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Opinion

Le gros bon sens de Dave Chartrand

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C'est la deuxième fois que j'écris sur Dave Chartrand. Je ne le connais pas. Je suis peut-être naïf, mais il me donne l'impression d'être un battant, un militant pour les causes justes. Tout le contraire d'un faiseux. La première fois, c'était à l'occasion de l'obtention du gigantesque contrat de Bombardier à Mirabel, qu'il avait largement contribué à sauver. Maintenant, c'est Electrolux.

J'ai eu la même réaction que lui quand le ministre du Développement économique, Clément Gignac, a eu le réflexe primaire de redemander son cash! Contre la Chine ou le Honduras, on sait que le match est perdu d'avance. Mais contre les États-Unis d'Amérique, avec leurs travailleurs mal formés dans ces régions de l'Amérique profonde? On n'est quand même pas dans les clusters hyper performants de Palo Alto! M. Gignac n'est pas le président du Conseil du Trésor, il est le ministre du Développement économique. On peut faire preuve d'un peu plus de combativité, M. le ministre?

Une multinationale suédoise

Un petit mot sur les pays nordiques, en passant (scandinaves et finlandais). C'est lorsque j'étais en poste à Londres que j'ai appris à les connaître un peu mieux. En effet, depuis Londres, je rayonnais sur l'Irlande et les pays nordiques. Les Nordiques sont très jaloux de leur image progressiste en tout, qu'ils n'hésitent pas à projeter à la grandeur de la planète. En tout et pour tout, ils ne représentent que 25 millions de personnes, quand on force un peu. Ils ont accompli des choses extraordinaires, notamment sur le plan économique, surtout si l'on considère qu'ils ont été des crève-la-faim pendant une très grande partie de leur histoire plus ou moins commune. Mais la réalité est moins angélique, si on gratte un peu le vernis...

Les Nordiques sont très bons chez eux. Ils ne sont pas mieux que les autres ailleurs. Parfois, ils peuvent même être intolérants envers les minorités visibles. S'ils n'avaient pas ratifié certaines conventions internationales contraignantes, celles relatives aux réfugiés, par exemple, la diversité culturelle des faubourgs de Copenhague serait un peu, disons, monotone.

Même chose en ce qui a trait à leurs grandes entreprises -et Dieu sait qu'ils en ont ! -, de Maersk à Statoil, en passant par Ikea, Electrolux, AstraZeneca, Saab et une flopée d'autres. Ne vous montrez pas si critique, la prochaine fois que vous lirez le rapport de responsabilité sociale de Bombardier. Les sociétés nordiques ne sont ni meilleures ni pires que leurs vis-à-vis, mais on a tendance à croire que les Nordiques sont toujours plus vertueux que nous. C'est largement du marketing politique.

Revenons à Electrolux et Dave Chartrand

Il n'est pas trop tard, en effet. Comme il n'était pas trop tard dans le cas de Bombardier. Comme il n'était pas trop tard dans ce qui est devenu une success-story avec Paccar à Boisbriand, grâce à l'acharnement d'un Bernard Landry et de quelques complices de la trempe de Dave Chartrand.

Peut-être le ministre devrait-il refaire ses devoirs et imaginer un plan de relance viable, plutôt que s'empresser de réclamer la subvention que le gouvernement avait octroyée à Electrolux. Il reste du temps. Un plan crédible avec tous les partenaires autour de la table, ça peut marcher.

Nul doute qu'Electrolux a manqué de classe dans la façon cavalière avec laquelle elle a fait son annonce de fermeture (notamment, en 2011, le fait français n'a pas encore été remarqué par certains investisseurs étrangers...), mais tout ça ne constitue pas une raison pour ne pas se remettre à travailler ensemble... au plus vite!

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