faut pas oublier non plus que le vétéran Chris Neil pourrait voir de l’action durant la série.

Prust et Emelin
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Côté robustesse, le Canadien mise surtout sur Brandon Prust, Devante Smith-Pelly et Alexei Emelin, même si P.K. Subban peut lui aussi s’impliquer à ce niveau pour ralentir les rapides attaquants des Sénateurs.

ÉGALITÉ
IMPONDÉRABLES
Une cause commune
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Il y a un facteur à considérer chez les Sénateurs, soit celui de cette cause commune qui est de gagner pour Bryan Murray, qui combat un cancer, et pour Mark Reeds, qui vient de succomber à cette maladie.

La blessure de Pacioretty
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À son retour au jeu, Max Pacioretty sera-t-il ralenti par la blessure qu’il a subie en fin de saison? Les partisans reverront-ils le même attaquant redoutable et productif autour du filet?

AVANTAGE : SÉNATEURS

Chroniques de Yvon Pedneault

Yvon Pedneault
Yvon
Pedneault

dans la tête du coach

Tous les petits détails seront étudiés, revus, et surtout appliqués.

Que se passe-t-il dans la tête d’un entraîneur pendant les jours de préparation précédant le début de la série?

On peut déjà croire qu’il a revu, en compagnie de ses adjoints­­, les matchs disputés entre les deux équipes. Qu’il a retenu des séquences où son équipe s’éloigne du plan de match parce que sa formation n’a pas été vraiment à la hauteur contre les Sénateurs d’Ottawa cet hiver.

Il va consulter son groupe, il va rencontrer les joueurs. Il va les convier à une séance de visionnement sur les points qu’il a retenus et surtout sur le plan qu’il a concocté pour amenuiser l’enthousiasme des Sénateurs, la meilleure formation de la Ligue nationale depuis le 10 février.

Chaque groupe, les défenseurs, les attaquants, les membres des unités spéciales et les gardiens ont maintenant un plan à suivre. Chacun connaît son rôle.

Les entraîneurs ont fait leur boulot.

Les résultats appartiennent maintenant aux joueurs, bien que, pendant les séries éliminatoires, le rôle de l’entraîneur soit encore plus en évidence. Pendant deux semaines, l’adversaire est le même; par conséquent, chaque décision pendant le match peut avoir des retombées majeures sur le résultat.

Que se passe-t-il donc dans la tête de l’entraîneur? Quels sont les points les plus importants, ceux qui pourraient faire toute la différence? Que mijote-t-il? Quelles ont ses interrogations­­?

Mais Therrien a quelques avantages sur Dave Cameron. L’expérience des séries et aussi un certain Carey Price.

L’analyse des formations



– Jean-François Chaumont



– Yvon Pedneault

Chroniques de José Théodore

José Théodore
José
Théodore

Un mur nommé carey Price

Non seulement Carey Price s’est-il imposé comme le meilleur gardien de but de la Ligue nationale cette saison, il représente le modèle technique idéal pour les jeunes gardiens.

Price n’est pas juste bon. Il est beau à voir jouer. D’ailleurs, je ne me souviens pas d’avoir vu un gardien jouer avec une telle aisance depuis les beaux jours de Patrick Roy. Tout a l’air facile pour lui.

Sa technique est impeccable, mais ce qui est impressionnant, c’est qu’il a réussi à assembler toutes les pièces du casse-tête.

Il est calme, il est patient, il est rapide, il lit bien le jeu, il suit bien la rondelle, il s’adapte bien aux différentes situations, il ne panique jamais, il contrôle ses rebonds et il joue bien la rondelle à l’extérieur de son filet.

Les grands gardiens de but ne sont pas toujours les meilleurs modèles sur le plan technique. Dominik Hasek, par exemple, était un gardien difficile à imiter parce qu’il pouvait faire des choses dont lui seul était capable.

Dans le cas de Price, si j’étais un jeune gardien, j’essaierais de le copier de A à Z.

Sur le plan mental, il a beaucoup évolué. Son attitude décontractée est impressionnante.

Rien ne le dérange et peu importe l’enjeu du match, on a l’impression qu'il s'amuse dans une pratique du mardi matin.

Il a l’air imbattable et il est intimidant. Pour prendre un selfie avec un partisan durant un match, il ne faut pas être nerveux.

À ses débuts on disait qu’il avait l’air nonchalant, mais avec l’expérience et la maturité, cette nonchalance s’est transformée en une confiance à toute épreuve.

– Propos recueillis par Gilles Moffet