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Le crabe est de retour, Pat

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Ce n'est pas tellement étonnant. Ça devait arriver un jour ou l'autre. Elle était petite, la tumeur. «Tiny», avait dit le neurochirurgien. Mais elle était là. Pourtant, trimestre après trimestre, au rythme des images par résonance magnétique (IRM), ça allait de mieux en mieux. Je ne sais pas pourquoi je vous écris ça. Parce que ça occupe toute ma pensée en ce moment, j'imagine.

Mercredi dernier, accompagné de mon amoureuse, je suis allé voir, mon neurochirurgien à l'Institut neurologique de Montréal, le Dr Zeubin Irani (prononcez «Zoubine», ce sera réglé une fois pour toutes!). D'habitude, nous ressortions toujours de son bureau avec une joie non dissimulée.

Pas mercredi dernier. C'était plutôt la consternation. Le Dr Del Maestro prend le temps, en grand professionnel qu'il est, de nous expliquer les quatre choix qui s'offrent à nous. Je vous en fais grâce. Ce qu'il faut retenir, c'est que j'ai choisi de nouveau le parcours du combattant: radiothérapie, triple chimio, cortisone et tutti quanti. Tout ça dans l'espoir de prolonger potentiellement ma vie d'un an, peut-être plus si tout va bien, peut-être moins si ça va mal.

Laissez-moi vous dire que quatre ans dans la vie de ma fille Marion, qui avait neuf ans lors du diagnostic initial, c'est tout un bail.

LE PROGRÈS MÉDICAL

Je crois sincèrement que ce qui m'a permis de vivre ces trois précieuses années et demie est dû à la radiothérapie et au cocktail de chimio qu'on m'a administré d'abord au Massachusetts General Hospital de Boston et ensuite à l'Hôpital général juif de Montréal. Deux médicaments, le Temodal et l'Avastin, essentiellement. Dans le cas du Temodal, il n'existait pas de façon commerciale il y a 10 ans. Si j'étais né en 1954 plutôt qu'en 1961, j'aurais été mort en moins d'un an. Il faut dire que ma tumeur est inopérable. Ça ne laisse pas beaucoup d'options.

En ce qui concerne l'Avastin, quand j'ai commencé à en recevoir en juillet 2007, c'était indiqué à titre expérimental aux États-Unis pour les tumeurs cérébrales. Maintenant, c'est en passe de devenir le traitement standard (Temodal et Avastin) au Canada. Problème : le Québec est la seule province à ne pas rembourser le coût de ce traitement... Alors, à défaut d'avoir les moyens, vous mourez quelques années plus tôt que moi.

En tout cas, en ce qui me concerne, les grosses méchantes compagnies pharmaceutiques que doivent détester mes détracteurs habituels m'ont permis de passer d'innombrables moments heureux avec plusieurs de mes proches, en commençant par ma fille. Je leur dis merci!

Et de nouveaux traitements ne cessent d'apparaître. L'espoir est ténu, mais il est encore permis. À vous de jouer, Dr Yves Bolduc! Faites preuve d'audace, faites progresser la médecine plutôt que d'être à la traîne des autres provinces!

ANECDOTE

En octobre, Patrick Lagacé a publié un dossier sur le cancer dans La Presse. Il y a fait, entre autres, un profil sur moi. Il m'y décrivait comme un citoyen se situant à droite du centre. Je ne me réclame pas de cette étiquette moi-même, mais je ne m'en formalise pas non plus. Il m'a alors fait une révélation sur un prof d'économie très médiatisé aux allures folkloriques et mal léchées. Celui-ci s'est donné la peine de lui téléphoner non pas pour le féliciter pour son excellent dossier sur un sujet délicat et grave, non, mais pour le gronder sur la place qu'il m'attribuait sur l'échiquier politique! Selon lui, j'appartenais à l'extrême droite, etc. J'en ai été stupéfait.

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