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Opinion

Libre penseur I

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Parce qu'il y aura un «Libre penseur II» la semaine prochaine. Ce libre penseur n'est nul autre que votre humble serviteur. Qu'est-ce qui m'a amené à écrire cette série de deux ? Les réactions provoquées par la partie «Anecdote» qui concluait ma dernière chronique.

Premièrement, je veux saluer le déluge de messages d'encouragement de lecteurs, d'amis, d'amis Facebook, de collègues et même de critiques. Je vous remercie tous, c'est une source de réconfort considérable pour mes proches et moi.

Cela dit, mes commentaires sur le «prof d'économie aux allures folkloriques et mal léchées» que tout le monde a reconnu étaient erronés. Il est plutôt prof de comptabilité, pas d'économie. Tous ont retenu de son propos qu'il n'était pas très empathique, même devant la mort, envers un type de l'extrême droite comme moi... Une de ses admiratrices, qui avoue qu'il l'a fait «vibrer» - et qui est au demeurant charmante d'humanité -, me situait sur le spectre politique «très, très, très à droite, laissant l'extrême droite aux seuls KKK», selon ses propres mots.

Libertarien pragmatique de gauche

Je suis un pragmatique ennuyeux, au fond. Pourtant, la valeur qui me fait le plus vibrer, c'est la liberté.

L'égalité, je n'y crois pas. En revanche, je crois résolument en l'égalité des chances pour tous. Tout en sachant que cette égalité des chances ne sera jamais parfaite. Oui, je pense que, parfois, ça vaut la peine de prendre de l'argent dans les poches des contribuables pour payer des éducateurs professionnels qui seront plus à même de sortir des petits enfants de leur détresse intellectuelle et psychologique que ne le sont leurs parents illettrés et ignares. Par contre, je ne pense pas que le rôle de l'État soit de créer des programmes mur à mur dont, en dernière analyse, les membres des classes les mieux nanties s'arrachent les places!

Fraternité? Que l'on pourrait remplacer aujourd'hui par solidarité? Si elle était réelle, j'y croirais plus. Mais coupée en tranches corporatistes formelles, je n'y trouve rien de bien inspirant.

Que reste-t-il de mon côté libertarien pragmatique de gauche? Bien des choses.

La primauté des chartes

Je suis un chartiste. Les chartes des droits et libertés de la personne, surtout quand elles ne sont pas imposées par une autre puissance nationale que la vôtre -comme ce fut notre triste sort -, constituent le plus grand progrès social de l'histoire de l'Humanité. Nous les devons aux Lumières. C'est ce qui fait de nous le parangon moral de cette petite planète. La civilisation occidentale, prise dans son acception large, est moralement supérieure aux autres civilisations.

La règle de droit, la séparation des pouvoirs, la liberté d'expression, l'égalité entre tous face à la loi, ce n'est pas rien, mais c'est inégal selon les régions de l'Occident, les pays de tradition anglo-saxonne, parmi lesquels je serais tenté de nous inclure, ayant une longueur d'avance. Nul doute que c'est en Occident que l'on est le plus libre.

Et ça va continuer

Je suis pour la laïcité de l'État, pour l'IVG libre et gratuite, contre la peine capitale, contre les garderies et les écoles confessionnelles subventionnées, je me bats tous les jours pour la langue française, je suis pour les mariages et l'adoption par des conjoints de même sexe, contre les guerres pour le pétrole, pour la décriminalisation de la prostitution et des drogues, le hidjab ne me fait pas peur, je suis avec intérêt la cause sur la polygamie à la Cour suprême de Colombie-Britannique, je suis pour le droit à l'autodétermination des Premières nations, pour la souveraineté du Québec et la science est ma religion bien que je reste toujours sceptique ! Sont-ce là des valeurs très, très, très à droite ?

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