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«On n'est pas des hors-la-loi» - Dr Pierre Ranger

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Le directeur médical de la Clinique chirurgicale de Laval, le Dr Pierre Ranger, soutient que le recours au gymnase pour faire passer des patients est tout à fait légal. Il pointe du doigt les difficultés d'accès au bloc opératoire du réseau public pour réclamer un plus grand recours au privé.  

«On se bat pour essayer d'avoir plus d'accessibilité au public. Il y a un problème de listes d'attente», soutient l'orthopédiste qui pratique une journée par deux mois à la clinique privée. «Je travaille à Sacré-Coeur depuis vingt ans. Il y a quatre ans, j'avais six jours par mois, maintenant, je n'en ai que deux quand ils ne sont pas annulés à la dernière minute. » 

Permettre de travailler au privé ?

Selon lui, les médecins de la clinique chirurgicale privée de Laval ne travail-lent pas au détriment du réseau public. «On fait cinq journées pour six chirurgiens (au privé). Ce n'est même pas une journée chacun par mois.» 

Le Dr Ranger estime que le ministère de la Santé devrait permettre aux chirurgiens de faire un pourcentage de leur rémunération au privé comme cela se fait notamment en France. «Ça se fait déjà en physiothérapie ou en résonance magnétique pour ceux qui ont des assurances. Ça désengorge le (système) public pour ceux qui ne sont pas assurés», soutient-il. 

À cause de l'engorgement

Le chirurgien qui compte plus de 20 ans d'expérience estime que si on ne permet pas de faire ce choix, il pourrait revoir sa participation au système public, même si ce n'est pas ce qu'il souhaite. Cinq orthopédistes se sont ainsi désaffiliés dans les dernières années selon lui. 

«Si on est obligés de faire un choix, ceux qui sont le plus en demande vont peut-être choisir de se retirer. On ne devrait pas être vus comme des hors-la-loi, on devrait être vus comme des partenaires », soutient-il. 

D'après lui, certaines interventions mineures pourraient facilement être faites en dehors des hôpitaux. «Nos hôpitaux seraient moins engorgés.» 

Si la Clinique chirurgicale de Laval ne s'est jamais livrée à cette pratique dans le passé, c'est simplement que les listes étaient plus acceptables, conclut-il.