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Meurtre d'une prostituée

30 ans plus tard, il écope huit ans de prison

Gilles Gagnon
© Agence QMI Gilles Gagnon

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QUÉBEC - Gilles Gagnon, 72 ans, accusé en 2008 du meurtre d'une prostituée dans le secteur Saint-Roch, à Québec, en juillet 1979 a écopé jeudi d'une sentence de huit ans de pénitencier plus de 30 ans après les faits.

Le 21 juillet 1979, Lizette Bélanger, 23 ans, est retrouvée sans vie dans son logement de la rue Lacroix (aujourd'hui Vaisseaux-du-Roi). La scène est troublante. La jeune prostituée qui a été étranglée a une importante quantité de tabac et de papier à rouler enfoncée dans la bouche. Ce qui ressemble à une brosse à cheveux a été introduit dans son rectum tandis que des cosmétiques de toute sorte ont été introduits dans son vagin. Le corps de la jeune femme porte d'autres marques de violence.

Jouissant d'un alibi solide, l'homme n'avait pas été accusé à l'époque. Mais voilà que seulement neuf jours plus tard, il poignardait à mort sa conjointe de l'époque, Thérèse Bilocq, crime pour lequel il recevait une sentence de neuf ans de pénitencier après avoir plaidé coupable à un homicide involontaire.

À sa sortie de prison, et même pendant son incarcération, Gagnon a adopté un comportement qualifié de quasi exemplaire, de telle sorte qu'il s'est retrouvé une conjointe qu'il a accompagnée jusque dans la mort des suites d'un cancer.

C'était sans compter qu'en 2008, l'homme a été dénoncé par son propre fils pour l'assassinat de Lizette Bélanger, crime qu'il a caché pendant près de 30 ans.

Accusé de meurtre au premier degré, Gilles Gagnon a plaidé coupable en juin 2009 à une accusation réduite d'homicide involontaire.

Le rapport présentenciel évoqué par la juge Bouillon lors du prononcé de la peine parle d'un homme présentant peu de remords et d'empathie pour sa victime et qui tente de minimiser les faits par un problème de consommation d'alcool et de drogue, un individu hyper sexualisé qui perçoit les femmes comme devant satisfaire ses désirs. Pour elle, l'introduction de cosmétiques dans le vagin de sa victime est un symbole de la colère que l'accusé témoignait envers les femmes.

Sur le plan psychiatrique, Gilles Gagnon a une personnalité narcissique et anti sociale et a de la difficulté à gérer sa grande charge de violence, selon des experts consultés au fil des ans.

Mais les 30 ans de bonne conduite depuis les faits ne peuvent faire oublier la gravité de la faute, rappelle la juge Bouillon qui l'a condamné à huit ans de pénitencier. En soustrayant le temps préventif déjà effectué, Gilles Gagnon devra passer les 62 prochains mois derrière les barreaux.

Pour la famille de la victime, cette condamnation signifie que Lizette Bélanger, qualifiée de discrète et d'effacée, pourra enfin reposer en paix. En évoquant la mémoire de la mère de Lizette Bélanger, qui a sombré dans une dépression qui l'a conduit au suicide, la soeur de la victime, Michelle Bélanger, a éclaté en sanglots.

À l'instar de la famille, le procureur de la couronne, Me René Verret a souligné l'humanisme dont la juge Bouillon a fait preuve dans son appréciation de la cause.

Quant au procureur de la défense, Me Rénald Beaudry, il s'est abstenu de tout commentaire.

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