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Opinion

Que fait Lawrence Cannon de ses journées?

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Avant l'arrivée des conservateurs au pouvoir, à Ottawa, le Canada jouissait d'un prestige sur la scène internationale et d'une certaine influence. Il n'était pas rare de voir le Canada prendre position en faveur des droits et libertés et de supporter le droit humanitaire à l'encontre de l'abus que perpétraient certains pays reconnus pour leurs exactions. Avec Stephen Harper, nous sommes devenus l'ombre des Américains sous le régime de Bush, puis, depuis Obama, l'ombre de nous-mêmes. Devenus sans quelconque crédibilité, nous avons encaissé les pertes humiliantes, dont un siège au Conseil de sécurité des Nations unies, l'ultime gifle de l'innocence des conservateurs. Les événements des derniers jours, en Tunisie et en Haïti, sont, encore une fois, le reflet du je-m'en-foutisme des conservateurs qui brillent par leur méconnaissance des enjeux sur la scène internationale.

Depuis le début de la révolution du Jasmin, en décembre dernier, en Tunisie, pas un traître mot de Lawrence Cannon, si ce n'est un piètre communiqué de presse, publié, en catastrophe le 15 janvier dernier. Dans un mauvais français et dans une syntaxe à peine compréhensible, le ministre met en garde les ressortissants canadiens qui pourraient se trouver en sol tunisien. Aucune mention à l'honneur de ce peuple qui prend sa destinée en main et manifeste sa soif de liberté et de valeurs démocratiques. Ensuite, on apprend dans les médias que la famille du dictateur déchu a des intérêts immobiliers et peut être même financiers au Canada, plus particulièrement à Montréal, et le ministre demeure pantois et refuse d'imiter les pays européens qui ont gelé les actifs de l'entourage de Ben Ali. Évidemment, Cannon ne veut pas faire de vague, lui qui se trouvait en mission commerciale en Algérie, ce mois-ci, afin de plaire à un autre régime qui bafoue régulièrement les droits de l'homme. L'économie passe avant le reste.

Quant à la pauvre Haïti, ravagée par tant de malheurs, le Canada des conservateurs brille encore par son insouciance. Après avoir refusé une exception, dans le cadre de l'adoption internationale et de la réunification des familles éprouvées par le terrible tremblement de terre de janvier 2010, voilà que le bon ministre Cannon fait preuve de proactivité en demeurant muet devant le retour de Jean-Claude «Bébé Doc» Duvalier, après 25 ans d'exil en Côte d'Azur, dans une villa de luxe et d'abondance, sous l'égide de la France. Pourtant, ce silence étonne-t-il, considérant les intérêts canadiens dans la participation à la reconstruction de la société civile d'Haïti. Rien, pas un traître mot pour dénoncer ce retour, qui a de quoi vous lever le coeur.

Bordels à ciel ouvert

Enfin, il y a cette affaire sordide, rendue publique dans les médias, concernant nos bons Québécois qui vont s'amuser dans les bordels à ciel ouvert de la République dominicaine. Pas un mot du gouvernement, conservateur devant une telle dégueulasserie, un parti pourtant partisan de la moralité publique et de l'ordre. Il aurait été souhaitable que le ministre des Affaires étrangères profite de l'occasion pour signifier aux agresseurs sexuels québécois qu'un crime commis à l'étranger est aussi un crime commis en sol canadien et que la GRC - déjà installée en République dominicaine - veillerait à procéder aux arrestations nécessaires. Mais non, j'oubliais: il ne faut pas heurter l'industrie touristique et l'appétit vorace de nos «mononcles» québécois en manque de chair fraîche. Désolé.

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