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L'âge des ténèbres

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Le cynisme envers les politiciens a toujours existé, mais il n'a jamais été aussi élevé que de nos jours. Que nous arrive-t-il ?

Regardez autour de vous. Nicolas Sarkozy se comporte comme un malotru et fait honte aux Français que je connais. George Bush était d'une spectaculaire médiocrité. Harper renie tous ses principes. Le Québec est géré comme une épicerie.

Nos parlements se remplissent d'ex-attachés politiques, de politiciens de carrière, ou de gens qui avaient peu à perdre à se lancer en politique. Vous essaierez de convaincre un riche homme d'affaires ou un recteur d'université de faire le saut. La participation aux élections baisse presque partout.

Il y a bien sûr d'heureuses exceptions. Je connais à Québec et à Ottawa des élus brillants. Nous jugerons Obama à l'usage. Mais indiscutablement, la politique n'attire plus les meilleurs éléments de nos sociétés.                                                              

On se retrouve alors dans un cercle vicieux : moins l'arène politique est attirante, plus elle se remplit de médiocrités, et moins elle intéressera les électeurs ou des individus qui auraient peut-être voulu  apporter une contribution.

Si je vous demande d'expliquer votre dépit,  vous me direz spontanément : ils promettent la lune, puis font à leur tête. Excusez-moi, mais c'est largement faux. Il est prouvé que la plupart des promesses sont tenues. Mais on retient surtout la poignée qui ne l'est pas.

La politique, c'est vrai, est de plus en plus mise en scène comme une pièce de théâtre. Quand les électeurs voient les ficelles, ils décrochent. Dès qu'un politicien est sincère et spontané, il en paie le prix.  La fois d'après, il récitera sa cassette, et renforcera d'autant notre cynisme.                                                                     

Les médias jouent aussi un rôle. Pour nous séduire, le politicien se croira obligé de participer à des émissions d'humour qui dégradent sa fonction.

De Gaulle disait jadis que le pouvoir doit s'entourer d'une aura de mystère, donc de distance. Les médias tuent cette distance. De nos jours, une caméra traquerait le Général jusqu'à ce qu'on le capte en train de se décrotter le nez.

Nous sommes aussi de plus en plus individualistes, alors que la politique, par définition, se préoccupe d'enjeux collectifs.

La mondialisation enlève également du pouvoir aux politiciens locaux. Une décision prise à Beijing aura un impact immédiat à Sherbrooke. La partie se joue de plus en plus au-dessus des têtes de nos élus.                                                                    

Voyez des questions comme le mariage gai au Canada ou l'avortement aux États-Unis. Quand la patate est trop chaude, nos élus la refilent aux tribunaux. Cette abdication de leurs responsabilités ne les grandit pas à nos yeux.

Nos sociétés sont aussi confrontées à des problèmes d'une complexité sans précédent : accommodements raisonnables, manipulations génétiques, réchauffement climatique. Nos élus se tournent alors vers des «experts» qui président de grandes commissions d'enquête très médiatisées. Nos élus attendent ensuite que ces experts leur disent quoi faire.

Tout cela est en bonne partie inévitable, mais fait en sorte que les débats les plus importants ne se font plus, ou si peu, dans les parlements.  Pas étonnant que nous décrochions.

Mais pensez-y : nous devons obligatoirement faire le pari que cette pente peut être remontée. Sinon...

26 commentaire(s)

Georges Girard dit :
9 février 2009 à 11 h 25 min

Cher monsieur Facal,

Permettez-moi de vous avouer ma plus indéfectible admiration. Vous avez une pensée cartésienne dénuée d’émotivité excessive, mais ne manquant pas de passion. Votre jugement est clair et tranchant, sans manquer d’être souvent rafraichissant ou simplement éclairant. Dans le cas de votre éditorial « l’âge des ténèbres », j’avoue que vous me surprenez par la complexité inhabituelle de votre pensée. Vous proposez beaucoup de causes au cynisme populaire face aux politiciens. La vérité est selon moi, bien plus simple, mais plus confrontante pour nous, les citoyens:

Nous avons les politiciens que nous méritons! Un point c’est tout.

Vous effleurez à peine cette option en mentionnant notre individualisme, allant à l’encontre du collectivisme que présuppose la politique. Vous mentionnez aussi avec conviction que les politiciens paient le prix de la sincérité et apprennent à réciter le boniment qui convient. Vous le savez pour l’avoir expérimenté personnellement. Un politicien honnête, qui pose des gestes essentiels bien qu’impopulaires sera implacablement critiqué, puis éventuellement dégommé. Souvenez-vous de Lucien Bouchard. Exemple, s’il en est un, de NOTRE propension populaire à éliminer nos héros de la veille parce qu’ils nous demandent simplement de regarder la réalité en face. La discipline, le travail, la sagesse, la vision à long terme ne font tout simplement pas partie de notre culture individualiste.

Cette réalité génère, selon moi, les effets de théâtralité, de jeu des médias et de couardise des politiciens que vous décrivez, à tort comme des causes. Bien sûr, la mondialisation est une cause. Mais ne croyez-vous pas qu’elle a peu d’impact sur le sujet que vous traitez?

Vous le savez pourtant, des candidats de valeur existent bel et bien et pourraient souhaiter se présenter en politique. Ils ne veulent cependant pas être condamnés à l’avance par la stupidité et l’égoïsme populaire qui règne au Québec depuis trop longtemps. Sans compter que les médias n’ont pas non plus le courage d’aller à contre-courant et entretiennent l’immaturité générale par des analyses politiques insipides et incomplètes. Le tout baignant dans un bouillon culturel où l’on encourage la diffusion d’émissions d’une stupidité aussi intolérable qu’elles sont extrêmement populaires (je n’en nommerai aucune, mais vous savez qu’elles sont pléthore).

Le politicien est donc selon moi, l’équilibre de nos incohérences et incompétences personnelles mise en commun. Il représente une moyenne qui nous représente bien. Nous sommes individuellement responsables de supporter un système qui concentre l’irresponsabilité et donc la mise en avant d’hommes et de femmes de peu de valeur, tout en éliminant les gens de grande compétence.

Un effet pervers de cet état de fait est que le politicien jugé inepte nous rassure par rapport à notre propre compétence. Après tout, c’est lui le coupable, l’idiot ou le malhonnête. Pas nous!

Le malheur, c’est que nous ne sommes pas les seuls. La majorité des pays occidentaux partage notre irresponsabilité. Il me semble cependant qu’il existe une lumière au bout du tunnel. Les sociétés scandinaves ou la Suisse semblent être des modèles démocratiques d’implication populaire s’appuyant sur des qualités individuelles plus prometteuses.

Il faut malgré tout se demander ce qui nous forcera à changer de paradigme social. La réponse est dure, mais limpide. Seule une crise profonde saura opérer un changement culturel fondamental et salutaire. Les êtres humains ne changent pas de comportement s’ils n’y sont pas forcés. La crise mondiale actuelle sera-t-elle suffisante? Barack Obama sera-t-il le Winston Churchill du vingt et unième siècle? Une seule chose est certaine, c’est par nos capacités individuelles conjuguées que nous pourrons supporter le mieux un héros, ou plus simplement, un meilleur politicien!

Georges Girard Québec

P.-S. Le président Sarkosy ne fait pas honte à tous les Français. Il a un style très direct et sans doute trop limpide. Il en devient donc facile à attaquer. Ne tombez cependant pas, je vous en conjure monsieur Facal, dans les excès médiatiques que vous décrivez. Vous pouvez être en désaccord avec ses paroles. Vous devez alors les critiquer. Mais vous ne pouvez vous faire le porte-parole de Français aussi illustres qu’inconnus, pour dire publiquement qu’il leur fait honte. Je suis aussi Français, arrivé au Québec à l’âge de 5 ans. Je peux donc personnellement vous dire qu’il ne me fait pas honte. Pas plus qu’à plusieurs de mes amis Français. J’aimerais qu’il soit plus délicat. Mais à choisir, je le préfère concrètement réformiste et travaillant. Il génère sans doute la controverse, mais à tout le moins, il n’ajoute pas au cynisme ambiant. D’autant que la société française n’a pas le monopole de la sagesse politique et sociale. Les Français tout autant que les Québécois doivent se réveiller. Alors, je souhaite que vos amis Français aient encore honte. Pas seulement du président de cette si belle république!

Rodrigue Guimont dit :
9 février 2009 à 11 h 58 min

L’exercice du pouvoir est un puissant aphrodisiaque, un excitant puissant. Une forte proportion de politiciens l’exercent pour leur propre satisfaction, pour le plaisir ultime que peut conférer l’exercice de l’autorité... bien souvent jusqu’à la voyoucratie. J’aimerais bien penser le contraire, i.e. qu’une partie tout au moins exerce le pouvoir pour le bien commun, mais les contre-exemples sont peu nombreux et ne représentent certes pas la majorité.

D’autres, poussés par je ne sais quel sentiment de justification, se réveillent à six mois de leur sortie politique définitive en pensant qu’il sera bon de laisser dans les livres d’histoire quelque chose que la postérité pourra croquer...quitte à se réveiller un semblant de conscience. Comment ne pas être désabusés collectivement, quand la fausseté transparaît à chaque page de ces nombreuses hagiobiographies écrites par d’habiles drogués de pouvoir pour nous faire oublier d’impardonnables parcours?

D’autre part, j’en ai plus qu’assez d’entendre et de lire sur différentes tribunes des Québécois se déprécier les uns les autres. Nous avons été et nous sommes encore une nation phare dans bien des domaines. Nous méritons mieux que ces fantoches en mal d’excitant. À l'oeuvre, rebâtissons-nous une fierté que diable!

Garamond dit :
9 février 2009 à 12 h 43 min

À vous lire, je me pose une question : pourquoi avez-vous quitté la politique ? Pourquoi madame Payette a quitté la politique ? Pourquoi les politiciens que j'ai le plus appréciés ont tous fini par «débarquer» ? Certains entrent en politique, pleins d'espoir et d'ambition noble. Au bout de quelques mois, voire quelques années, ils décrochent, déçus et découragés. Sur le plan individuel, oui, je comprends l'attraction de la chose publique : pouvoir, notoriété, impression de popularité immense, etc. Pour plusieurs, l'envie de changer des choses s'est frappée à un mur; les obstacles deviennent insurmontables. Il y a toujours quelqu'un ou quelque chose pour leur mettre les bâtons dans les roues, pour briser leur élan, pour exiger une concession. Alors, ils ou elles quittent la politique, souvent à regret et sont remplacés aussitôt par d'autres, aux idées plus terre à terre et surtout : plus obéissants... Pas facile....

Michel Laurence dit :
9 février 2009 à 12 h 54 min

MAGIE BLANCHE

« Imagine », comme dirait John Lennon.

Imaginez si les 15 à 20 centimètres de neige que le Québec va recevoir aujourd’hui nous apportaient la faculté de garder les yeux grands ouverts fixés droit devant nous, la capacité de contempler l’avenir sans se laisser envahir par la peur, mais plutôt par une soudaine confiance en soi individuelle et collective.

Imaginez si tout aussi soudainement, on se souvenait enfin de notre Histoire, de toute notre Histoire.

Imaginez si au lieu de critiquer et de mettre des bâtons dans les roues de nos élites, les vraies pas les prétendues; non, nos vraies élites intellectuelles, philosophiques, politiques (hum, il doit bien y en avoir une ou deux qui en vaillent la peine), nos élites ouvrières et professionnelles, économiques, artistiques, si au lieu de toujours vouloir les rabaisser on les encourageait, on les aidait à devenir encore plus grands en grandissant nous-mêmes.

Imaginez que toute cette blanche neige nous apporte une bonne connaissance à l’oral comme à l’écrit de notre langue, le français.

Imaginez que tous ces centimètres de neige se transforment en fierté.

Imaginez qu'un Québécois soit tout simplement défini comme quelqu'un qui est fier de vivre au Québec.

Imaginez si tous les Québécois, grâce à cette neige, devenaient fiers de leur Histoire, de leur langue commune, de leurs grandes réalisations; qu’à compter de demain nous soyons tous debout, courageux, francophones et fiers. Imaginez !

Alors là, cette neige aura été le plus beau spectacle de magie blanche à n’avoir jamais eu lieu.

J’aime la magie blanche.

Ah ! Si j’étais magicien !

Joseph Facal dit :
9 février 2009 à 13 h 43 min

Cher monsieur Girard,

Vous n'avez pas tort de dire que nous avons les élus que nous méritons et je ne crois pas avoir soutenu le contraire. Au fond, j'essayais surtout de comprendre pourquoi nous en sommes venus à nous contenter de si peu.

Je ne prétends pas non plus que tous les Français détestent leur Président. Je ne parlais que de ceux que je connais. Mais il est vrai que j'évolue dans des milieux a priori mal disposés à son endroit.

Cédric dit :
9 février 2009 à 20 h 21 min

J'ai longtemps eu foi dans la politique, que les politiciens pouvaient régler les problèmes auxquels fait face notre société. Aujourd'hui je n'ai plus cette foi, mais j'ai une foi bien plus profonde en l'individu. Je ne crois pas qu'on règle grand chose dans les parlements. Là où les problèmes se règlent, c'est chez les individus. Vais-je attendre que mon gouvernement adopte une politique environnementale agressive ? non. Je recycle, je limite ma consommation, je modère mon usage de l'auto, j'encourage mes voisins à recycler, à limiter leur consommation et à essayer les transports en commun, ceci dans le sourire et souvent avec humour, et ça marche. Vais-je attendre que le gouvernement impose une taxe sur la malbouffe ? Non. J'évite la malbouffe tout seul, j'explique à mon fils tout ce qu'une bonne santé peut lui apporter de merveilleux, et tout le mal que la malbouffe peut lui faire, et ça marche. Finalement, en quelque sorte, laisser le soin au gouvernement de régler les problèmes plutôt que de les prendre à bras le corps, c'est une attitude irresponsable et qui encourage l'individualisme. Celui qui dit "je laisse le gouvernement s'occuper des changements climatiques" et qui laisse son auto pré-chauffer pendant une demi-heure l'hiver fait partie du problème plutôt que de le résoudre. Finalement, avoir la foi dans le gouvernement, c'est peut-être se déresponsabiliser. Moi j'ai foi en ce que je fais, et j'y crois, et ça marche. Les politiciens regardent les gens agir comme les vaches regardent les trains passer. Ils sont trop occupés par les soupers-bénéfices plutôt que de faire des choses concrètes pour nous. Je ne suis pas cynique, au contraire, car le sujet d'intérêt pour moi n'est pas le politicien, mais le citoyen. Le politicien, à la limite je m'en contrefiche, c'est pas lui qui va révolutionner la planète. Mais mes voisins, mes amis, mes connaissances, et leurs voisins, et amis et connaissances et ainsi de suite, tout ça pour dire "notre collectivité", ça j'y crois. Que ce soit l'âge des ténèbres dans les parlements, je m'en fous un peu, en autant que ce ne soit pas l'âge des ténèbres chez les citoyens, dans nos cités...

Magnolia dit :
9 février 2009 à 21 h 00 min

Bonjour Monsieur Facal

Quel excellent papier !

Je vous dirais , pour ne citer en exemple les éditoriaux matriarcaux de Claude Charron qui m'horripilent au plus haut point, les ineptes apparitions d'un chef de l'opposition à Dieu Merci, les affres humoristiques d'André Boisclair, l'inaction du député Arthur dans le dossier Shannon-Valcartier vaquant à TQS et au service touristique de divas fibromyalgiques : bref, je vous dirais que la "scène" politique multiplie les projecteurs mais trahit le peaufinage d'un rapport médiatique superficiel et ludique.

Le politicien d'aujourd'hui cherche à atteindre la sympathie du public certes, mais est-ce donc ce même public qui tend à le faire courir ?

Comment fait on pour redonner le droit au PLC d'exister suite aux commandites et à Maxime Bernier de reconduire l'exercice du pouvoir ... même à l'ADQ ?

Ces deux scandales ne font même plus offices de gouvernail. Révélateur.

Robert JY dit :
9 février 2009 à 21 h 17 min

Vous broyez du noir !

Il y a matière, j'en broie aussi. Si votre blogue était une boîte aux lettres, je mettrais ici l'adresse du mien qui montre qu'il y a de la couleur ailleurs qu'en politique. J'y passe de bons moments depuis peu.

Le cynisme vient avec l'âge. La population vieillit, celui-ci augmente, c'est mathématique. Sans parler du fait que nous sommes de plus en plus informés et parfois cyniquement si nous accordons une partie de plus en plus grande de notre temps disponible à l'information. Ce que l'on ne sait pas ne fait pas mal et ne donne pas lieu au cynisme.

Dans la région de la capitale, c'est au rythme de 0,3 an par année que nous vieillissons et compte tenu de l'évolution négative de notre force d'enfantement depuis 1970, ce rythme pourrait s'accélérer asymptotiquement. Au sud ouest, c'est moins pire. À l'est de Québec, c'est pire. J'ajoute un bémol: il y a de moins en moins de femmes en âge d'enfanter mais elles recourent deux ou trois fois moins souvent à la stérilisation qu'il y a 20 ans comme méthode contraceptive. (ISQ, janvier 2009)

On a les politiciens qui se portent volontaires, qui sont acceptés par les chefs de parti et qui mènent leur campagne électorale vigoureusement. La notoriété et la combativité ne nuisent pas. Exemple André Arthur, Thomas Mulcair et Pierre Paradis. La clownerie non-plus: Régis Labeaume et Nicolas Sarkozy. Un intellectuel peut encore avoir de l'attrait: Louise Beaudoin et Michaël Ignatieff. Il y en a qui se faufille: Stéphane Dion. Un sauveur: Barak Obama.

Nous ne les méritons pas, nous les élisons au meilleur de la procédure, de nos connaissances et de nos intérêts. Des informaticiens à Québec s'interrogent sur une meilleure façon d'utiliser leur technologie à des fins électorales.

TVQC dit :
9 février 2009 à 21 h 28 min

Simple la présence médiatique humanisé les politiciens et ces même médias font la une avec ce qui vend ; des scandales et des mauvaises nouvelles..

de plus certain politicien sont mis dans leur position comme pas enchantement comme cette pharmacienne qui est devenue ministres des transport et qui a mis des lois plus salé et totalement irréaliste à un tel point que même que plusieurs policiers en reviennent pas!

Fleurdelys dit :
9 février 2009 à 21 h 39 min

Monsieur Facal,

Vous dites ceci: "Dès qu’un politicien est sincère et spontané, il en paie le prix. La fois d’après, il récitera sa cassette, et renforcera d’autant notre cynisme"

Je ne suis pas d'accord avec cette affirmation. Les politiciens doivent avoir le courage d'assumer les vérités qu'ils nous énoncent, même si cela peut leur apporter quelques inconvénients d'image ou de popularité (électoraliste). C'est leur manque de courage qui est à blâmer. Croyez-vous que les mensonges sont préférables? Nous avons des gouvernements et des administrations qui utilisent le mensonge à profusion, qui cachent la vérité (on n'a qu'à voir ce qui se fait actuellement dans le dossier de la Caisse de Dépôt) lorsque leur responsabilité est mise en cause. Pourtant, ils sont redevables de leurs résultats devant nous, les citoyens, qui leur avons confié le mandat de gouverner.

Le silence et le mensonge n'existent pas que dans le monde politique, ils sont la règle dans le monde des affaires, si l'on en juge de tous les scandales qui ont eu lieu et continueront d'avoir lieu. Comment peut-on accepter ici qu'un scandale comme celui du rétrécissement catastrophique de notre "bas de laine" soit inexpliqué, comment peut-on accepter le silence de ses deux anciens présidents, dont l'un a été repêché vite fait par M. Desmarais, qui fait régner l'Omertà dans la conduite de ses affaires et l'impose à tous ses employés? Quand on connaît la puissance tentaculaire de ce dernier, il y a de quoi être sérieusement inquiet.

Il y a un tel mur du silence, au Québec, dont il faudra bien se défaire un jour. J'ai l'impression que nous devrons malheureusement défoncer ce mur, je ne sais trop comment, mais il faudra que nous parvenions à obtenir plus de transparence, et éliminer l'influence beaucoup trop grande des gens d'affaires sur la classe gouvernementale (qui est un des facteurs que vous énumérez pour expliquer le peu de contrôle qui nous reste sur la conduite de nos affaires, tout cela exacerbé par la mondialisation).

Dans un autre ordre d'idées, j'aimerais ajouter à votre liste (non exhaustive, je sais)le facteur suivant: certains chefs de gouvernement ou de parti musèlent les élus de leur parti, pour toutes sortes de raison. On l'a vu avec l'ADQ, le PC, et il se peut que le PLC adopte cette façon de faire, car Ignatieff a signifié à ses troupes que seule sa pensée serait diffusée. Y a-t-il des talents que l'on ne soupçonne pas dans ces équipes? Difficile de le dire lorsque l'on ne leur permet pas de s'exprimer, ou lorsqu'ils doivent adopter la cassette de leur patron.

Ce musèlement n'est pas attirant pour qui que ce soit ayant un tant soit peu d'envergure.

Jean Delage dit :
9 février 2009 à 22 h 00 min

Monsieur Facal,

Moi aussi, je déplore le fait que ­les politiciens se croient obligés de participer à des émissions d'humour qui dégradent leur fonction. Les mots de l'écrivain Andréï Makine me reviennent: « À un certain degré de clownerie sociale, la bêtise humaine provoque presque la compassion ».

Venise dit :
10 février 2009 à 0 h 23 min

Et si tout était mis en place pour obliger l'être humain à évoluer ?

Oublier l'assouvissement de son pouvoir personnel pour servir le bien d'un tout. Je sais, j'ai l'air d'une utopiste à parler ainsi, mais dans le passage de l'âge des ténèbres, ce genre de tunnel sans fin, il y a de ces flashs de lumière qui éclaire sa nuit.

Et pour moi, une de ces lueurs a été la table où les idées tournaient rondement autour du sujet : "Avoir de la vision en politique" avec l'essayiste Guillebaud, Pierre Curzi, Guy Corneau,Christian Dufour. J'ai partagé le cri enthousiaste de Marie-France Bazzo : on devrait être dirigé, ou conseillé, par plus de philosophes ou de psychologues ! Le propos, s'éloignant du pouvoir pour le pouvoir, l'intelligence pouvait pointer.

Vous en demandez beaucoup : Comment sortir d'un cercle vicieux qui tourne à l'âge des ténèbres, en n'oubliant pas de remonter la pente :-)

Je suggère une saine gymnastique des mots et de l'âme.

Alain Carpentier dit :
10 février 2009 à 0 h 28 min

Bonsoir M. Facal,

Vous terminez votre texte avec un « Sinon... » abyssal qui me ramène à l’essai de Jacques Attali, "Une brève histoire de l’avenir". Ainsi, est-ce que la longue marche de l’individualisme nous conduit inexorablement à la déconstruction de l’État ?

Je crains en effet que nous marchons vers une pente glissante où « des gouvernements médiocres, appuyés sur de rares fonctionnaires et des parlementaires discrédités, manipulés par des groupes de pressions, continueront à donner un spectacle de moins en moins fréquenté, de moins en moins pris au sérieux ».

Cynisme momentané ou prospectivité ?

Venise dit :
10 février 2009 à 0 h 32 min

J'oubliais, autour de cette table : VOUS !

Si un homme comme vous existe, il y a encore de l'espoir ! Là, je n'ai plus l'air utopiste, mais l'air d'une têteuse ! Qu'importe, je m'en fous, je sais que c'est sincère et je m'accommode tout à fait des modèles et des maîtres à pensée dans ma vie. Ce sont pour moi des personnes qui me brassent les idées, qui me forcent à réfléchir, qui me stimulent à croître et à croire, et vous êtes une de ces personnes, simplement, et grandement. La voie de la passion que vous empruntez, se transmets à votre voix, et ça me rejoint.

Ça fait longtemps que je voulais vous le dire, voilà l'occasion, et ça me fait du bien !

En espérant ne pas avoir fait trop mal à votre humilité !

Le contribuable fatigué dit :
10 février 2009 à 8 h 26 min

Pourquoi faut-il toujours que la population soit responsable des faiblesses du système? Nous aurions ainsi les politiciens que nous méritons? Je n'y crois guère.

N'est-ce pas le goût du pouvoir qui mène d'abord et avant tout un individu vers la carrière politique? Qu'il ait des ambitions et des rêves, n'en avons-nous pas tous? La différence est dans les moyens choisis pour y parvenir. Et on peut même reconnaitre au jeu politique que nous connaissons la valeur d'un pis-aller, voire même d'une certaine finesse, considérant les dérives des dictatures ou des systèmes totalitaires. C'est dans les intentions que la politique s'enlise généralement, car celles-ci ne sont pas souvent dans l'intérêt du peuple, mais plutôt dirigés vers des groupuscules, ou plus prosaiquement, vers le maintien des prévilèges.

Notre plus grande tare est d'être envahi par le fonctionnarisme et je suis pour ma part convaincu que le gouvernement est devenu une entité qui n'est pas loin d'être ingouvernable. La multiplication des sociétés d'état n'est tout de même pas la décision de la population, mais bien celle des politiciens qui se sont succédés depuis des lustres. Je ne doute pas que certains aient eu des intentions louables, mais il y avait les autres.....Cette multiplication a créé un boulet financier et structurel incroyable. Et la crise actuelle permet même au politiciens de jeter par dessus bord la prétention aux budgets équlibrés, si tant est que cette utopie ait jamais existé. Et voilà que se prépare des négociations où les employés de l'état nous montrerons s'ils sont solidaires des autres travailleurs; j'entretiens des doutes....

Je pense conséquemment que les turpitudes politiques ont toujours existées. Par contre, ce qui est nouveau, c'est la dérive administrative incontrôlable du gouvernement, auquel le citoyen ne peut plus faire face. Si la chose politique est dans un âge des ténèbres, le fonctionnarisme est notre Armagheddon.

Marc St-Louis dit :
10 février 2009 à 14 h 14 min

Bonjour M. Facal,

M. le président Sarkozy n'est pas un malotru. Ce qu'il a dit sur les souverainistes est vrai. C'est du moins ce que je constate moi-même depuis bien des années. Ce président est manifestement très bien informé.

Je sens que vous allez m'insulter à mon tour, alors je vous quitte en vous souhaitant une bien bonne journée.

Marc St-Louis

Yvan Gagnon dit :
10 février 2009 à 16 h 44 min

Un riche homme d'affaires ... un recteur d'université ne font pas le saut en politique; cette arène ne les attire pas, celle-ci se remplirait donc de gens médiocres et d'arrivistes. Je ne partage pas votre point de vue. De cette "élite" que vous magnifiez, ici au Québec j'en connais qui sont des personnes médiocres. Si cette "élite" avait la fibre que vous leur reconnaissez elle plongerait. On fait fausse route. Vous connaissez des gens humbles et brillants, certains font de la politique d'autres n'en font pas. Il en est de même dans tous les secteurs de la société. Le désintéressement résulte à la fois des enjeux et de la dépossession progressive des pouvoirs des élus représentant les citoyens. Ces forums nationaux ou supra nationaux ou pullulent des non-élus à la Greenspan, des génies de la finance, adeptes du libre marché et de la non-intervention de l'État ont foutu un bordel incroyable. Leur action est aussi délétère sur l'engagement. La crise alimentaire mondiale, conséquence des boursicoteurs de Chicago, est un autre exemple qu'il y a des crapules dans cette élite. Ne généralisons pas. Ce qui fait mal c'est de voir des non-élus de la Caisse de dépôt, des brillants, notre élite qui ont laissé s'évaporer 38 milliards; des milliers de cotisants vont vivre pauvre pendant que les dirigeants de la haute direction auront empoché des millions de dollars. Le rapport annuel 2007 de la CDP est éloquent. Ce qui fait mal à ceux qui font de la politique honnêtement, avec conviction et compassion, ce sont les quelques cas isolés de verreux qui reçoivent quelques centaines de milliers de dollars dans des enveloppes brunes dans des chambres d'hôtels! Triste et décevante réalité.

Lorsque le citoyen sent qu'il y a un enjeu véritable, il vote, il s'implique, les scrutins reférendaires de 80, 92, 95 en témoignent; nos voisins du sud ont voté en grand nombre récemment ils espèrent un changement. C'est la voie de sortie pour l'âge des ténèbres!

Marie Bouchard dit :
10 février 2009 à 18 h 01 min

Bonjour!

Ce que je retiendrai le plus de vos interventions, c'est ce membre de phrase magnifique pour qualifier les fêtes sur Les Plaines : LE QUÉBEC EST EN PANNE DE DIGNITÉ.

Je ne crois pas que le Québec soit en panne de dignité mais il est contrôlé et dominé de l'extérieur.

Je ressens, plus que jamais, la nécessité et l'urgence de l'indépendance.

Merci de militer en ce sens!

Marie Bouchard

Robert Lachance dit :
10 février 2009 à 20 h 41 min

@ Le contribuable fatiQué,

D'autres diraient pour faire copain ou office que vous avez la "plotte à terre", moi je dis que vous avez une façon de voir qui mérite attention. À L'Île d'Orléans, on disait la fale basse. (le jabot bas)

Il faut revenir à la base du sens de la vie et à ce sujet, quoi de mieux que la chanson de Ricet Barrier, Les spermathozoïdes. Je ne mets pas le lien pour les paroles, vous saurez vous débrouiller si l'intérêt est suffisant. Je ne sais pas ce que Charles de Gaulle en pensait. Une chanson vaut 1000 mots, Michel Barrette pourrait ajouter, minimum.

https://www.paroles-musique.com/paroles-Ricet_Barrier-Les_Spermatozoides_Les_Trois_Cents_Millions-lyrics,p53696

À date, la vie est un combat. La gouvernance aussi. Est-ce possible de faire mieux, une résolution de problème peut-être?

À ma connaissance, la différence entre les démocrates et les totalitaires est que les premiers se battent entre équipe. Deux, c'était intéressant. Les autres se battent à l'intérieur d'une seule équipe. C'est dangereux et c'est mauvais pour les brasseries. Plus de deux demande une ligue, une autre organisation que l'actuelle.

D'accord pour le boulet financier et structurel.

Armagheddon. Je note que Wikipedia en dit que "On utilise fréquemment ce mot pour désigner des batailles catastrophiques ou d'ampleur planétaire."

Lesdents dit :
10 février 2009 à 22 h 40 min

M. Facal,

je partage votre analyse à certains égards.

Par contre, votre texte suggère que le recteur d'université ou l'homme d'affaire riche ferait nécéssairement un meilleur député qu'un ex-attaché politique. Ceci suggère également que vous ne tenez pas en très haute estime les attachés politiques. J'ai peut-être mal compris le sens de vos propos, mais si j'étais attaché politique, je me sentirais un peu froissé... Je lis peut-être mal votre texte.

Je pense comme vous que l'expérience a sa valeur. Par contre, je constate que Pierre Reid, recteur d'université pendant 9 ans, a fait un piètre ministre. Je constate que Paul Martin, Sam Hamad ou Belinda Stronach ne sont pas des exemples de réussite, de leadership et d'intégrité en politique même s'ils sont issus du monde des affaires.

Et je remarque que Louise Beaudoin ou Joseph Facal, l'une ancienne directrice de cabinet et l'autre relativement inexpérimenté à son arrivée en politique, ont été de bons députés.

Finalement, je pense que malgré tout, il y a d'excellents éléments au Parlement. Mais il y manque peut-être un peu du courage politique et du goût de l'innovation propre aux sociétés jeunes (une société vieillissante est moins propice à cela). Difficile d'être courageux quand on est élu par des vieillards...

Mathieu Vaillancourt dit :
10 février 2009 à 23 h 14 min

M. Facal,

Je vous lis depuis quelque temps et je dois dire que je trouve vos idées très lucides dans la mesure où elles ne sont pas uniquement dictées par votre idéologie politique. Cependant, je dois dire que la politique n'est pas quelque chose de facile et cela en particulier avec l'impact grandissant des médias qui sont la véritable opposition aux gouvernements de nos jours. Bien entendu, je trouve que le problème principal est que la société (et cela pas seulement dans le monde occidental) a tendance à trop vivre sur des généralisations ou sur un parti pris (qui est impossible à cacher entièrement en tant qu'être humain) qui sont monnaie courante dans notre monde où que des idées considérées comme non-orthodoxes ou divergeantes sont considérées comme noyées d'un conformiste qui est souvent dicté par les médias quelles soient leurs allégeances.

Je vous recommande de lire 1984 de George Orwell et de bien vérifier l'impact des médias de masse dans cette société.

Pour ce qui est de Sarkozy, je crois qu'il est un peu comme Reagan, un type qu'on aime beaucoup ou qu'on déteste beaucoup.

AlainQc dit :
11 février 2009 à 0 h 51 min

Monsieur Facal,

Vous avez bien décrit, en partie, la désaffection du peuple pour leurs élus. Le cynisme a remplacé l'analyse sérieuse des gestes et des décisions d'un gouvernement qui ne peuvent pas plaire à tous, bien évidemment. Mais il faut bien décider quelque chose un jour si on veut bouger dans le sens d'un meilleur bien-être de la population ou selon ce qui nous semble être la meilleure solution pour un cas déterminé. Si on ne décide pas ou si on ne veut pas décider (pour ne pas déplaire), on fait des études, puis une autre étude pour analyser la première, et ainsi de suite. Et après 4 ans de pouvoir, rien d'important n'a été décidé. Les seules décisions qui ont été prises sont très mineures quant à l'impact réel sur une population. Exemple: une commission Bouchard-Taylor qui voulait montrer qu'on voulait réagir promptement aux accusations de l'opposition officielle. Depuis, rien, la grogne s'est estompée, le peuple est satisfait car il a pu se défouler en crachant toutes sortes d'inepties sans vraiment comprendre la racine du mécontentement. Vous savez que la commission qui a étudié l'effondrement du viaduc de la Concorde a coûté plus cher que sa reconstruction. Et voilà un autre exemple d'argent gaspillé car tous ou presque connaissaient déjà les conclusions avant même que l'enquête ne commence. Enfin pour finir sur le cynisme des gens envers les politiciens, le peuple veut un spectacle, les gens veulent sentir les politiciens près d'eux (en participant à une émission populaire par exemple). En contrepartie lorsque le politicien fait des promesses ou parle de ses objectifs, on dit qu'il "parle la langue de bois". Vous savez, les gens préfèrent se faire mentir mais ne veulent pas le savoir. Ils aiment les promesses ronflantes même s'ils savent qu'elles sont impossibles à tenir. Quand on dit qu'on a les politiciens qu'on mérite, on n'est pas loin de la vérité. Lorsqu'il y en a un bon et sincère (comme Parizeau et d'autres), on dit qu'ils sont snobs, on dit "qu'ils ne sont pas comme nous autres". Je pense que les peuples occidentaux (non seulement ici) se plaisent désormais dans la superficialité et la médiocrité, rien qu'à voir ce que les gens écoutent à la télé. Là c'est vrai je vais finir en disant que certains animateurs dits populaires ont fait énormément de tort aux politiciens, en attaquant leur intégrité, en dénigrant leur personne, en disant n'importe quoi, juste pour attirer une meilleure cote d'écoute. Parmi ceux-ci, il y en a un qui est devenu politicien lui-même à Ottawa. Il fait maintenant partie de ceux qu'il dénigrait constamment. Y comprenez-vous quelque chose ?

marielou dit :
14 février 2009 à 13 h 00 min

Bonjour, il y a plusieurs personnes de ma connaissance qui ont travaillé dans plusieurs secteurs politiques= municipal,provincial, fédéral, ils ont donné de leur temps ,en pensant,aider leur prochain,---mais ils se sont aperçu que cela ne donnait rien, ils ont travaillé avec ardeur et avec tout leur coeur ----- Ils se sont fait crié des noms par de purs étrangers qui ne savaient pas tout le travail obscur que cela demandait pour bien finir un projet exigeant,et aujourd'hui, ils ne veulent rien savoir des gens politiques et des contribuables, quoi bon travailler de longues heures sur un projet sociétable quand , déjà, en partant la rumeur publique défait ce dit-projet,,ceux qui ont perdus leurs élections ont aussi perdus ,parfois, leur maison et leur famille,---c,est aussi difficile pour l'entourage des ces personnes qui doivent endurer les moqueries des purs étrangers, j'Ai un beau frère qui a travaillé dans le gouvernement du PQ, il avait les recherches à faire pour le cabinet d'un tel ministre et quand cela marchait ,le ministre avait toutes les félicitations des gens et si cela ne marchait pas, c'étaient ceux qui avaient travaillé de longues heures pour rien et meme pas pour un merci,,qui ramassaient les critiques du ministre, du sous-ministre, du sous-ministre adjoint etc etc,,la politique c'est cruel pour rien, merci

Valérie dit :
14 février 2009 à 17 h 50 min

Bonjour, après avoir lu tous les commentaires, je n'arrive toujours pas à m'expliquer pourquoi j'ai les élus que je mérite ! En fait, je serais plutôt tentée de dire que j'ai les élus qu'on me permet d'avoir. Avec notre système électoral actuel, les tiers partis n'ont pratiquement aucune chance. De ce fait, mon vote est toujours perdu. Je continue tout de même d'aller voter parce que contrairement à d'autres, je crois encore que les politiciens, s'ils le désirent vraiment, peuvent faire une différence. L'action citoyenne est certes très importante, on ne peut tout attendre du gouvernement sans s'engager individuellement mais je ne vois pas ce qui m'est possible de faire pour contrer la pollution des grandes entreprises, la pauvreté croissante, le manque de logements, les pertes d'emplois, la vente de notre histoire et de notre économie à l'étranger (ex.: LaBaie, Alcan,...). Certains problèmes ne peuvent être réglés que par une volonté politique ferme qui refuse d'être à la solde des lobbys et des riches entreprises. Selon moi, l'un des graves problèmes ici est le mode de scrutin. Si, on se décidait enfin à prendre la voie de la réelle démocratie, les idées circuleraient davantage, les compromis en faveur des citoyens et non justes des riches entrepreneurs existeraient et surtout, je crois que la population serait plus encline à exercer son droit de vote en sachant qu'il n'est pas qu'illusion. Dans certains comptés, voter est pratiquement inutile (les fameux châteaux forts). Si les élus se décidaient à faire la réforme, se jeter dans l'arène politique serait beaucoup plus inspirant.Nous pourrions enfin dire que nous avons les élus que nous méritons ! en terminant, je vous invite à aller voir ce site: www.democratie-nouvelle.qc.ca Bonne fin de journée

Normand ajoindre dit :
15 février 2009 à 12 h 57 min

Bonjour Monsieur Facal,

Je suis d'accord avec les idées que vous nous avez présentées dans votre chronique. Votre analyse et vos conclusions m'apparaissent tout à fait justes.

Beaucoup d'aspects dans cette nouvelle réalité de la scène politique m'amènent à réfléchir sur les nouvelles attitudes des acteurs, i.e. les candidats, les élus et les électeurs (ou la population). Je cherche à comprendre.

Je crois comprendre que ce qui retient notre attention se situe sur les perceptions et les relations chez chacun de ceux-ci.

La relation a changé et nous nous demandons "comment l'un perçoit-il l'autre ?"

- La population se méfie des dirigeants (les élus).

- Le élus savent que la population est méfiante à leur égard et vis-à-vis les dirigeants dans le gouvernement en général.

- Un grand nombre de gens parmi les élus sont d'avis que la population est incapable de comprendre les enjeux et toutes les implications reliés aux dossiers complexes comme, par exemple, les accommodements raisonnables, les manipulations génétiques, le réchauffement climatique. Et qu'elle n'est pas prête à investir plus de x minutes pour acquérir les connaissances qu'il faut pour comprendre un dossier ou se familiariser davantage avec la problématique parce que les individus dans leur vie sont aux prises avec trop de situations accaparentes et qu'ils manquent de temps et d'énergie (stress, fatigue). Et peut-être même d' "instruction".

- Un grand nombre de personnes qui pourraient être de bons candidats pour aider leur concitoyens par leur implication, ne bougeront pas à cause des possibilités d'avoir à lutter contre la diffamation, les insultes, les rumeurs, les fausses insinuations ou accusations suite aux initiatives des adversaires et de celles du journalisme créatif et, ainsi, avoir à s'investir trop pour essayer de rétablir la vérité et défendre leur réputation avec le risque (surtout à cause du journalisme créatif) de ne pouvoir jamais y parvenir.

- Pour certains individus dans la population, leur engagement politique est tellement fort, qu'ils éprouvent une satisfaction face aux problèmes qui surviennent, exemple: la Caisse de dépôt, ou le déficit qui s'annonce, car ceux-ci nuiront au parti au pouvoir et aidera le leur.

- Comment une personne se sent-elle quand elle réfléchit à devenir candidate ou que pensent les gens vis-à-vis les canditats quand on en vient à croire que pour avoir des chances de remporter la victoire, une campagne doit être menée avec des stratégies dans lesquelles on retrouve en très grande quantité le subterfuge et le mensonge ? Certaines personnes se sentent bien là-dedans, surtout ceux qui pensent qu'il ne s'agit que d'avoir le verbe facile pour faire de la politique et qui ne veulent pas manquer l'occasion de peut-être voir leurs revenus (salaire, avantages sociaux et compte de dépense) augmenter de 20% à 60%.

Je ne pense pas que cette conjoncture soit très favorable au bien de notre société.

Michel Marceau dit :
25 février 2009 à 17 h 09 min

À l'université j'admirais la qualité des tes réflexions et de ta culture. Depuis ton départ de la politique active le coté fédéraliste en moi se réjouit, alors que le patriote se désole de voir le meilleur élément du PQ sur le banc de touche. Je crois qu'il serait utile que tu retourne à l'assemblée nationale.