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Police

«Irrégularités» sous enquête

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«On ne veut plus jamais revivre une situation comme on a vécu là», dit l'assistant-directeur Sylvain Brouillette, qui a admis, hier, que des «irrégularités» avaient été commises dans une enquête de violence conjugale qui s'est soldée par le meurtre de la plaignante. Une enquête interne a été ordonnée.

Comme le révélait en primeur le Journal de Montréal en début de semaine, la police a confirmé, hier, qu'aucun enquêteur n'a pris contact avec Marie Altagracia Dorval après sa déposition, dans laquelle elle dénonçait son exconjoint, Edens Kenold pour agression armée et menace.

Six jours plus tard, la mère de famille de 28 ans a été poignardée à mort dans son appartement de l'avenue L'Archevêque, à Montréal-Nord. Kenold a été accusé de meurtre.

Malgré une politique provinciale stricte en matière de violence conjugale, personne n'a contacté la victime, et personne ne s'est rendu rencontrer ou arrêter le suspect, pendant six jours.

Pourtant, les faits que Mme Dorval rapportait comportaient «un degré de violence élevé», au point où on a classé le dossier comme «urgent».

Six jours, c'est long

«Dans ce dossier-là, il fallait qu'il y ait des actions policières qui soient entreprises rapidement», martèle l'assistant-directeur Brouillette.

Dans la tourmente depuis le meurtre de Mme Dorval, dimanche, la direction de la police s'est réunie au sommet, mercredi soir, et a décidé de déclencher une enquête interne.

"Six jours sans qu'aucune activité policière ne soit faite, c'est vraiment trop long, a dit M. Brouillette. Est-ce qu'on aurait pu faire mieux dans ce dossier-là, la réponse est oui.

Enquêteurs et patrouilleurs

Si les allégations visaient particulièrement les enquêteurs jusqu'ici, on apprend que le travail des patrouilleurs sera aussi passé au crible:

«Plus on analyse le dossier, plus on se dit: Est-ce qu'ils ont tout fait?» , dit M. Brouillette.

Hier, aucun des policiers impliqués dans l'enquête ou la supervision de celle-ci n'a été visé pour une décision disciplinaire. Personne n'a été muté à d'autres tâches.

Par ailleurs, la direction de la police a dit ne pas faire de lien entre cette affaire et le manque d'effectifs policiers tant décrié par la Fraternité, depuis des mois.

D'ailleurs, la Fraternité a préféré ne pas commenter ce dossier.


* Le SPVM traite environ 10 000 dossiers de violence conjugale par année. Les trois quarts aboutissent devant le tribunal.


Le fil des événements

2 septembre 2010 : Marie Altagracia Dorval fait le 911 parce qu'un homme cogne à sa porte. Elle ne rapporte pas qu'il s'agit de son ex-conjoint.

16 septembre 2010 : Elle fait appel aux policiers pour une autre affaire relative à ses enfants. Elle ne parle pas de problèmes conjugaux.

11 octobre 2010 : Elle alerte le 911 et fait une déposition. Elle parle d'agression armée, de menaces et de harcèlement de son ex.

12 octobre 2010 : Le dossier est analysé au centre d'enquêtes est et classé «urgent».

13 octobre 2010 : Le dossier est remis à un ou des enquêteurs. La plaignante ne sera pas contactée, le suspect pas rencontré.

17 octobre 2010 : Mme Dorval est tuée et son ex-conjoint arrêté.

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