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Les pièces de Trente
en quelques mots
  • Prélude: «Ironiquement, c’est la dernière pièce que j’ai composée. Je voulais une petite entrée en matière qui rappelle un peu la musique que j’avais déjà faite avant, avec guitare acoustique et arrangements.»
  • Oh! Non: «Le thème, comme d’habitude, est un peu flou. Ça demeure une réflexion qui se veut plus divertissante en ce qui a trait à la musique et aux mélodies. C’est une toune que j’ai eu beaucoup de fun à faire.»
  • Cœur gros: «J’ai eu une histoire amoureuse l’été passé qui n’a pas duré très longtemps. À la fin de tout ça, j’ai écrit cette toune-là. Ça se voulait un peu un clash entre des paroles tristes, mais avec un beat qui a du tempo et quelque chose de tropical aussi.»
  • Il était une fois: «C’est ma ­comptine. Un soir, je n’arrivais pas à dormir. J’ai pris ma guitare et j’ai écrit ça. Si j’ai un enfant un jour, c’est une chanson que je pourrais lui chanter.»
  • La mer à boire: «C’est la plus électro dance de la gang. Je me suis laissé influencer beaucoup par la musique que j’écoute depuis longtemps. Il y a des petits clins d’œil à Major Lazer, à Diplo et d’autres producteurs ­américains que j’aime beaucoup.»
  • Karim et le loup: «C’est le premier single. Le clin d’œil à Pierre et le loup. Il y a un mélange de ce que j’ai déjà fait avec de petites influences nouvelles, comme les grosses voix dans l’Auto-Tune et les violons.»
  • Dans la nuit qui tombe: «C’est une des premières chansons que j’ai travaillées avec la violoniste Marianne Croft. C’est une des premières fois que je mettais du violon live en studio, au lieu d’utiliser du sampling.»
  • Trente: «J’ai eu 30 ans en 2014. ­Cette toune-là se veut un peu un bilan de tout ce qui m’est arrivé avant.»
  • La course: «Sur chacun de mes ­albums, je mets une chanson reggae, car c’est mon style de musique ­préféré à écouter. Il y a aussi des ­petites influences de musique dance hall électro.»
  • Cœur de pierre: «Ça parle de ­tension sexuelle et de cruise entre un gars et une fille. C’est autobiographique, mais ça s’adresse aussi à tout le monde.»
  • Les roses: «C’est une chanson qui se veut un peu funky, dansante. Elle parle de plusieurs ­petites choses, sans sujet particulier. Chaque ­personne peut interpréter les paroles à sa façon.»
30 questions à Karim Ouellet

Pour la sortie de son nouvel album, Trente, Le Journal a questionné Karim Ouellet sur plusieurs sujets. Au programme: la frénésie de Fox, le travail avec Claude Bégin, la vie à Québec, la trentaine et la France.

01 Dans quel état d’esprit étais-tu pour faire ce nouvel album?
«Je l’ai abordé différemment, c’est sûr. L’album Fox a marché, jusqu’à un certain point, mais je ne me suis pas dit: ­comment je fais, maintenant?»
02 Quels ont été les thèmes pour tes ­nouvelles chansons?
«Tout comme pour mes autres albums, ce sont des affaires que je ressens au jour le jour. Cet album-là parle un peu de doute, de mort, d’amour, de mes amis, de moi.»
03 As-tu eu de la mortalité dans ton entourage?
«Non. Je parle de la mort comme quelque chose d’inévitable dans la vie. C’est plus philosophique qu’un proche qui est mort.»
04 Depuis combien d’années travailles-tu avec Claude Bégin?
«C’est vraiment en 2010 qu’on est devenus une paire. L’amitié est à la base de notre collaboration. Le fait qu’on se connaisse bien nous amène tous les deux à aller plus loin.»
05 Comment travaillez-vous les deux ensemble?
«J’ai un studio à la maison, alors je me fais des maquettes quasiment complètes chez moi. Après ça, je vais chez Claude et il amène les pièces ailleurs. Rendus là, on travaille à 50-50.»
06 Te verrais-tu travailler avec quelqu’un d’autre plus tard?
«Non, pas pour un album. Pour une chanson, peut-être. J’ai fait quelques autres collaborations.»
07 Avec la carrière solo que Claude connaît présentement, va-t-il pouvoir t’accompagner en tournée?
«Depuis un bout de temps, il ne vient plus très souvent à mes spectacles. ­Souvent, quand il est là, c’est pour être choriste dans de gros shows.»
08 Tu as enregistré quelques pièces de cet album à Los Angeles. Comment est-ce arrivé?
«La SOCAN, qui est la Société des droits d’auteur au Québec, a un appartement là-bas. Si tu as une bonne raison d’y aller et que tu es membre de la SOCAN, ils te le prêtent pendant quelques jours gratuitement.»
09 Pourquoi avoir choisi le titre Trente pour l’album?
«J’ai eu 30 ans en 2014. Quand tu as 30 ans, tout le monde t’en parle sans arrêt! Cette chanson-là est la plus proche du bilan de tout ce qui m’est arrivé avant.»
10 Ça représente quoi la trentaine pour toi?
«Je n’ai jamais eu l’impression d’avoir un âge bien précis. Trente pour moi, c’est un peu comme 28 ou 32. Je n’ai pas trop de stress avec ça.»
11 Pour tes nouvelles chansons, ­as-tu pensé à la façon dont elles ­sonneraient en spectacle?
«Pour chaque toune de cet album-là, je réfléchissais au spectacle aussi. La mer à boire est une pièce que j’ai très hâte de faire en spectacle.»
12 Tu proposes une pièce reggae sur cet album. Te verrais-tu faire un disque complet dans ce style?
«Je ne pense pas, à moins d’aller le faire en Jamaïque avec un groupe là-bas! Mais je ne ferais pas un album à 100 % reggae dans mon studio à ­Québec.»
13 Après le succès de Fox, est-ce difficile de s’embarquer dans un nouveau projet?
«C’est excitant, je trouve. Je ne sais pas tout à fait à quoi m’attendre. Le plus difficile a été de faire cet album-là. Maintenant qu’il est fait, advienne que pourra.»
14 Comment décrirais-tu le tourbillon que tu as vécu ces dernières années?
«Selon les jours, il y a eu des moments extraordinaires, d’autres ultra-difficiles et vraiment chiants. J’ai tout fait avec cet album-là. Maintenant, je sais ce qui me tente plus, ce qui ne me tente pas.»
15 Quels ont été les moments difficiles?
«Les premières fois qu’on allait en France, dans une industrie qu’on ne connaissait pas tant que ça. On ne ­restait jamais assez longtemps pour en avoir une bonne idée.»
16 À quoi t’attendais-tu lorsque tu as lancé Fox?
«Je ne m’attendais pas à grand-chose. Mon premier album n’avait pas connu un grand succès et je me disais qu’après mon deuxième, j’allais peut-être envisager autre chose (comme ­carrière).»
17 Tu ne savais pas que tu avais un bon album entre les mains?
«Non, c’était aussi la première fois que je travaillais avec des trackers radios, ceux qui choisissent les extraits pour la radio. Quand ils m’ont dit qu’ils enverraient L’amour aux stations, je n’étais pas sûr que c’était une bonne idée!»
18 Trouves-tu que tu dois beaucoup ton succès à la radio?
«Oui et non. Les radios au Québec m’ont beaucoup fait jouer, mais je n’ai pas vendu autant d’albums que Marie-Mai ou Les Sœurs Boulay. Je crois en toute humilité que sans ces succès radio, les gens qui sont venus me voir en concert seraient venus quand même.»
19 Avec un album qui s’appelle Fox (renard) et une nouvelle chanson, Karim et le loup, quel est ton lien avec les animaux?
«Je n’ai pas de lien particulier. Pour Fox, j’ai toujours trouvé que c’était un beau mot. Et j’étais aussi un fan de Fox dans la série The X-Files! Karim et le loup se veut un clin d’œil à Pierre et le loup, qui est un conte que ma mère me lisait quand j’étais petit.»
20 Qu’est-il arrivé avec le masque de renard que tu portais dans ton ­ancienne tournée?
«Il n’est plus là. Sur la pochette de Trente, je porte un costume de monstre. C’est un clin d’œil à Where the Wild Things Are, qui était un livre pour ­enfants et qui est devenu un film.»
21 On te verra aussi porter ce costume de monstre dans le nouveau vidéoclip que tu as tourné pour Karim et le loup. Quel est le concept?
«Je suis allé me promener dans ­différents lieux publics à Montréal, avec ce costume, et on a tourné les ­réactions des gens. On ne leur disait pas à l’avance qu’on tournait un clip, pour avoir leurs réactions spontanées.»
22 Les trois pochettes de tes albums ont-elles été créées par le même artiste?
«Oui, elles sont de Patrick Beaulieu, qui fait partie d’Avive, un collectif de Québec. Je suis un fan de ce qu’il fait depuis des ­années.»
23 Tu habites toujours à Québec. Avec le succès du dernier album, y a-t-il eu une pression pour que tu déménages à Montréal?
«Non, Montréal n’est pas assez loin de Québec. Ça fait 13 ans que je fais l’aller-­retour sans arrêt. Ça ne me dérange pas du tout. Presque tous les gens avec qui je travaille habitent là.»
24 Qu’arrive-t-il avec ta carrière en France?
«Le troisième album va sortir là-bas, ­autour d’octobre ou novembre. Avec Fox, je n’ai pas connu un succès retentissant. Mais je trouve que ça va de mieux en mieux. On a ouvert la porte sans y mettre encore les deux pieds.»
25 Que te manque-t-il là-bas pour connaître le succès?
«Un gros single, je crois. D’après moi, je n’aurais pas eu la même carrière si j’étais déménagé là-bas. En 2017, je pense bien ­aller y passer de longs mois, ce que je n’ai pas fait pour Fox
26 Tu as fait la première partie de Stromae en Europe. Quel impact cela a-t-il eu pour toi?
«Ça m’a fait connaître beaucoup plus d’un large public. Les gens qui le suivent sont très nombreux et actifs sur les réseaux ­sociaux. J’ai joué dans de très grandes salles. Je me trouvais très chanceux d’avoir autant de monde devant moi.»
27 Quel a été ton moment le plus ­mémorable des deux dernières années?
«Il y en a eu plusieurs. La tournée avec Stromae, en général. Et aussi quand je jouais avec -M-, je capotais. Je suis un fan depuis que je suis petit. De pouvoir devenir ami avec lui, je me trouvais très ­chanceux.»
28 Après trois albums, où crois-tu que tu te positionnes dans le paysage musical québécois?
«Je ne sais pas où est ma place exactement. Je trouve que je suis un peu seul dans mon monde avec la musique que je fais, au Québec.»
29 Que penses-tu des programmes comme Spotify?
«Quoiqu’il arrive, on ne peut pas faire grand-chose. Si ça fait en sorte que la ­musique est plus écoutée, tant mieux. Je vais m’adapter à tout ce qui va arriver.»
30 Quels ont été tes récents coups de cœur musicaux?
«Ces temps-ci, j’écoute beaucoup Lucy Pearl, un vieux groupe de R&B. J’aime le single de Lil’ Kim, Mine. J’écoute aussi I Want You Back, des Jackson 5, Respect, d’Aretha Franklin, et Love Train, de The O’Jays.»