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Adolescent poignardé

«Kevin, c'était le clown du groupe»

La police a dû refouler plusieurs jeunes qui s'étaient massés sur les lieux du drame.
© Agence QMI/Karl Tremblay La police a dû refouler plusieurs jeunes qui s'étaient massés sur les lieux du drame.

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«J'ai déjà dit à Kevin qu'il allait devoir apprendre à fermer sa gueule. Que ça allait mal virer un jour.»

Qu'à cela ne tienne, Louis-Félix Côté-Rivard ne s'attendait tout de même pas à ce que son ami se fasse «piquer», comme ça, en descendant tout bonnement de l'autobus un dimanche après-midi.

Pour lui comme pour les autres jeunes du quartier Les Saules qui gravitent autour de la maison des Jeunes, l'assaillant de Kevin Duquet ne devait certainement pas avoir toute sa tête et être complètement «frosté» pour poignarder quelqu'un sans motif sérieux apparent.

«Quand tu te promènes avec un couteau dans un sac de chips, c'est sûrement parce ce que t'as l'intention de t'en servir. Ça a été Kevin, c'aurait pu être quelqu'un d'autre. C'aurait pu être moi si c'était moi qui étais descendu du bus», a laissé tomber le jeune homme de 19 ans alors que, à ses pieds, le sol est encore maculé du sang de son ami.

«J'en reviens juste pas», ajoute le jeune homme. Hier, dans les minutes qui ont suivi le meurtre, les cellulaires de la bande d'amis se sont mis à sonner.

«Je ne le croyais pas, mais j'ai été ben obligé d'le croire, raconte le jeune Côté-Rivard. Kevin c'était le clown du groupe.»

Visiblement ébranlé par la nouvelle de la mort de Kevin Duquet, agrémentée d'une nuit sans sommeil, le jeune Coté-Rivard explique qu'ils sont plusieurs du même âge à trainer leurs savates près de la maison des Jeunes.

«On fait pas de mal. On prend une bière, on fume un joint, sans plus. C'est notre point de rassemblement.»

Malgré l'étonnement et l'incrédulité face à la violence du geste posé à l'endroit de son ami, le jeune homme dit ne pas être étonné outre mesure que d'autres jeunes se promènent armés d'un couteau.

Puis un nom circule. Celui du présumé assassin. Personne ne semble le connaître.

Puis un surnom. Des yeux s'agrandissent et des langues se délient.

Tout le monde semble le connaître de nom et certains assurent même le connaître.

«Je lui ai parlé deux ou trois fois et ça a été correct. Il se promène souvent avec ses chiens et on a l'impression qu'il se prend pour un petit caïd, laisse tomber le jeune Côté-Rivard. Il est gros comme une crevette.»

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