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Corruption - Enquête

Les ingénieurs veulent trouver les «pommes pourries»

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Si la réputation des ingénieurs en a pris pour son rhume depuis un an avec tous les scandales dans le monde municipal et celui de la construction, ce n'est qu'à cause de quelques «pommes pourries» dans la profession.

C'est du moins l'opinion de François Granger, président de Réseau des ingénieurs du Québec, qui s'appuie sur un sondage mené en décembre auprès de 2 376 ingénieurs de la province.

«S'il existe un système organisé (de collusion, corruption), on aimerait bien identifier les responsables. On voudrait bien que les pommes pourries soient trouvées et retirées du panier», a déclaré M. Granger, hier.

D'ailleurs, huit ingénieurs sur dix souhaitent comme lui que le gouver nement du Québec déclenche une commission d'enquête pour faire la lumière sur toutes les allégations de cor ruption (voir autre texte), tout comme l'Ordre des ingénieurs d'ailleurs.

Pas la tête dans le sable

Le Réseau des ingénieurs du Québec a vainement tenté de trouver un ingénieur prêt à parler ouvertement de cette question, hier, mais en vain. Le sujet reste tabou.

Le Journal a parlé a un jeune ingénieur, qui a passé sept ans à l'université pour un salaire qui n'a rien d'extravagant, et qui est en furie de voir autant de travail saboté de la sorte dans l'opinion publique.

«Il y a une tache sur la profession, c'est certain. Faudrait qu'il y ait une couple de têtes qui tombent et même qu'il en ait qui fassent de la prison», a dit ce père de famille qui a requis l'anonymat.

Six ingénieurs sur dix estiment que leur réputation est entachée à la suite des différentes révélations impliquant surtout des grandes firmes de génie-conseil dans des magouilles destinées à obtenir des contrats de consultation pour des travaux de construction, principalement dans le monde municipal.

Oui, ça existe

Les ingénieurs ne se mettent pas la tête dans le sable, ils savent fort bien que certains d'entre eux n'ont pas les mains propres et manipulent des enveloppes brunes.

Dans ce sondage mené sur Internet, pas moins d'un ingénieur sur cinq affirme d'ailleurs que l'entreprise pour laquelle il travaille, ou pour qui il a déjà travaillé, a été confrontée à un cas de favoritisme. Ce pourcentage atteint presque quatre ingénieurs sur dix lorsqu'on interroge ceux qui oeuvrent dans le domaine du génie civil.

«Oui, c'est très inquiétant», estime François Granger.

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