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La chronique de Jean-Marc Léger

Jouer pour gagner

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Mon grand-père a été croupier dans une barbotte dans les années 1920. Vous savez, ce genre de tripot où les malfamés de notre société venaient parier leur dernière chemise? Vous souvenez-vous, à une autre époque, des pools de sport arrangés, des sweepstakes irlandais douteux et des machines à sous louches contrôlés par la pègre ?

Eh bien, cette époque est de retour avec l'avènement des jeux en ligne. C'est la jungle totale, ou vous pouvez parier sur plus de 2000 sites Internet plus ou moins illicites.

Prenons le poker, par exemple. Au Québec, une personne sur sept joue au poker et 5% ont déjà joué en ligne sur un site Internet. Cela représente environ 285000 personnes, dont une majorité de 18 à 34 ans. Et la tendance est exponentielle.

L'augmentation de l'offre de jeu n'est pas une nouvelle réjouissante, mais puisque nous ne pouvons empêcher sa croissance, notamment avec l'avènement des nouvelles technologies, assurons-nous de bien la contrôler. L'implication de Loto-Québec est essentielle pour civiliser cette offre de jeu et assurer que les profits reviennent plutôt dans les poches des contribuables.

MAÎTRE DU JEU

Je ne suis pas un joueur et je n'ai jamais joué sur Internet, mais je n'accepte pas que chaque fois que Loto-Québec, Hydro-Québec ou la SAQ annoncent un projet d'envergure, il y ait toujours une flopée de groupes critiquant ces décisions, prétextant que ces entreprises ne pensent qu'à faire de l'argent. On les accuse du crime odieux de faire des profits et de créer de la richesse.

Préférez-vous que des organisations mafieuses contrôlent cette nouvelle industrie ou plutôt que Loto-Québec, une institution responsable, impose ses règles et distribue les profits à la société québécoise ?

MISE EN JEU

Loto-Québec retourne plus de 1,3 milliard de dollars, Hydro-Québec près de 3 milliards et la SAQ, 800 millions au gouvernement, soit plus de 5 milliards réinvestis dans les services au citoyen. Bien encadrées, ces sociétés d'État sont utiles au Québec.

Ce sont des organisations performantes, novatrices et reconnues dans le monde. Elles créent des emplois bien rémunérés, des expertises uniques, des technologies nouvelles et ouvrent le monde à une nouvelle génération de dirigeants et d'entrepreneurs.

Mon grand-père disait que plus on devient fort, plus on est vulnérable. Parce qu'au Québec, il y a deux choses d'inacceptables aux yeux de certains : l'échec et... la réussite. Si tu échoues, on te traite de minable et si tu réussis, on te traite de voleur.

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