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Incendies | Chambly

L'éco-terroriste libéré

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Dans sa vie de tous les jours il était comédien. La nuit venue, il se transformait en pyromane et incendiait des machineries lourdes sur des chantiers de construction. Hier, après cinq jours passés en prison, le jeune éco-terroriste a imploré le juge de le sortir des cellules.

«Je suis prêt à faire n'importe quoi pour ne pas retourner en prison», a dit le jeune Joël Hamel-Hogue, 19 ans, au juge Marc Bisson.

Sans antécédents, arrêté au terme d'une enquête de 11 mois, il se présentait pour une toute première fois devant un tribunal. Il risque pas moins de 14 ans de pénitencier.

«On n'entend pas à rire avec ce genre de dossier», a dit le juge à l'intention de l'accusé, qui subissait, hier son enquête sur remise en liberté.

On accuse Hamel-Hogue d'avoir incendié des pelles mécaniques, des grues et autres machineries, à cinq reprises, sur des chantiers de construction, entre août 2009 et mars 2010.

On évalue les dommages à 1,5 M$.

Chantiers près de chez lui

Fait particulier, tous les chantiers attaqués se trouvaient à moins de cinq minutes de chez lui, à Chambly. Dans tous les cas il laissait des graffitis étalant ses convictions écologiques, du genre «Stop planet destruction».

«Il semble que vous ayez des problèmes avec le développement...», a dit le juge Bisson.

Il cassait les vitres des véhicules et craquait une allumette dans un accélérant.

En mars dernier, il a laissé des empreintes digitales très nettes. Un juge a forcé Hamel-Hogue à fournir ses empreintes digitales pour fin de comparaison.

Soumis à un interrogatoire sur vidéo, il a avoué tous les crimes, a dit le procureur.

Comédien de talent

Rien ne prédestinait pourtant le jeune comédien à de tels crimes.

Comédien talentueux, il jouait le rôle de Lélio, un charmeur de dames plutôt raté, dans la pièce Les cancans, au café théâtre de Chambly, cet été.

«Tout le monde a été assez surpris, ici, dit le directeur de la pièce, Jean-Alexandre Côté. Il ne donnait pourtant pas l'impression de bouger tellement.»

Selon lui, il n'a jamais évoqué sa hargne contre le développement urbain.

Hier, sa mère a accepté de verser une caution de 2 500 $.

Le juge lui a imposé un couvre-feu de 21 h à 7 h, lui a interdit de sortir sans ses parents, le jour, sauf pour aller jouer au théâtre. Il devra enfin consulter un psychologue au CLSC d'ici une semaine.


* La cause de Joël Hamel-Hogue reviendra devant le tribunal le 29 septembre.

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