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Une thérapie sur roues à New York!

Fabio Peralta garde une trace de tous ses passagers en les faisant dessiner. Il a accumulé 8 000 dessins.
Photo Marie-Joëlle Parent Fabio Peralta garde une trace de tous ses passagers en les faisant dessiner. Il a accumulé 8 000 dessins.

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NEW YORK | Il aurait voulu être un artiste, mais faute de talent, il fait maintenant dessiner ses clients. Entrer dans le taxi de Fabio Peralta, ce n'est pas la routine. Le chauffeur a transformé le siège arrière de sa voiture en studio d'artistes. En deux ans, il a déjà accumulé près de 8 000 dessins.

La plupart des chauffeurs de taxi new-yorkais parlent au téléphone cellulaire et zigzaguent dans le trafic sans se soucier de leurs passagers. Fabio Peralta, lui, évite les nids-de-poule et freine en douceur. Après tout, qui sait quel chef-d'oeuvre lui réserve son prochain client?
Ils sont plus de 12 000 taxis jaunes à Manhattan et Fabio affirme être le seul à garder une trace de ses passagers.
Ça fait 40 ans qu'il sillonne les rues de New York. Il y a deux ans, il en a eu marre de la même routine. Il a eu l'idée simple, mais brillante, de demander à chacun de ses passagers de lui faire un dessin.
J'ai passé quelques heures sur le siège avant de son taxi à la recherche de clients dans les rues de MidTown pour le voir à l'oeuvre. Un client pressé en veston cravate monte à bord, le nez dans son téléphone cellulaire.
Au premier feu rouge, il se retourne et lui donne une planche à dessin et un stylo. « Pourriez-vous me dessiner quelque chose », dit-il avec un fort accent dominicain. « What for? » répondent la plupart des clients, avant de succomber à ces plaisirs réservés à l'enfance.
Peu de refus
Ceux qui refusent sont rares. La plupart des hommes d'affaires sont surpris, mais finissent par laisser tomber leur Blackberry et se mettent à l'ouvrage, concentrés, en silence, comme s'ils oubliaient, le temps d'un trajet, leur stress quotidien. Sans le savoir, Fabio a inventé une forme de thérapie sur roues en plein milieu de cette jungle urbaine.
Pourquoi faire ça Fabio? « On se sait jamais qui va rentrer dans mon taxi et ce qu'ils vont devenir dans le futur, je garde des traces », dit ce fan d'Obama. Il dit avoir été inspiré par le Président quand il s'est lancé en campagne électorale. « J'ai réalisé que l'on peut devenir qui l'on veut », dit le résident de Queens.
Dans les 8 000 dessins accumulés à ce jour, quelques-uns sont très réussis, comme ce portrait d'Obama « dédidacé ». Il y a du talent dans les rues de New York. Par contre, dessiner dans une voiture en marche n'est pas la chose la plus facile. Certains dessins sont très osés. Des clients choisissent de se vider le coeur et écrivent des confidences. Fabio ne les lit pas, « ce sont leurs affaires ».
« American Dream »
Il a imprimé deux recueils avec les meilleurs qu'il remet en cadeau aux clients qui acceptent d'être filmé pendant 30 secondes. C'est son nouveau dada, il a accumulé 243 témoignages. Il espère en faire un film qu'il soumettra au Festival du film de TriBeCa. Fabio commence à être remarqué par les médias new-yorkais, rien n'est impossible. Il se voit rien de moins que sur la scène du Kodak Theatre pour recevoir un Oscar. À chacun son « American Dream »!
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