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Des condoms en prison

Le pénitencier fédéral Leclerc, de Laval, est parmi les 10 prisons fédérales à investir le plus d'argent pour fournir des préservatifs à ses détenus.
©Journal de Montréal/Jocelyn Malette Le pénitencier fédéral Leclerc, de Laval, est parmi les 10 prisons fédérales à investir le plus d'argent pour fournir des préservatifs à ses détenus.

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Le gouvernement fédéral dépense des dizaines de milliers de dollars par année pour fournir des condoms aux détenus de ses pénitenciers. Et près de la moitié de cette somme est consacrée aux prisons ontariennes, révèlent des documents obtenus grâce à la Loi d'accès à l'information.

Au cours des années financières 2008-2009 et 2009-2010, la cinquantaine d'établissements carcéraux fédéraux a acheté pour près de 120 000$ de préservatifs pour permettre à ses quelque 14 000 détenus d'avoir des relations sexuelles protégées.

Parmi les prisons qui ont dépensé les montants les plus importants pour les condoms, on retrouve plusieurs établissements qui offrent des programmes de traitement des délinquants sexuels.

C'est le cas notamment de la prison Pittsburgh, de Joyceville, près de Kingston, en Ontario, qui a déboursé près de 19 000$ en condoms en deux ans pour moins de 200 détenus.

Au Québec, c'est le pénitencier de Port-Cartier, sur la Côte-Nord, qui achète le plus de condoms. Cette prison offre aussi un programme de traitement des délinquants sexuels.

Fait à noter, même les centres de détention pour femmes achètent des condoms. C'est le cas de l'établissement Grand Valley pour femmes de Kitchener, en Ontario, qui a fourni pour 2 664 $ de condoms à ses 127 détenues.

Beaucoup de cas de sida

La distribution gratuite et discrète de condoms dans les prisons fédérales a débuté en 1994, après la divulgation du rapport d'un comité national d'experts sur le sida à l'intérieur des centres de détention. Ce comité avait émis une liste de 88 recommandations à l'intention des autorités carcérales fédérales et provinciales. L'une de ces recommandations était de rendre disponibles, facilement et de manière discrète, des condoms et des lubrifiants «sans que les détenus aient à les demander».

Une étude dévoilée en mars dernier par les Services correctionnels du Canada indiquait que 4,6 % des prisonniers fédéraux étaient atteints du VIH, alors que 31% avaient contracté le virus de l'hépatite C. Plus de 3300 détenus avaient été interrogés, en 2007, dans le cadre de cette étude.

Ces taux d'infection au VIH et à l'hépatite C sont beaucoup plus élevés que dans la population en général, 15 fois plus dans le cas du VIH et 39 fois plus élevés pour le virus de l'hépatite C.

* Une autre étude réalisée en 1995 pour les Services correctionnels révélait qu'environ 6 % des détenus admettaient avoir eu des relations sexuelles avec des codétenus.

Avec la collaboration de notre recherchiste Jonatan Larochelle

* * *

Des milliers de dollars de condoms

(montants dépensés pour l'achat de condoms par des institutions carcérales canadiennes)

TOTAL POUR LE CANADA

(du 1er avril 2008 au 31 mars 2010) 119 756 $ Ontario 59 564 $ (3 581 détenus)

Québec

24 981 $ (3 153 détenus)

Pacifique (C.-B. + Yukon)

13 813 $ (1 817 détenus)

Prairies (Man., Sask., Alb.)

13 293 $ (3 430 détenus)

Atlantique (N.-B., I.P.E., T.-N., N.-É.)

8 104 $ (1 367 détenus)

Les prisons qui utilisent le plus de condoms

1. Pittsburgh, Joyceville, ONT

18 849 $ (195 détenus)

2. Fenbrook/Beaver, Gravenhurst, ONT

18 457 $ (575 détenus)

3. Port-Cartier, Port-Cartier, QUÉ

6 250 $ (151 détenus)

4. Warkworth, Campbellford, ONT

5 060 $ (576 détenus)

5. Joyceville, Joyceville, ONT

4 925 $ (490 détenus)

6. Springhill, Springhill, N.-É.

4 000 $ (456 détenus)

7. Leclerc, Laval, QUÉ

3 780 $ (505 détenus)

8. La Macaza, La Macaza, QUÉ

3 245 $ (243 détenus)

9. Matsqui, Abbotsford, C.-B.

3 168 $* (356 détenus)

10. Stony Mountain Inst., Winnipeg, MAN

2 880 $ (570 détenus)

* de sept. 2009 à mars 2010

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